Une université israélienne annule un prix destiné à Breaking the Silence
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Une université israélienne annule un prix destiné à Breaking the Silence

Pour la direction de l’université Ben Gurion, l’ONG critique de Tsahal dépasse les limites du “consensus national”

Une conférence d'un membre de Breaking The Silence (Crédit : Gili Getz)
Une conférence d'un membre de Breaking The Silence (Crédit : Gili Getz)

Le président de l’université Ben Gurion a récemment annulé une décision visant à remettre un prix à une ONG israélienne qui traque les abus présumés contre les Palestiniens par des soldats israéliens, affirmant que l’association est bien trop éloignée du consensus national.

L’association Breaking the Silence avait été choisie en mai par la faculté des études moyen-orientales de l’université pour recevoir le prix Berelson pour la compréhension judéo-arabe, d’une valeur de 20 000 shekels (4 800 euros). Le prix est remis tous les ans.

La présidente de l’université, Rivka Carmi, a décidé que l’association, qui est extrêmement controversée en Israël, n’était pas un récipiendaire approprié pour le prix, a annoncé dimanche Haaretz.

Selon l’article, l’université a déclaré dans un communiqué que Breaking the Silence « est une association qui ne fait pas partie du consensus national, et l’attribution d’un prix est susceptible de présenter l’apparence d’un parti-pris politique. »

Rivka Carmi, présidente de l'université Ben Gurion du Néguev. (Crédit : Dani Machlis/université Ben Gurion)
Rivka Carmi, présidente de l’université Ben Gurion du Néguev. (Crédit : Dani Machlis/université Ben Gurion)

Le directeur du département Moyen Orient, qui avait choisi de récompenser l’association, a déclaré qu’elle avait été choisie parce qu’elle est « l’une des cibles principales » des attaques de la droite.

« Nous pensons que l’avancement des relations judéo-arabes nécessite de confronter le public à la vérité de l’occupation, qui peut ne pas être plaisante à entendre, mais constitue une condition fondamentale pour la réconciliation entre les deux peuples », a déclaré le professeur Haggai Ram

Breaking the Silence aurait répondu à la décision, déclarant qu’il « est malheureux de découvrir que l’administration de l’université ait choisi de céder devant les pressions politiques et les campagnes d’incitation et de persécution contre les soldats et combattants qui brisent le silence sur ce qu’il se passe dans les territoires, par position morale et inquiétude pour le futur de notre pays. »

Fondée en 2004 par des vétérans, Breaking the silence a été soumise à des pressions politiques par le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

L’ONG fournit une plate-forme aux vétérans pour décrire anonymement ce qu’ils jugent être des aspects perturbants de leur service.

Des militants de droite manifestent contre l'association Breaking the silence à l'université Hébraïque de Jérusalem, le 22 décembre 2015. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Des militants de droite manifestent contre l’association Breaking the silence à l’université Hébraïque de Jérusalem, le 22 décembre 2015. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Le bureau du procureur général a déclaré que les témoignages anonymes permettent à des mensonges potentiels de se répandre et rend impossible l’investigation sur les abus présumés. Les procédures judiciaires visant à obliger l’association à identifier les soldats qui témoignent devraient continuer le 18 juillet.

Breaking the Silence a été intensément critiquée l’année dernière quand elle a publié un rapport sur la guerre de 2014, comprenant des affirmations de plus de 60 soldats et officiers d’abus et d’utilisation excessive de la force pendant le conflit de 50 jours contre le Hamas.

La ministre de la Justice Ayelet Shaked a déclaré que l’ONG et d’autres associations avaient fourni aux Nations unies des preuves qui ont servi de base à une enquête de 2014 de l’ONU sur la guerre à Gaza. L’enquête avait conclu qu’Israël et les terroristes palestiniens avaient pu commettre de crimes de guerre, une accusation amèrement rejeté par Israël car imparfaite et biaisée.

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