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Une influente publication haredi remet en cause la sagesse de la réforme judiciaire

Un éditorial de « Yated Neeman », proche de Yahadout HaTorah, estime que les inconvénients de la réforme – dont la haine envers les ultra-orthodoxes – l'emportent sur les avantages

Yitzchak Goldknopf, leader du parti YaHadout HaTorah, lors d'une conférence à Tel Aviv, le 7 décembre 2022. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Yitzchak Goldknopf, leader du parti YaHadout HaTorah, lors d'une conférence à Tel Aviv, le 7 décembre 2022. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Un influent journal proche du parti Yahadout HaTorah a publié jeudi un éditorial appelant au compromis sur certains points du projet de réforme judiciaire, dont le bien-fondé est remis en question.

L’éditorial de Yated Ne’eman est aligné – de façon plutôt pragmatique – aux idées du parti au sujet le projet de réforme, qu’il soutient en sa qualité de principal allié de la coalition de Benjamin Netanyahu, sans toutefois mésestimer les clivages qu’il provoque et qui pourraient porter préjudice à ses intérêts.

L’éditorial portait sur le « projet de loi sur le caractère raisonnable », supposé être adopté la semaine prochaine. Ces dispositions auraient pour effet de limiter le recours des juges à la notion de « caractère raisonnable » dans l’examen des décisions du pouvoir exécutif.

« Au vu des changements annoncés en matière de clause du caractère raisonnable, il nous faut remettre les choses en perspective et nous demander : quel va être le prix d’une telle décision ? », interroge l’éditorial. « Dans le fond, c’est une question qui ne nous concerne absolument pas. Est-ce normal que nous payions les pots cassés de cette guerre ? »

L’éditorial enfonce le clou en rappelant que, même après la réforme, les tribunaux resteront laïcs, donc sans légitimité pour les Juifs ultra-orthodoxes.

Depuis plusieurs mois, les journaux haredi et les médias de droite font état d’une résurgence de l’hostilité envers les juifs religieux, dans le sillage des manifestations de grande ampleur contre le gouvernement, alliance entre le Likud de Netanyahu et quatre partis orthodoxes. Récemment, des manifestations organisées par des réservistes de Tsahal ont défilé dans la ville haredi de Bnei Brak, pour souligner ce qu’ils estiment être une répartition inéquitable du poids de la défense du pays.

Un conseiller parlementaire crie pour se faire entendre du président de la commission de la Constitution, du droit et de la justice de la Knesset, le député Simcha Rothman, lors d’une audience pour approuver le projet de loi destiné à limiter l’emploi par les tribunaux de la notion de caractère raisonnable, le 19 juillet 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les auteurs de l’éditorial de Yated Neeman ont tenu à préciser qu’ils soutenaient néanmoins toujours le principe de la révision, destinée à réformer un système judiciaire que beaucoup, au sein de la communauté haredi, estiment biaisé et hostile, et notamment le projet de loi dit dérogatoire, qui permettrait à la Knesset de passer outre des lois invalidées par la cour.

« Certes, la clause dérogatoire est nécessaire pour asseoir le statut des étudiants de yeshiva et se prémunir d’attaques sur des questions sacrées », peut-on lire dans l’éditorial, qui fait ici allusion à une décision de la Cour suprême de 2017 contre l’exemption du service militaire accordée aux étudiants de yeshiva. « Il s’agit d’une protection indispensable, que l’accord de coalition s’est engagé à garantir. »

Mais, poursuit l’éditorial, « n’y a-t-il pas d’autres moyens d’y parvenir ? Est-ce une bonne chose que le cœur pur des étudiants de yeshiva soit la cible des piques pleines de venin qui s’échangent en ce moment ? »

Des manifestants défilent avec des drapeaux israéliens lors d’une « Journée de résistance » contre le projet de réforme judiciaire, non loin de la Cour Suprême à Jérusalem, le 18 juillet 2023. (Crédit : Ronaldo Schemidt/AFP)

Dans une interview au Wall Street Journal le mois dernier, Netanyahu a dit « rejeter » la clause dérogatoire. Pour autant, le ministre du Logement, Yitzhak Goldknopf, membre de Yahadout HaTorah, a déclaré à la radio que Netanyahu l’avait assuré, suite à cette interview au Wall Street Journal que le gouvernement restait déterminé à faire adopter ce projet de loi, sous une forme ou une autre.

En mars de cette année déjà, Yahadout HaTorah avait fait savoir par voie de communiqué qu’il était favorable à la réforme mais qu’il ne s’opposerait pas à ce que Netanyahu « négocie un accord de consensus, de manière à apaiser les tensions et faire cesser les divisions au sein du pays ».

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