Une militante bédouine qui serait pro-polygamie rejoint le parti Telem de Yaalon
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Une militante bédouine qui serait pro-polygamie rejoint le parti Telem de Yaalon

L'ancien ministre a nié qu'Amal Abo Alqom soutenait la polygamie après la diffusion d'une vidéo dans laquelle elle dit ne pas s'opposer à ce que son mari prenne une seconde épouse

Amal Abo Alqom, habitante du village bédouin de  Segev Shalom et fondatrice de l'ONG "les Femmes pour elles-mêmes". (Crédit : Shmuel Bar-Am)
Amal Abo Alqom, habitante du village bédouin de Segev Shalom et fondatrice de l'ONG "les Femmes pour elles-mêmes". (Crédit : Shmuel Bar-Am)

L’ancien ministre de la Défense Moshe Yaalon a annoncé jeudi que son parti Telem comptait désormais parmi ses membres une femme bédouine qui s’est prononcée en faveur de la polygamie.

Yaalon a salué l’arrivée d’Amal Abo Alqom, qu’il a décrit comme « une militante sociale pionnière dans le domaine des droits des femmes au sein de la société bédouine ». Abo Alqom, originaire du village de Segev Shalom, dans le Néguev, a fondé une organisation à but non lucratif pour l’émancipation des jeunes filles bédouines.

« Les valeurs portées par Amal expriment les valeurs dans lesquelles croient le parti Telem et elle prendra une part significative dans la création d’une société plus unie et égalitaire », a écrit Yaalon sur Twitter.

Peu après cette annonce, une vidéo d’une interview de 2014, dans laquelle Abo Alqom affirme qu’elle ne s’opposerait pas à ce que son mari prenne une deuxième épouse, a refait surface.

« D’autres femmes et filles, et moi-même, quand nous disons que nous sommes favorables à l’idée d’une seconde épouse, c’est à la condition que l’homme soit juste et respecte la première et la deuxième épouse », dit-elle dans l’interview.

Elle a également déclaré que les mariages polygames devraient être enregistrés conformément à la Charia et pas seulement verbalement.

En 2017, durant un entretien avec le Times of Israël, Abo Alqom avait déclaré qu’elle n’était « ni pour ni contre » la polygamie. Elle a défendu cette pratique parce qu’elle est mentionnée dans le Coran.

« C’est une loi qui nous a été donnée par Dieu dans le Coran », a-t-elle dit.

« Aucune loi ne peut m’empêcher de faire quelque chose que Dieu m’a ordonnée », a-t-elle ajouté.

Pourtant, outre sa prétendue origine divine, elle a fait valoir que la polygamie était un moyen de protéger les femmes.

« La polygamie garantit que les femmes bénéficient de droits dans un cadre légal », a-t-elle dit, plutôt que des « petites-amies en série » qui n’héritent pas des droits divins. Elle a admis que la plupart des filles souhaitent naturellement être la seule conjointe de leur mari.

Elle a raconté avoir grandi dans une maison polygame, où tout le monde s’entendait, et a assuré que le phénomène était répandu.

Ci-dessus : Abo Alqom dans une interview accordée au Times of Israël en 2017.

Après la diffusion de l’interview de 2014 jeudi, le parti Telem a nié que la militante soutenait ou encourageait la polygamie.

« Nous rejetons tous les efforts visant à la ternir ou à ternir son travail », a déclaré le parti dans un communiqué.

Cette annonce fait suite à la désignation par Yaalon de l’avocat Ayman Abu Raiya comme l’un des candidats de Telem aux élections générales du 23 mars, avant qu’il ne revienne sur cette nomination quelques heures plus tard, lorsqu’il est apparu qu’Abu Raiya faisait l’objet d’une enquête pour corruption présumée.

Parmi les autres personnalités qui ont rejoint le parti jusqu’à présent, figurent l’ancien ministre de Kakhol lavan Izhar Shay, l’épidémiologiste et ex-chef du syndicat des médecins Hagai Levine et Gonen Ben Yitzhak, leader du mouvement anti-Netanyahu.

Moshe Yaalon, membre du parti Kakhol lavan, lors d’une visite au point d’observation de Vered Yeriho, dans le désert de Judée, le 21 janvier 2020. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Au début du mois, Yaalon a mis fin à son alliance avec le parti Yesh Atid du chef de l’opposition Yair Lapid. Telem ne devrait pas intégrer la Knesset s’il se présente seul, mais la Treizième chaîne a rapporté mardi qu’il était en « négociations avancées » avec le maire de Tel Aviv, Ron Huldai, pour une course commune.

Yaalon, ancien chef d’état-major de l’armée israélienne, est entré à la Knesset avec le Likud en 2009. Il a quitté le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu en 2016 lorsque Avigdor Liberman s’est vu offrir le poste de ministre de la Défense – alors occupé par Yaalon – dans le cadre d’un accord de coalition. En 2019 et 2020, son parti Telem s’est présenté comme membre de l’alliance centriste Kakhol lavan, mais Lapid et lui se sont séparés du ministre de la Défense Benny Gantz suite à sa décision de rejoindre un gouvernement dirigé par Netanyahu.

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