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Une nouvelle frappe samedi soir au Yémen

Le bruit d'un missile suivi d'une explosion puissante, puis un autre bruit d'explosion lointaine ont été entendus dans la ville de Hodeida

Illustration : Un missile Tomahawk tiré par un destroyer américain. (Crédit : Wikimedia Commons)
Illustration : Un missile Tomahawk tiré par un destroyer américain. (Crédit : Wikimedia Commons)

En début de soirée samedi 13 janvier, une source militaire alliée aux terroristes houthis du Yémen et une source policière ont annoncé qu’une nouvelle frappe avait touché la ville de Hodeida (ouest), en réponse à un tir de roquette effectué par les Houthis depuis cette cité portuaire. Cette frappe n’a pas été revendiquée dans l’immédiat. Une correspondante de l’AFP à Hodeida a entendu le bruit d’un missile suivi d’une explosion puissante, et une heure et demie plus tard, un autre bruit d’explosion lointaine.

L’armée américaine avait mené tôt samedi matin une autre frappe contre des sites des Houthis après que ces derniers ont renchéri dans leurs menaces contre le trafic maritime international en mer Rouge.

Tôt samedi, la chaîne des Houthis, al-Masirah, avait fait état de frappes sur au moins un site de la capitale Sanaa, sous contrôle des rebelles. « L’ennemi américano-britannique cible (…) Sanaa, avec un (certain) nombre de raids », a déclaré le média sur son compte X.

Le Commandement militaire central des Etats-Unis (Centcom) a ensuite confirmé une frappe américaine vers 3h45 (0h45 GMT) « contre un site radar au Yémen ».

La tension est montée en mer Rouge depuis le 19 novembre avec des attaques à répétition des Houthis visant le trafic maritime en solidarité avec les Palestiniens.

Le président américain, Joe Biden, dont le pays est allié à Israël, avait menacé les rebelles de frapper leurs positions si ces derniers ne mettaient pas un terme à leurs attaques.

Des manifestants yéménites participant à une marche de solidarité avec le peuple palestinien à Sanaa, capitale du Yemen contrôlée par les Houthis, le 11 janvier 2024. (Crédit : Mohammed Huwaïs/AFP)

Les attaques des Houthis, qui contrôlent de vastes régions du Yémen, sont menées avec des missiles et des drones. Elles ont poussé de nombreux armateurs à délaisser le couloir de la mer Rouge entre Europe et Asie, au prix d’une hausse des coûts et du temps de transport.

En réaction, Washington a mis en place en décembre une coalition multinationale afin de protéger le trafic maritime dans cette zone par où transite 12 % du commerce mondial.

Or les Houthis ont poursuivi leurs opérations et lancé mardi dix-huit drones et trois missiles en mer Rouge, qui ont été abattus par trois destroyers américains, un navire britannique et des avions de combat. Le gouvernement britannique avait parlé de la « plus importante attaque » des rebelles yéménites à ce jour.

En début de semaine, le Conseil de sécurité de l’ONU avait exigé l’arrêt « immédiat » de leurs attaques et Washington avait averti de représailles en cas de nouvelles attaques en mer Rouge. Mais jeudi, les Houthis ont tiré un autre missile antinavire.

Tôt vendredi, des frappes américaines et britanniques ont alors visé des sites militaires tenus par les rebelles à Sanaa et dans les gouvernorats de Hodeida, Taëz (sud), Hajjah (nord-ouest) et Saada (nord), avait indiqué le porte-parole militaire des Houthis, tandis que l’armée américaine avait évoqué trente positions militaires ciblées sur un total de plus de 150 frappes.

Après ces frappes, les Houthis ont tiré « au moins un missile » qui n’a cependant touché aucun navire, a indiqué l’armée américaine avant la frappe de samedi matin menée par le destroyer USS Carney utilisant des missiles Tomahawk.

Le destroyer lance-missiles Arleigh Burke USS Laboon s’approchant du pétrolier USNS Kanawha, à l’arrière-plan, pour une opération de ravitaillement en mer en mer Rouge, le 25 décembre 2023. (Crédit : Elexia Morelos/Département de la Défense des États-Unis/AFP)

Reprochant aux Houthis d’avoir ignoré « les avertissements répétés de la communauté internationale », le Premier ministre britannique, Rishi Sunak, avait qualifié les frappes de mesures « nécessaires (…) en état de légitime défense ».

À l’ONU, le secrétaire général, Antonio Guterres, a appelé « toutes les parties concernées à éviter une escalade (…) dans l’intérêt de la paix et de la stabilité en mer Rouge et dans l’ensemble de la région », selon son porte-parole Stéphane Dujarric.

L’envoyé spécial des Nations unies pour le Yémen, Hans Grundberg, a de son côté fait part samedi de sa « vive inquiétude » et a appelé à « privilégier les voies diplomatiques », d’après un communiqué.

Dans une déclaration commune, Washington, Londres et huit de leurs alliés, parmi lesquels l’Australie, le Canada et Bahreïn ont souligné que leur objectif était la « désescalade » en mer Rouge.

Mais à Moscou, le Kremlin a condamné des frappes occidentales « illégitimes du point de vue du droit international », tout comme le président turc, Recep Tayyip Erdogan, parlant d’une réponse « disproportionnée ».

Le mouvement des Houthis fait partie de « l’axe de la résistance » établi par l’Iran, qui réunit dans la région des groupes hostiles à Israël, notamment le Hezbollah libanais et des groupes armés en Irak et en Syrie.

L’Iran, soutien clé des rebelles au Yémen et ennemi numéro un d’Israël, a condamné une « violation flagrante de la souveraineté » du Yémen.

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