Union sioniste : Gabbay met brusquement fin à son partenariat avec Livni
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Union sioniste : Gabbay met brusquement fin à son partenariat avec Livni

Dans une annonce surprise, le chef du parti travailliste remet en question la loyauté de la dirigeante de Hatnua

Le président de l'Union sioniste, Avi Gabbay (à gauche), annonce la rupture brutale de l'Union sioniste avec son ancienne partenaire, Tzipi Livni, chef de l'opposition, pendant une réunion du parti à la Knesset, le 1er janvier 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)
Le président de l'Union sioniste, Avi Gabbay (à gauche), annonce la rupture brutale de l'Union sioniste avec son ancienne partenaire, Tzipi Livni, chef de l'opposition, pendant une réunion du parti à la Knesset, le 1er janvier 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Dans le cadre du dernier rebondissement visant à secouer la scène politique israélienne au début de la campagne électorale d’avril, le président de l’Union sioniste, Avi Gabbay, a annoncé par surprise mardi la fin de son partenariat avec Tzipi Livni, présidente de Hatnua, et que les deux ne se représenteraient plus ensemble.

Au grand choc des 24 députés de son parti, et de Livni elle-même, lors d’une réunion de faction à la Knesset, Gabbay a déclaré qu’il avait « espéré et cru que le nouveau partenariat conduirait à notre croissance commune, à une véritable connexion et à un soutien mutuel. Mais le public intelligent a vu que ce n’est pas le cas, et il est parti. »

Cette décision fait suite à l’appel lancé la semaine dernière par Livni aux partis centristes et de gauche du pays pour qu’ils « mettent leurs ego de côté » et s’unissent en vue de renverser le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Dans une pique apparente à Gabbay, qui aurait refusé d’envisager une union avec un autre parti dans lequel il n’était pas numéro un, elle a dit qu’elle serait la première à renoncer à sa place de choix sur une nouvelle liste unifiée.

Depuis, la rumeur court qu’elle cherche à s’associer au nouveau parti politique Hossen LeYisrael, fondé par l’ancien chef d’état-major de Tsahal Benny Gantz.

L’ancien chef d’état-major Benny Gantz lors de la cérémonie de fin de mandat du chef de la police Roni Alsheich, à Beit Shemesh, le 29 novembre 2018. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Gabbay a souligné mardi qu’il voulait lui aussi former un front uni contre Netanyahu, mais qu’il ne pouvait pas continuer à travailler avec Livni et a remis en question sa « loyauté » par rapport à sa conduite.

« Je crois toujours à la coopération, à l’union des forces et à l’unification d’un grand camp engagé dans le changement, mais le succès des pactes exige l’amitié, l’accord et la loyauté envers la voie choisie », a-t-il dit, avec une Livni abasourdie assise à ses côtés.

« Cela n’existe pas dans ce partenariat », a-t-il accusé, refusant d’établir un contact visuel avec la chef de Hatnua.

Lors de sa rencontre avec ses députés de l’Union sioniste après l’annonce choc, Gabbay a continué à dénigrer Livni, selon des sources du parti. « Je n’ai eu que des merdes avec elle. Je l’ai laissée diriger l’opposition, et elle n’avait rien de positif à dire à mon sujet », ont déclaré les sources aux médias israéliens.

Il leur a également dit que « l’union sioniste est finie », et que le parti reprendrait son nom de parti travailliste (Avodah).

Les députés de l’Union sioniste ont répondu férocement à Gabbay, a indiqué une source du parti au Times of Israel, lui reprochant de ne pas avoir discuté de la décision avec eux en premier.

« Ce n’est pas seulement sa décision. Il aurait dû nous le dire « , ont-ils dit. « Cela a été fait de la manière la plus agressive possible tout en nous laissant dans l’ignorance. »

Livni, qui devait prendre la parole après Gabbay mais n’était pas au courant de son annonce, a dit qu’elle ne répondrait pas avant d’avoir « pris sa décision ».

En réponse à l’annonce plus tard sur Twitter, Mme Livni s’est déclarée heureuse que « les doutes aient été dissipés et que nous – tous ceux qui croient vraiment en la réalisation d’un véritable changement lors des prochaines élections – puissions nous concentrer sur le défi national important auquel nous sommes confrontés ».

Mme Livni a affirmé, lors d’une conférence de presse mardi après-midi, avoir été surprise par l’annonce de M. Gabbay et a rejeté les accusations de ce dernier sur son manque de loyauté.

« Gabbay a eu raison sur un point, il n’y a jamais eu de partenariat réel entre nous car il n’en a jamais voulu », a-t-elle accusé.

« Ce qui est vraiment important c’est de se concentrer sur les élections et le combat pour le sionisme, pas sur la dissolution (du parti) Union sioniste », a ajouté Mme Livni.

La députée Tzipi Livni de l’Union sioniste (ex-ministre des Affaires étrangères) lors d’une réunion de faction du parti à la Knesset le 16 janvier 2017. (Hadas Parush/Flash90)

Le Parlement israélien a voté en faveur de sa dissolution, provoquant des élections anticipées fixées au 9 avril.

Dans un communiqué de son parti, Benjamin Netanyahu a rappelé : « Je n’interviens pas dans le partage des voix au sein de la gauche ».

« Ce qui compte pour moi est que la droite forme le prochain gouvernement et pour cela, il faut voter pour le Likud », a-t-il ajouté.

Ce coup de théâtre n’est pas le premier de la campagne électorale. D’autres pourraient encore survenir d’ici au scrutin.

Samedi, deux ministres du parti national religieux HaBayit HaYehudi, Naftali Bennett et Ayelet Shaked, ont annoncé la création d’un nouveau parti ouvert à l’électorat non religieux.

La semaine précédente, l’ancien chef d’état-major Benny Gantz, dont les opinions politiques n’ont pas encore été dévoilées, a annoncé la création de son propre parti.

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