Une Israélienne dénonce la présence d’une terroriste lors de la grève des femmes
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Une Israélienne dénonce la présence d’une terroriste lors de la grève des femmes

La nièce d'un habitant de Jérusalem qui avait été tué en 1969 dans un attentat à la bombe commis dans un supermarché par Rasmea Odeh dit que rien ne vient justifier la présence de cette dernière, ex-membre du FPLP, lors de la Journée internationale de grève des femmes

Les partisans du Conseil National des Femmes Juives et d'autres organisations juives rassemblées sur le National Mall pour la marche des femmes à Washington, le 21 janvier 2017 (Crédit : Ron Sachs via JTA)
Les partisans du Conseil National des Femmes Juives et d'autres organisations juives rassemblées sur le National Mall pour la marche des femmes à Washington, le 21 janvier 2017 (Crédit : Ron Sachs via JTA)

La nièce d’un Israélien assassiné dans un attentat terroriste il y a presque 50 ans a critiqué la grève internationale des femmes qui a été programmée en raison de la présence, parmi les responsables, de l’une des terroristes qui avait été condamnée dans ce dossier.

Dans une lettre ouverte publiée la semaine dernière sur le site du Huffington Post, Terry Joffe Benaryeh a expliqué soutenir les objectifs poursuivis par la grève et son appel en faveur de l’égalité. Cette grève est prévue le 8 mars, une date qui est officiellement la Journée internationale des droits des femmes.

“Mais comment expliquer que ma famille va devoir concilier la réalité de cette femme qui a ôté la vie à mon oncle et qui est considérée dorénavant comme une héroïne aux yeux d’un grand nombre de mes compatriotes américains ? Quelle justification avancer pour expliquer que Rasmea Odeh, une femme qui a tué deux personnes (avec l’intention d’en tuer davantage !) mène un combat pacifique en faveur des droits de l’Homme ? », a écrit Benaryeh.

Eddie Joffe et Leon Kanner avaient été tués au supermarché Supersol de Jérusalem le 21 février, lorsqu’une bombe fabriquée par Odeh et un complice avait explosé dans le magasin bondé. Neuf personnes avaient été blessées lors de l’attaque.

Odeh avait été arrêtée en mars 1969. Elle avait été reconnue coupable et condamnée par un tribunal militaire israélien en 1970 à une peine de prison à vie pour deux attentats à la bombe commis au nom du Front populaire pour la libération de la Palestine. Elle a passé 10 ans dans une prison israélienne avant d’être relâchée à l’occasion d’un échaange de prisonniers avec le FPLP en 1980.

Odeh avait reconnu avoir placé la bombe même si elle a, ces dernières années, prétendu que cet aveu avait été arraché sous la torture, ce que contestent les responsables israéliens.

“Expliquez-moi comment Odeh, qui était membre du Front populaire pour la Libération de la Palestine (FPLP), groupe terroriste créé aux Etats Unis, a été choisie pour incarner ces féministes américaines qui cherchent à lutter pacifiquement pour les droits des femmes ? », a écrit Benaryeh.

« La grève internationale des femmes établit comme principe numéro un que ‘la non-violence est l’arme des gens courageux. C’est une force positive qui affronte les forces de l’injustice et utilise l’indignation vertueuse, les capacités spirituelles, émotionnelles et intellectuelles comme une énergie vitale de changement et de réconciliation’. Rasmea Odeh a apposé son nom à ce mouvement. Et elle l’a fait avec du sang sur les mains ».

Odeh, dorénavant vice-directrice du Réseau d’action arabo-américain, a été reconnue coupable en 2014 d’avoir menti lors de sa candidature à la citoyenneté américaine en omettant de mentionner sa condamnation et sa période de détention pour les attentats terroristes lorsqu’elle était arrivée aux Etats Unis en 1995. Elle avait réclamé la citoyenneté en 2004.

En décembre 2016, un juge fédéral a ordonné la tenue d’un nouveau procès, au cours duquel Odeh serait autorisée, selon des informations, à démontrer qu’elle souffrait de stress post-traumatique lors de l’entretien qu’elle avait passé dans le cadre du processus de citoyenneté, un élément qu’elle n’avait pas présenté dans son premier procès.

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