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Interview

Une nouvelle comète pourrait représenter une menace extraterrestre, avertit Avi Loeb

L'astronome de Harvard né en Israël a demandé à Kim Kardashian, qui a obtenu des réponses au sujet de 3I/ATLAS auprès de la NASA, de rejoindre son équipe de recherche

Le Pr. Avi Loeb dans l'émission « The Joe Rogan Experience », le 28 octobre 2025. (Crédit : Capture d'écran/YouTube)
Le Pr. Avi Loeb dans l'émission « The Joe Rogan Experience », le 28 octobre 2025. (Crédit : Capture d'écran/YouTube)

L’astronome de Harvard né en Israël, Avi Loeb, qui n’est pas étranger à la controverse, a attiré une fois de plus l’attention – et suscité des critiques – en avançant l’hypothèse qu’un objet interstellaire pouvait bien être un élément de technologie extraterrestre.

Cette fois-ci, il s’agit d’un objet appelé 3I/ATLAS, le troisième visiteur interstellaire connu de notre système solaire, qui devrait passer à environ 269 millions de kilomètres de la Terre au mois de décembre prochain.

Loeb a émis l’hypothèse que cette comète, dont la largeur est estimée à un ou deux pâtés de maisons, pourrait constituer une menace pour l’humanité. La NASA a rejeté d’emblée ses affirmations.

Alors qu’il cherche à expliquer pourquoi le monde universitaire ne devrait pas se montrer aussi sceptique, l’astronome se réfère à l’histoire récente.

« Le 7 octobre [2023], les données recueillies par les agences de renseignement israéliennes indiquaient clairement ce que le [groupe terroriste palestinien du] Hamas s’apprêtait à faire », dit Loeb au Times of Israel lors d’un entretien téléphonique.

« Ils n’en ont pas tenu compte. Ils estimaient qu’il était très improbable que le Hamas commette une telle action. Ils ont ignoré les anomalies dans les données. »

Une image capturée par Hubble de la comète interstellaire 3I/ATLAS, alors que la comète se trouvait à environ 446 millions de kilomètres de la Terre, le 21 juillet 2025. (Crédit : NASA/Agence spatiale européenne via AP)

Loeb a récemment souligné ce qu’il considère comme de multiples anomalies liées à 3I/ATLAS.

Il s’est déjà trouvé dans cette situation : il y a huit ans, en 2017, il avait également rendu publiques des anomalies concernant le tout premier objet interstellaire connu de l’humanité, « Oumuamua » (qui signifie « éclaireur » en hawaïen).

« Avec 3I/ATLAS, les anomalies sont très différentes » de celles d’Oumuamua, déclare Loeb.

Il explique qu’il avait été intrigué par la forme d’Oumuamua, qu’il avait décrite comme ressemblant à une crêpe plutôt qu’à une comète. En ce qui concerne 3I/ATLAS, plusieurs facteurs le laissent perplexe.

« Sa trajectoire dans le plan écliptique, c’est-à-dire le plan dans lequel les planètes tournent autour du Soleil, est [alignée] à cinq degrés », explique Loeb.

« La probabilité que [cela se produise] par hasard est d’une sur 500. Sa taille est très anormale… 1 million de fois plus massive que celle d’Oumuamua. »

« Sa composition contient du nickel et très peu de fer, comme on en trouve dans les alliages riches utilisés dans l’industrie aérospatiale. »

Et, ajoute-t-il, sa trajectoire « ne s’éloigne pas du Soleil comme celle des comètes… En juillet et août, la lueur s’étendait de l’objet vers le Soleil, et non dans la direction opposée ».

Fin novembre, Loeb a invité Kim Kardashian à rejoindre son équipe de recherche après que la star de téléréalité a tweeté pour demander des informations sur 3I/ATLAS — et qu’elle a reçu une réponse de Sean Duffy, administrateur par intérim de la NASA.

Cette réponse a provoqué de vives critiques de la part de Loeb et d’autres détracteurs, qui ont déploré que Duffy réponde à Kardashian tout en ignorant une demande officielle de la députée Anna Paulina Luna.

