Une rue Ilan Halevi, ex-membre juif du Fatah, dans une ville de Cisjordanie
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Une rue Ilan Halevi, ex-membre juif du Fatah, dans une ville de Cisjordanie

La décision prise par la municipalité d'al-Bireh de baptiser une rue a été approuvée lors d'un vote ; une initiative lancée par Mahmoud Abbas

Le membre juif de l'OLP Ilan Halevi (Capture d'écran : Youtube)
Le membre juif de l'OLP Ilan Halevi (Capture d'écran : Youtube)

La municipalité d’al-Bireh, dans le centre de la Cisjordanie, a annoncé qu’elle avait décidé de donner le nom d’Ilan Halevi – un membre juif du Fatah aujourd’hui décédé – à l’une de ses rues, une démarche qui avait été initiée par le président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas.

Ce Français né à Lyon sous l’occupation nazie, mais qui s’était installé en Israël lorsqu’il était âgé d’une vingtaine d’années, est mort à l’âge de 69 ans en 2013. Il avait été membre de groupes de gauche et antisionistes au sein de l’Etat juif avant de rejoindre le Fatah après la guerre des Six jours.

Halevi avait également servi au sein du ministère des Affaires étrangères de l’AP. Il avait participé à la conférence de Madrid en 1991 pour le compte de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) et se qualifiait lui-même de « cent pour cent Juif et cent pour cent Palestinien ».

Les membres du conseil municipal d’al-Bireh ont voté à l’unanimité une proposition visant à donner son nom à une rue, a déclaré le maire Azzam Ismail à Nabil Shaath, un conseiller d’Abbas, selon un communiqué publié samedi sur la page officielle Facebook des autorités locales d’al-Bireh.

Shaath avait rencontré les membres du conseil municipal d’al-Bireh mercredi dernier et leur avait présenté une proposition formulée par Abbas : celle de nommer une rue en l’honneur de Halevi, un individu « qui s’est engagé sans aucune hésitation dans la défense de la question palestinienne et du Fatah », explique le communiqué.

Ismail a fait l’éloge de Halevi, déclarant que les Palestiniens admirent les Juifs qui soutiennent leur cause.

« Nous avons décidé de donner le nom du Juif palestinien Ilan Halevi à la rue pour rendre hommage au soutien qu’il a apporté à la cause du peuple palestinien », a-t-il dit au Times of Israel, ajoutant que « nous respectons et nous sommes reconnaissants envers tous les Juifs qui défendent les Palestiniens. Il y a de nombreux Juifs en Israël et dans le monde entier qui soutiennent les droits des Palestiniens et demandent une résolution de la question palestinienne ».

شارك مستشار الرئيس محمود عباس للشؤون الخارجية والتعاون الدولي د.نبيل شعث في جلسة بلدية البيرة الأسبوعية يوم الأربعاء…

פורסם על ידי ‏بلدية البيرة – AL-Bireh Municipality‏ ב- יום שבת, 27 באפריל 2019

Ismail a noté que le conseil municipal d’al-Bireh devait encore spécifiquement choisir la rue concernée, disant espérer qu’elle le ferait au cours des prochaines semaines en coordination avec le bureau d’Abbas.

Halevi avait écrit plusieurs livres et articles en français qui critiquaient Israël.

Abbas lui avait remis la médaille de distinction palestinienne pour son « rôle dans le soutien du combat palestinien », avait fait savoir le site d’information de l’AP, Walla, en 2013.

Le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères Emmanuel Nahshon a refusé de commenter la décision prise par cette municipalité de Cisjordanie.

Pour sa part, Hanan Ashrawi, membre du comité exécutif de l’OLP, a salué l’initiative.

« C’est un signe de reconnaissance, d’appréciation et de gratitude. Je pense que c’est une bonne chose qu’une rue porte son nom », a dit Ashrawi lors d’un entretien téléphonique. « Il a été l’un des rares à maintenir son engagement en faveur de la Palestine. A nos yeux, ce n’est pas la religion d’un individu qui est importante mais son engagement en faveur d’un combat et d’une identité nationale ».

Shaath n’a pas répondu à nos appels téléphoniques.

Pour Sam Bahour, homme d’affaires américano-palestinien qui vit à al-Bireh, Halevi fait partie des nombreuses personnalités qui méritent d’être reconnues pour leur soutien à la cause palestinienne.

« Il y a de nombreuses personnes qui sont entrées dans ce combat. Il était l’une d’entre elles », a-t-il dit lors d’un entretien téléphonique. « Je pense que tous ceux qui, pendant toute leur vie, se sont battus pour la liberté et l’indépendance palestinienne devraient être honorés ».

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