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Une start-up israélienne retransforme le plastique en matière première

Plastic Back reconvertit les déchets plastiques dans leurs précieuses matières premières d’origine avec un procédé aux coûts environnementaux et financiers moindres

Tal Cohen présentant sa start-up Plastic Back lors de la compétition entre start-ups « Coller 100 000 $ » de l’UTA, en juillet 2021. (Crédit : Université de Tel Aviv)
Tal Cohen présentant sa start-up Plastic Back lors de la compétition entre start-ups « Coller 100 000 $ » de l’UTA, en juillet 2021. (Crédit : Université de Tel Aviv)

La start-up Plastic Back retransforme les déchets plastiques dans leur matière première d’origine : le pétrole brut, réutilisable dans l’industrie pétrochimique, grâce à une méthode de rétro-ingénierie, a rapporté le site des Amis de l’Université de Tel Aviv.

« Le plastique est produit à partir du pétrole, source d’énergie non renouvelable », explique Tal Cohen, titulaire d’un MBA de l’École de gestion de l’Université de Tel Aviv, fondateur et dirigeant de la société. « Le pétrole brut est une huile minérale d’origine naturelle qui se développe sous terre pendant des millions d’années. Il est ensuite extrait du sous-sol par une opération de forage, puis raffiné par l’industrie pétrochimique, après quoi il peut être utilisé à diverses fins, comme le carburant des véhicules, les textiles synthétiques, le caoutchouc et… la production de plastique ».

Résultat : aujourd’hui, depuis l’invention du plastique, 8,3 milliards de tonnes de déchets plastiques ont été accumulés dans le monde, et 350 millions de tonnes sont produits chaque année – dont seulement 8 % sont recyclés. En 70 ans, le plastique est ainsi devenu l’un des risques majeurs pour l’environnement, et les côtes israéliennes notamment en sont jonchées.

Après ses études, puis un emploi de biologiste marin dans le cadre duquel il a effectué des plongées entouré de déchets plastiques, et un autre dans lequel il a géré les portefeuilles d’une dizaine d’entreprises d’énergie renouvelable, Tal Cohen a voulu développer son entreprise promouvant des solutions écologiques.

Ainsi est née la start-up Plastic Back qui, « grâce à la rétro-ingénierie, est en mesure de reconvertir les déchets plastiques dans leurs précieuses matières premières d’origine : huiles, cires et autres produits chimiques recherchés. Notre technologie rompt les liaisons entre les atomes de carbone du plastique pour produire des fractions liquides qui peuvent être (ré)utilisées par l’industrie pétrochimique », explique son dirigeant.

« Bien que la retransformation du plastique en pétrole par combustion existe déjà, elle nécessite des températures très élevées, comprises entre 600 et 1 000 degrés Celsius, impliquant des coûts environnementaux et financiers extrêmement élevés », explique Tal. « La véritable innovation ici, c’est que nous parvenons à convertir le plastique en pétrole par des moyens chimiques uniquement, et à température ambiante. La méthode présente donc des avantages tant sur le plan environnemental que financier et énergétique. L’objectif est d’offrir une alternative au forage traditionnel pour l’obtention du pétrole. »

Depuis, après avoir reçu le soutien de la société pétrolière Shell après que Plastic Back a terminé 2e au plus grand concours de l’Union européenne sur le thème de l’énergie en 2019, la start-up a reçu la reconnaissance de la Commission européenne et participe au programme d’accélérateur pour start-ups de l’UE. Elle est également soutenue par le ministère de l’Énergie israélien.

« Plastic Back permet de passer d’une économie linéaire à une économie circulaire, en bouclant la boucle entre l’industrie pétrochimique (y compris des entreprises comme Shell), qui dépend actuellement du forage de pétrole brut et est soumise à une réglementation et une pression de plus en plus lourdes, et les entreprises de gestion des déchets qui doivent gérer des millions de tonnes de déchets plastiques provenant de l’agriculture, des usines ou des hôpitaux, etc., et dont la plupart sont mis en décharge. Les gestionnaires de déchets recherchent des alternatives, d’autant plus que le coût des décharges a quintuplé depuis 2019. Les producteurs de déchets, de leur côté, gagneraient la possibilité de traiter leurs déchets sur place ou à proximité, d’économiser sur les frais d’enlèvement et de traitement et même de générer des profits à partir de leurs déchets plastiques », explique Tal Cohen.

Alors que la phase de recherche et développement du projet « est en grande partie terminée », la start-up s’apprête désormais à créer sa première installation pilote avec un partenaire industriel dans le sud d’Israël en 2022.

« Nous pensons mettre en place nos premières installations un an et demi après, et, dans cinq ans, deux ou trois d’entre elles devraient être actives, probablement une en Israël et les autres en Europe », indique l’entrepreneur.

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