Le 28 octobre, Loeb est apparu dans le podcast de Joe Rogan et il a suscité la surprise en comparant 3I/ATLAS à une balle de tennis qu’un voisin aurait lancée dans notre jardin.

Une analogie qui a visé à critiquer gentiment ce qu’il considère comme la priorité absolue de la science : la recherche de signes chimiques de vie (oxygène, eau, méthane, dioxyde de carbone) dans l’atmosphère d’exoplanètes situées à une distance similaire de leur étoile que celle qui sépare la Terre du Soleil. Il compare par ailleurs ces exoplanètes à des maisons dans une rue et il se demande pourquoi aller plus loin dans la rue pour explorer d’autres maisons, alors que des objets mystérieux se trouvaient dans son propre jardin.

Le Pr. Avi Loeb à l’Observatoire de Harvard, le 1ᵉʳ mars 2022. (Crédit : Leslie Kean)

« Un habitant de la rue peut lancer une balle de tennis que nous trouvons dans notre jardin, envoyer un colis dans notre boîte aux lettres ou venir frapper à notre porte », explique Loeb.

« Supposons qu’il s’agisse d’une visite de technologie extraterrestre dans le système solaire », poursuit-il.

« C’est quelque chose que nous devrions tous savoir. Cela changerait tout… Même si la probabilité est faible, nous devons envisager des scénarios tels que celui où 3I/ATLAS constituerait une menace, un peu comme un cheval de Troie [qui semble] tout à fait innocent de l’extérieur, et qui changerait l’histoire à jamais. »

Loeb de l’impact considérable que ses articles et ses apparitions dans les médias ont eu sur les jeunes, même s’ils n’ont pas toujours eu l’effet escompté sur ses pairs. Il a rassemblé quelques preuves qualitatives : un pilote de NASCAR a ainsi affiché l’image de Loeb et 3I/ATLAS sur sa voiture de course.

La fille d’un pilote de l’armée de l’air américaine souhaite désormais devenir scientifique après avoir entendu parler de lui. Cela lui a valu d’être mentionnée dans le podcast de Rogan et d’être félicitée par le directeur de son école.

De même, un journaliste du Times of London qui l’a interviewé pour un article en a parlé à ses enfants, qui souhaitent désormais eux aussi se lancer dans les sciences.

« Il y a un engouement pour les questions fondamentales qui auront une incidence sur notre avenir et auxquelles nous pouvons répondre avec curiosité scientifique. Cela plaît aux enfants comme au grand public. »

Loeb souligne que sa carrière dans le domaine de la physique s’étend sur 50 ans, soit la moitié de l’histoire de la physique moderne. Il a eu cette réflexion alors qu’il assistait à une conférence à l’Institut Niels Bohr de Copenhague.

Le Pr. Avi Loeb (au centre) souriant alors que lui et ses collègues scientifiques travaillent au large des côtes de Papouasie-Nouvelle-Guinée en juin 2023 pour identifier les fragments d’une météorite interstellaire qui se serait écrasée en 2014. (Crédit : Avi Loeb)

C’est dans cet auditorium même que des scientifiques de renom, tels que Wolfgang Pauli, ont jeté les bases de la mécanique quantique. Loeb s’est assis sur un banc en bois autrefois occupé par Pauli. Bien que cela ait été physiquement inconfortable, l’expérience a été mentalement stimulante. Il aurait aimé être là il y a 95 ans, à une époque, dit-il, plus réceptive à la pensée novatrice qu’aujourd’hui.

Il a expliqué au Times of Israel qu’il avait écrit dans la dernière phrase de son article universitaire sur 3I/ATLAS que l’objet pourrait viser notre système solaire lorsqu’il l’avait soumis. Un éditeur a accepté l’article, à condition toutefois que Loeb supprime cette dernière phrase.

« C’est un exemple moderne de ce que le Vatican a fait subir à Galilée », estime Loeb.

« Les gens ont leurs propres préjugés. Cela ne me pose aucun problème. »

« L’idée même de la science est de conserver un point de vue agnostique, d’être curieux, de s’interroger sur les possibilités », explique-t-il.

« C’est ce qui rend la science passionnante. »

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