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Une vidéo de haredim crachant sur des chrétiens suscite une large condamnation

Ni l'église ni la police n'ont commenté ce dernier incident de harcèlement contre des non-Juifs ; Elisha Yered affirme que cracher sur les prêtres est "une ancienne coutume juive"

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Illustration : Des Juifs marchant dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 1er octobre 2023. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)
Illustration : Des Juifs marchant dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 1er octobre 2023. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Des Juifs ultra-orthodoxes, dont des enfants, ont été filmés lundi en train de cracher sur des fidèles chrétiens dans la Vieille Ville de Jérusalem, dans un contexte de multiplication des incidents visant des prêtres et des pèlerins dans la capitale.

L’agression a été largement condamnée par les autorités israéliennes, y compris par des hommes politiques de la communauté haredit, qui ont rejeté l’idée que cracher puisse être une tradition juive ou un impératif religieux.

Dans une vidéo mise en ligne par un journaliste du quotidien Haaretz, un groupe de chrétiens sort d’une église, portant une croix de bois, passant à côté d’un groupe de haredim qui se dirigent dans l’autre sens. Plusieurs Juifs crachent ensuite sur le sol en direction des chrétiens qui passent.

Certaines des personnes figurant dans la vidéo semblent être des mineurs ultra-orthodoxes qui crachent sur les chrétiens après avoir vu un adulte faire de même.

Un agent de la police des frontières marchant derrière les fidèles juifs ne réagit pas aux crachats. Il n’est pas certain qu’il ait pu apercevoir l’incident depuis son poste d’observation.

Le Patriarcat latin n’a pas répondu aux demandes de commentaires.

La Vieille Ville de Jérusalem est particulièrement fréquentée cette semaine à l’occasion de la fête de Souccot. Des dizaines de milliers de fidèles juifs ont assisté à la bénédiction sacerdotale au mur Occidental lundi matin.

Le grand rabbin ashkénaze David Lau s’est élevé contre l’incident, déclarant que « de tels phénomènes sont injustifiés et ne devraient certainement pas être attribués à la loi juive orthodoxe [halakha] ».

Le ministre des Affaires religieuses, Michael Malkieli (Shas), a condamné l’incident en déclarant que « ce n’est pas la voie de la Torah et aucun rabbin ne peut apporter de soutien ou accorder de la légitimité à ce comportement répréhensible ».

Le ministre du Logement et de la Construction, Yitzchak Goldknopf, chef du parti Yahadout HaTorah, a déclaré que « notre Sainte Torah nous commande d’agir avec respect envers chaque personne, quelles que soient ses croyances, sa religion ou son origine ».

Plusieurs responsables se sont inquiétés de ce que les crachats ne viennent nuire à la réputation d’Israël auprès des pèlerins, qui constituent une source majeure de tourisme.

Le ministre des Affaires étrangères, Eli Cohen (Likud), a déclaré que les crachats « ne représentent pas les valeurs juives ».

Le ministre du Tourisme, Haïm Katz (Likud), a qualifié de « pathétique » l’idée selon laquelle cracher sur des chrétiens est une coutume juive.

« Au lieu d’être une lumière pour les nations, les actions d’une poignée d’extrémistes attirent la haine sur le judaïsme et le peuple juif, et nuisent à l’image d’Israël et au tourisme. Il faut faire preuve d’une tolérance zéro à l’égard de tous les symboles religieux », a-t-il rappelé dans un communiqué.

De gauche à droite : L’abbé de Stella Maris Père Jean Joseph Bergara, le président Isaac Herzog, le chef de la police Kobi Shabtaï, et le patriarche latin Pierbattista Pizzaballa au monastère Stella Maris à Haïfa, le 9 août 2023. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Elisha Yered, ancien conseiller de la députée Limor Son Har-Melech (Otzma Yehudit), a semblé soutenir le harcèlement, écrivant sur X que cracher sur les prêtres ou sur les églises était une « ancienne coutume juive ». Les propos de l’ultra-nationaliste ont été largement condamnée.

Fleur Hassan-Nahoum, maire adjointe de Jérusalem, qui a mené des actions au sein du Conseil municipal pour lutter contre le harcèlement des chrétiens, a déclaré que la police commençait à prendre le problème au sérieux.

