Une pétition négationniste contre un projet de mémorial de la Shoah à Genève
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Une pétition négationniste contre un projet de mémorial de la Shoah à Genève

La pétition, adressée au Conseil d’État, a étrangement été signée par le négationniste français Robert Faurisson, mort en 2018

La place des Nations, à Genève, en Suisse. (Crédit : Capture d’écran Google Maps)
La place des Nations, à Genève, en Suisse. (Crédit : Capture d’écran Google Maps)

En début d’année, à l’occasion de la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste, un projet de mémorial de la Shoah à Genève a été annoncé par la Coordination internationale contre l’antisémitisme et la diffamation (CICAD) et le Congrès juif mondial. Le mémorial devrait être inauguré le 27 janvier prochain place des Nations, endroit populaire de la ville, situé devant le siège de l’ONU.

Contre cette idée, un Valaisan se réclamant du Front national suisse a lancé une pétition, dénoncée par la CICAD, a rapporté le journal Le Matin.

« La CICAD apprend avec stupéfaction qu’une pétition intitulée ‘Non à un mémorial de l’Holocauste à la place des Nations à Genève !’ est largement diffusée en ce moment par mail, notamment auprès des élus genevois », a expliqué Johanne Gurfinkiel, secrétaire général de la CICAD.

« Le titre de l’argumentaire [de la pétition] ne souffre d’aucune ambiguïté : L’Holocauste est une fraude, la preuve par trois. »

La pétition, adressée au Conseil d’État, a étrangement été signée par le négationniste français Robert Faurisson, mort en 2018.

Selon la CICAD, l’homme a l’origine de la pétition serait Alexandre Bender, condamné par la justice genevoise en 2020 pour négationnisme, ancien gérant d’un site antisémite depuis supprimé.

« Il publiait à l’époque d’infâmes propos sur un site web, reconnus par la justice comme négationnistes, antisémites et racistes. Force est de constater que ce dernier n’a pas décidé d’arrêter son activité de militant antisémite et négationniste », a expliqué le représentant de la CICAD.

L’organisation dit ainsi « étudier toutes les options, notamment juridiques ».

Plusieurs milliers de Juifs ont été refoulés de Suisse pendant la Shoah, et les autorités suisses auraient été informées des massacres de masse pratiqués par les nazis dès 1942.

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