Une plaque commémorative « Village des Justes » inaugurée en Corse
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Une plaque commémorative « Village des Justes » inaugurée en Corse

Si un camp d’internement a été créé sur l’île durant la guerre, aucun Juif n’a été dénoncé et les locaux ont même apporté leur soutien et défendu la petite communauté juive

La plaque commémorative « Village des Justes » inaugurée ce dimanche à l’école du village d’Asco, en Corse. (Capture d’écran : YouTube / France 3)
La plaque commémorative « Village des Justes » inaugurée ce dimanche à l’école du village d’Asco, en Corse. (Capture d’écran : YouTube / France 3)

Une plaque commémorative « Village des Justes » a été inaugurée ce dimanche à l’école du village d’Asco, en Corse, a rapporté France 3.

Durant la Seconde Guerre mondiale, en 1943, l’établissement avait été réquisitionné par les autorités italiennes et s’était transformé en camp d’internement, à la colère des habitants. Il a accueilli 86 Juifs de Bastia et Ajaccio. Si les conditions de vie étaient loin d’être similaires aux camps du continent, les internés, âgés de 18 à 65 ans, s’y trouvaient en résidence forcée – une « incarcération avec privation totale de liberté », indique le document des services généraux, daté du 3 juillet 1963, qui atteste de l’existence du camp d’Asco.

A l’époque, l’île comptait environ 600 Juifs. Sur ordre de la préfecture, les autorités locales ont dû recenser les Juifs de l’île, qui ont vu la mention de leur religion apposée sur leur carte d’identité.

Cependant, aucun Juif n’y a été dénoncé durant la guerre – la Corse est ainsi le seul endroit d’Europe où cela ne s’est pas produit. Les locaux ont d’ailleurs apporté leur soutien et défendu la petite communauté juive. De même, aucun acte antisémite n’a jamais été à déplorer sur l’île. A la fin de la guerre, les internés regagneront librement leur foyer.

Sur la plaque inaugurée, il est rappelé que « la population, compatissante, a contribué à leur rendre le séjour moins pénible ». La plaque a été gravée par Isaac Ninio, âgé de 3 ans à l’époque, qui a vu son père, son frère et son beau-frère être internés à Asco. L’homme a œuvré afin que la lumière soit faite sur l’existence de ce camp.

« Je me suis adressé aux musées de la Shoah à Paris, à Jérusalem, en Allemagne et même à Washington. À chaque fois, on me répondait : ‘Aucune trace de ce camp’ », a-t-il expliqué au journal Corse-Matin.

Le texte a été écrit en accord avec Bernard Franceschetti, le maire d’Asco.

« La Corse […] regorge d’une diaspora juive importante. […] L’histoire des Juifs en Corse remonte en effet à plusieurs centaines d’années. Les premières traces d’une présence juive dans l’île se situent aux alentours de l’an 800 », explique l’association Corse-Israël sur son site.

« En 1947, la Corse apporta sa contribution à la création de l’État d’Israël, ajoute l’organisation. Des Corses d’alors décidèrent de secourir les combattants juifs luttant pour leur indépendance et pour former leur État. Leur mission : accueillir des avions qui vont être bourrés d’armes pour s’envoler vers des lieux gardés par la Haganah. Ajaccio est alors choisi comme piste d’atterrissage », ajoute l’association.

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