Une femme poignardée et gravement blessée dans le nord ; son mari a été arrêté
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Une femme poignardée et gravement blessée dans le nord ; son mari a été arrêté

La victime est stable et va subir une intervention chirurgicale ; une députée, un groupe de défense des droits des femmes, reprochent au gouvernement son inaction

Photo d'illustration -- La police israélienne dans la ville druze d' Abu Snan, en Israël, le 15 novembre 2014 (Crédit :Flash90)
Photo d'illustration -- La police israélienne dans la ville druze d' Abu Snan, en Israël, le 15 novembre 2014 (Crédit :Flash90)

Une femme de 46 ans du nord d’Israël a été poignardée et gravement blessée dimanche dans un cas de violence domestique présumé. L’époux de la victime, âgé de 54 ans, a été arrêté quelques heures plus tard.

L’attaque s’est produite quelques jours après que deux meurtres soupçonnés d’être des cas de violence domestique a ramené la question sous le feu des projecteurs, ce qui a donné un coup de fouet à l’action gouvernementale contre ce phénomène, qui a fait au moins 19 victimes jusqu’à présent cette année.

La femme, originaire de la ville arabe d’Abu Snan en Galilée occidentale, a été emmenée au centre médical de Galilée à Nahariya, souffrant de multiples coups de couteau dans le haut du corps, sous sédatif et sous respirateur.

Un responsable de l’hôpital a déclaré au site d’information Ynet que son état était stable et qu’elle allait subir une opération puis être envoyée en soins intensifs.

La police a rapporté que des agents avaient été envoyés sur les lieux de l’agression pour enquêter. Après des recherches approfondies, le mari a été localisé et arrêté pour être interrogé.

Il y a eu 19 cas connus cette année de femmes assassinées dans des affaires de violence domestique, selon les chiffres du site d’information Ynet. Treize femmes israéliennes ont trouvé la mort en 2019 dans de tels incidents. En 2018, 25 femmes ont été assassinées par une personne qu’elles connaissaient, le nombre le plus élevé depuis des années.

Beaucoup de ces femmes avaient porté plainte auprès de la police avant leur mort, craignant pour leur sécurité.

La police et les organisations de services sociaux ont signalé une augmentation importante des plaintes pour violence domestique depuis le début de la crise du coronavirus.

Des activistes manifestent contre de récents cas de violences faites aux femmes aux abords de la Knesset de Jérusalem, le 21 octobre 2020 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les protestations à ce sujet ont repris la semaine dernière, les manifestants soulignant le fait qu’un plan national de lutte contre la violence domestique a été approuvé en 2017 par la Knesset et a depuis été abandonné, en attente de financement. Les militants affirment que la plupart des 250 millions de shekels  approuvés n’ont pas encore été transférés aux autorités compétentes.

La députée de la Liste arabe unie Sundus Saleh a condamné la tentative de meurtre présumée dimanche et l’a imputée au gouvernement.

« Nous entendons parler d’un autre homme qui a attaqué et tenté d’assassiner une femme, qui se bat pour sa vie », a-t-elle déclaré dans un communiqué. « J’espère qu’elle survivra et qu’elle ne rejoindra pas celles qui ont été assassinées. La responsabilité de la négligence de sa sécurité personnelle et de sa vie incombe au gouvernement, qui néglige régulièrement la vie des femmes ici ».

La présidente du groupe Na’amat pour les droits des femmes, Hagit Pe’er, a fait écho à ce sentiment.

« Le Premier ministre [Benjamin Netanyahu] et le Premier ministre d’alternance [Benny Gantz] se concurrencent pour condamner le terrorisme anti-femmes en termes plus forts – avec une action zéro », a-t-elle dénoncé. « Les fonds pour la lutte contre la violence domestique, que le gouvernement lui-même a approuvés, restent gelés ».

Faisant référence à une réunion ministérielle qui se tiendra dimanche après-midi, Mme Pe’er a ajouté : « Le cabinet chargé du coronavirus se réunira aujourd’hui et ne discutera probablement même pas de la question, sans parler de débloquer les fonds nécessaires. Ce sont des femmes transparentes pour le gouvernement ».

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