Israël en guerre - Jour 232

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Une universitaire israélienne ayant salué Walid Daqqa, bientôt sous le coup d’une enquête ?

Anat Matar a qualifié le condamné à perpétuité pour le meurtre d'un soldat en 1984, de "source d'inspiration", qui aurait inculqué l'humanisme à l'actrice Einat Weizman

Anat Matar, conférencière principale au département de philosophie de l'Université de Tel Aviv. (Crédit : Capture d'écran Facebook)
Anat Matar, conférencière principale au département de philosophie de l'Université de Tel Aviv. (Crédit : Capture d'écran Facebook)

Les Israéliens qui ont fait l’éloge du terroriste palestinien Walid Daqqa, décédé en prison en début de semaine des suites d’un cancer, subissent un retour de bâton.

Selon le site d’information Ynet, la police envisage d’ouvrir une enquête criminelle, sur la base de soupçons d’apologie à un acte terroriste, à l’encontre d’une conférencière de l’Université de Tel Aviv qui a fait publiquement l’éloge de Daqqa.

Un groupe d’étudiants de l’Université de Tel-Aviv a organisé une manifestation sur le campus jeudi pour demander le renvoi d’Anat Matar.

La manifestation, qui a attiré des dizaines de participants brandissant des drapeaux israéliens, a été rapidement organisée via les réseaux sociaux. Lors de cette manifestation, les étudiants ont demandé le renvoi de Matar et certains ont suggéré de « fermer l’université » jusqu’à ce qu’elle soit démise de ses fonctions, a rapporté Walla News.

« Anat Matar doit être licenciée immédiatement. Les partisans du terrorisme n’ont pas leur place sur le campus », a déclaré Orit Eliyahu, étudiante de l’organisation de droite Im Tirtzu, lors de la manifestation.

Dans un message publié sur Facebook cette semaine, Anat Matar, maîtresse de conférences au département de philosophie de l’Université de Tel Aviv, a qualifié Daqqa, décédé à l’âge de 62 ans, « d’ami cher et bien-aimé » et de « source d’inspiration inépuisable ».

Elle a également présenté ses condoléances à la famille de Daqqa et au peuple palestinien pour la perte de « l’un de ses plus grands fils ».

Daqqa, citoyen israélien, avait été condamné à la prison à perpétuité en 1987 pour avoir commandé une cellule liée au groupe terroriste du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), qui avait enlevé et tué le soldat israélien Moshe Tamam en 1984.

Au cours de ses 37 années passées derrière les barreaux, Daqqa a affirmé avoir changé de comportement et s’être opposé à la violence. Il était devenu un écrivain prolifique et était en contact avec divers intellectuels israéliens.

Photo non datée du prisonnier sécuritaire palestinien Walid Daqqa. (Crédit : Autorisation)

L’actrice et réalisatrice Einat Weizman s’est également attirée les foudres des internautes mercredi pour avoir publié un article sur Daqqa.

« Walid Daqqa s’est assis en prison et a écrit et écrit – des lettres, des nouvelles, des articles, des livres », a écrit Weizman. « Il m’a appris ce qu’est l’humanité, ce qu’est une pensée humaine, et ses mots et ses écrits ont fait partie de mes pièces de théâtre. Le monde sans lui est plus sombre. La lumière a faibli. »

Le message a suscité des réactions indignées de la part de nombreux acteurs de l’industrie israélienne du divertissement. Une source policière a déclaré à la Douzième chaîne qu’il n’y avait rien dans le message de Weizman qui puisse conduire à une enquête criminelle.

Tamam, alors en permission, avait été enlevé en 1984 après être descendu d’un bus. Le pays avait été ébranlé lorsque son corps avait été retrouvé quatre jours plus tard, portant des traces de blessures considérables à la tête et d’un trou de balle dans la poitrine.

La dramaturge Einat Weizman (à droite) lors d’une lecture de parties de sa pièce, « Prisoners of the Occupation », bloquée au Acre Fringe Festival. (Crédit : Einat Weizman)

Daqqa aurait dû être libéré l’année dernière, mais une décision de justice a prolongé sa peine de deux ans à la suite d’accusations selon lesquelles il aurait fourni illégalement des téléphones portables à d’autres prisonniers.

Daqqa était au centre de ce scandale impliquant aussi l’ancien député Basel Ghattas qui faisait passer en contrebande des téléphones portables à Daqqa et à d’autres prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité en Israël. Ghattas a finalement démissionné de son siège et a purgé une peine de deux ans de prison pour ce délit, tandis que Daqqa a reçu deux années supplémentaires.

L’année dernière, un comité judiciaire spécial a rejeté une demande de libération anticipée fondée sur le diagnostic de cancer de Ghattas.

En 2015, le théâtre Al-Midan de Haïfa avait suscité la controverse en mettant en scène une pièce intitulée « Un temps parallèle » sur la vie de Daqqa, ce qui avait conduit le ministère de la Culture à supprimer le financement du théâtre et le ministère de l’Éducation à l’interdire en tant que spectacle sanctionné par les écoles.

La police doit encore obtenir l’autorisation des procureurs de l’État pour ouvrir une enquête sur Matar. Il n’est pas certain que les propos tenus dans sa publication puissent être interprétés comme un soutien au terrorisme.

La mère de Moshe Tamam, assassiné par un groupe d’Arabes israéliens en 1984. (Crédit : Capture d’écran YouTube ; utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur les droits d’auteur)

La publication de la conférencière a suscité des protestations de la part de groupes de droite et de certains étudiants, qui ont organisé un rassemblement la semaine dernière pour demander à l’université de licencier cette universitaire et activiste de longue date, a rapporté Ynet.

La faculté a indiqué à Ynet qu’elle condamnait ses remarques et qu’elle examinerait si elle avait enfreint ses directives en matière de liberté d’expression.

Matar, qui dirige le Comité israélien pour les prisonniers palestiniens, est connue depuis longtemps pour ses critiques virulentes de la politique israélienne à l’égard des Palestiniens. En 2011, elle a co-écrit un livre sur les Palestiniens incarcérés par Israël pour des raisons de sécurité, remettant en question l’approche d’Israël en matière de procédures judiciaires et de traitement des détenus.

Lundi, Amnesty International, qui se définit comme une organisation non gouvernementale internationale qui promeut la défense des droits de l’Homme et le respect de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, a demandé à Israël de « rendre sans délai le corps de Daqqa à sa famille » et a déclaré qu’il était « déchirant » que Daqqa soit mort en prison. L’organisation a qualifié sa mort de « rappel cruel du mépris d’Israël pour le droit à la vie des Palestiniens ».

Le ministère israélien des Affaires étrangères a réagi en publiant un message sur les réseaux sociaux : « Amnesty, vous avez une obsession troublante pour la glorification des meurtriers sadiques », ajoutant que Daqqa avait bénéficié d’un traitement contre le cancer durant son incarcération et qu’il était mort à l’hôpital Shamir, au sud-est de Tel-Aviv. Il souffrait d’une forme rare de cancer de la moelle osseuse diagnostiquée en décembre 2022, après avoir été atteint d’une leucémie il y a plusieurs années.

Sa femme, Sanaa Salameh, et sa fille Milad, âgée de quatre ans, lui survivent. Elle a été conçue à l’aide du sperme de Daqqa, passé en contrebande, après que les autorités israéliennes lui eurent refusé des visites conjugales, a déclaré Salameh.

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