« Nous devrions avoir une tolérance zéro à l’égard de ces hooligans qui sont poussés par une éducation erronée et par la haine, et qui attaquent des fidèles pacifiques partout dans la ville », a-t-elle déclaré au Times of Israel. « Après des mois de lobbying, nous sommes heureux que la police prenne des mesures et arrête les responsables. »

Selon la police qui s’était exprimée au mois d’août, 16 enquêtes ont été ouvertes cette année, et 21 arrestations et détentions ont été effectuées en relation avec des attaques contre des chrétiens.

Les porte-parole de la police de Jérusalem n’avaient pas répondu à une demande de commentaire mardi.

Le mois dernier, le clergé catholique avait déclaré au Times of Israel que des officiers se déguisaient en prêtres et en moines dans la Vieille Ville pour attraper ceux qui harcelaient les chrétiens.

En août, le président Isaac Herzog s’était rendu au monastère Stella Maris de Haïfa avec le chef de la police israélienne Kobi Shabtaï pour y rencontrer les dirigeants chrétiens, dans le cadre de ses récents efforts visant à sensibiliser la population à la question de la sécurité de la communauté chrétienne d’Israël.

Assis à côté de Herzog lors de la discussion au monastère avec les chefs des communautés chrétiennes en Israël, Shabtaï avait déclaré que la police « entreprend des opérations créatives pour éradiquer tous ces petits phénomènes, ces phénomènes qui affectent la façon dont chacun se sent ».

« Nous sommes ici pour vous donner un sentiment de sécurité, » avait-il ajouté.

Le chef de la police de Jérusalem, Doron Turgeman à gauche, rencontrant le patriarche grec orthodoxe de Jérusalem, Theophilos III, à Jérusalem, le 5 janvier 2023. (Crédit : Police israélienne)

« Ces derniers mois, nous avons été témoins de phénomènes extrêmement graves dans le traitement des membres des communautés chrétiennes en Terre Sainte, nos frères et sœurs, les citoyens chrétiens, qui se sentent attaqués dans leurs lieux de prière et leurs cimetières, dans la rue », avait déclaré Herzog devant le monastère des Carmélites datant du XIXe siècle.

Les porte-parole officiels d’Israël et les réseaux sociaux ne ménagent pourtant pas leurs efforts pour souligner la liberté de culte en Israël et pour présenter l’État juif comme le seul foyer sûr pour les chrétiens dans un Moyen-Orient hostile.

L’image de la coexistence sûre généralement dépeinte par les responsables israéliens est en contradiction flagrante avec les expériences décrites par les dirigeants chrétiens de Jérusalem eux-mêmes. Tout en reconnaissant volontiers qu’il n’y a pas d’effort organisé ou gouvernemental livré directement à son encontre, le clergé chrétien de la Vieille Ville parle d’une atmosphère de harcèlement qui se détériore, de l’apathie des autorités et de la crainte croissante que les incidents de crachats et de vandalisme ne se transforment en violences contre leur personne.

Hosam Naoum, un évêque anglican palestinien, là où des vandales ont profané plus de 30 tombes dans un cimetière protestant historique du mont Sion, à Jérusalem, le 4 janvier 2023. (Crédit : Mahmoud Illean/AP)

En novembre 2022, deux soldats de la brigade Givati de Tsahal avaient été arrêtés, soupçonnés d’avoir craché sur l’archevêque arménien et sur d’autres pèlerins lors d’une procession dans la Vieille Ville. Début janvier, deux adolescents juifs avaient été appréhendés pour avoir endommagé des tombes au cimetière protestant du mont Sion.

La semaine suivante, le centre communautaire maronite de la ville de Maalot-Tarshiha, dans le nord du pays, avait été vandalisé par des inconnus pendant les vacances de Noël.

Les bâtiments de la communauté arménienne de Jérusalem ont également été la cible de vandales, qui ont taggué de nombreuses phrases discriminatoires sur l’extérieur des structures du quartier arménien. Un jeudi soir de la fin janvier, une bande d’adolescents juifs religieux avaient jeté des chaises sur un restaurant arménien à l’intérieur de la nouvelle porte de la ville. La semaine suivante, des actes de vandalisme avaient été commis dans l’église de la Flagellation.

En mars, un habitant du sud d’Israël a été arrêté après avoir attaqué des prêtres avec une barre de fer sur la tombe de la Vierge Marie à Gethsémani.

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