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US: ne pas soutenir la résolution US à l’ONU, c’est voter pour le Hamas et la guerre

"Remettre en cause le passé aura un coût humain réel", dit l'envoyé US à l'ONU ; le vote sur la résolution du Conseil de sécurité visant à renforcer les pouvoirs de la Force internationale de stabilisation est prévu lundi

Une famille assise devant sa maison détruite, entourée des décombres des habitations voisines, toutes dévastées par la guerre à Gaza, le 14 novembre 2025. (Crédit : AP Photo/Yousef Al Zanoun)
Une famille assise devant sa maison détruite, entourée des décombres des habitations voisines, toutes dévastées par la guerre à Gaza, le 14 novembre 2025. (Crédit : AP Photo/Yousef Al Zanoun)

Le Conseil de sécurité de l’ONU votera lundi une résolution approuvant la globalité du plan de cessez-le-feu à Gaza proposé par le président américain Donald Trump, ont annoncé samedi des diplomates, alors que Washington a mis en garde contre un « coût humain réel » si l’organisation ne soutenait pas la proposition.

Selon l’ambassadeur américain auprès des Nations unies, Mike Waltz, le refus d’approuver ce plan, qui confierait la gestion de Gaza à une force internationale de stabilisation (ISF) et à une administration palestinienne apolitique supervisée par un Conseil de paix lui-même placé sous la présidence de Donald Trump, équivaudrait à soutenir le Hamas et la guerre.

« Tout refus d’appuyer cette résolution revient à voter soit pour le maintien au pouvoir des terroristes du Hamas, soit pour la reprise de la guerre avec Israël, condamnant la région et ses habitants à vivre dans un conflit perpétuel », a écrit Waltz vendredi dans le Washington Post.

« Tout écart par rapport à cette voie, qu’il soit le fait de ceux qui souhaitent se livrer à des jeux politiques ou encore remettre en cause le passé, aura un coût humain réel », a indiqué Waltz.

La semaine dernière, les États-Unis ont officiellement entamé des négociations au sein du Conseil de sécurité et de ses 15 membres sur un projet de résolution qui suivrait l’accord de cessez-le-feu et de libération d’otages conclu le 9 octobre entre Israël et le Hamas.

Aux termes de cet accord, Israël a procédé à un premier retrait de Gaza, et le Hamas a relâché les 20 derniers otages encore en vie qui avaient été capturés le 7 octobre 2023, lors de l’offensive du groupe terroriste dans le sud d’Israël qui avait déclenché la guerre à Gaza. Le Hamas a également restitué les restes de 25 des 28 otages décédés qui se trouvaient encore à Gaza lorsque l’accord a été conclu.

L’ambassadeur américain auprès des Nations unies, Mike Waltz, s’adresse au Conseil de sécurité de haut niveau au sujet des Palestiniens et d’Israël lors de la 80e session de l’Assemblée générale des Nations unies, le 23 septembre 2025. (Crédit : AP Photo/Angelina Katsanis, fichier)

Une ébauche de la résolution proposée au Conseil de sécurité, obtenue et vérifiée la semaine dernière par le Times of Israel, reprenait l’intégralité du plan en 20 points de Donald Trump. Un plan que le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait également approuvé en septembre, durant une conférence de presse conjointe avec le président américain.

Selon cette ébauche, les États membres travaillant avec le Conseil de la paix seraient autorisés à « mettre en place une Force internationale de stabilisation temporaire ». Le mandat du Conseil, pour sa part, devrait s’étendre jusqu’à la fin de l’année 2027. Les pays ayant exprimé leur volonté de fournir des troupes à la Force internationale de stabilisation ont fait part de leur souhait de voir cette force consacrée par une résolution de l’ONU.

Le plan de cessez-le-feu inclus dans l’ébauche stipule également que, à mesure de la démilitarisation et de la reconstruction de Gaza, ainsi qu’avec l’avancée « fidèle » de la réforme de l’Autorité palestinienne basée en Cisjordanie, alors « les conditions pourraient enfin être réunies pour ouvrir une voie crédible vers l’autodétermination et la création d’un État palestinien ».

Des sources diplomatiques ont néanmoins fait remarquer que le texte américain soulevait certaines questions. Il s’agit notamment de l’absence de mécanisme de surveillance par le Conseil, du rôle de l’Autorité palestinienne et des détails du mandat de la Force internationale de stabilisation.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) serre la main du président américain Donald Trump après une conférence de presse dans la salle à manger d’État de la Maison Blanche, à Washington, DC, le 29 septembre 2025. (Crédit : AP Photo/ Alex Brandon)

Vendredi, dans une déclaration commune initiée par les États-Unis, plusieurs pays impliqués dans les efforts visant à mettre un terme au conflit à Gaza ont exprimé leur soutien à la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU présentée par Washington.

Cette déclaration soutenue par le Qatar, l’Égypte, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, l’Indonésie, le Pakistan, la Jordanie et la Turquie souligne que le processus « ouvre une voie vers l’autodétermination et la création d’un État palestinien ».

La déclaration commune de vendredi semblait de surcroît aller plus loin que le texte du plan de Trump en ne laissant pas la question d’un horizon politique ouverte au débat, répondant ainsi – peut-être – à une demande des signataires de la déclaration.

Malgré le libellé de son plan en 20 points, Trump, ces dernières semaines, a affirmé publiquement n’avoir même pas encore décidé s’il appuierait une solution à deux États. Un cadre auquel le gouvernement israélien s’oppose farouchement.

La déclaration de vendredi est également intervenue alors que les États-Unis exerceraient des pressions sur l’Arabie saoudite pour que cette dernière normalise ses relations avec Israël. Ryad, en guise de condition préalable à l’établissement de relations officielles, a insisté pour qu’Israël s’engage à reconnaître un État palestinien.

Le président américain Donald Trump posant avec un accord signé lors d’un sommet des dirigeants mondiaux sur la fin de la guerre à Gaza, à Charm el-Cheikh, en Égypte, le 13 octobre 2025. (Crédit : Suzanne Plunkett/AP)

Par ailleurs, la Russie, membre du Conseil de sécurité de l’ONU disposant d’un droit de veto, a fait circuler parmi les membres du Conseil un projet de résolution concurrent qui, selon le texte consulté vendredi par l’AFP, n’autorise ni la création d’un conseil de la paix ni le déploiement immédiat d’une force internationale à Gaza.

Si la version russe salue « l’initiative qui a conduit au cessez-le-feu », elle ne mentionne toutefois pas Trump. Elle demande également au Secrétaire général de l’ONU de présenter un rapport sur les possibilités de déploiement d’une force internationale de stabilisation dans une bande de Gaza ravagée par la guerre.

Dans un communiqué, la mission russe auprès de l’ONU a fait savoir que sa proposition alternative se distinguait en ce qu’elle reconnaissait le principe d’une « solution à deux États pour le règlement du conflit israélo-palestinien ».

« Des dispositions qui, malheureusement, n’ont pas été prises suffisamment en compte dans le projet américain », a-t-elle déclaré.

ONU: les fortes pluies « rendent la situation encore plus désespérée » à Gaza

Au cours du week-end, Gaza a été frappée par de fortes pluies, alors que la première grande tempête s’abattait sur la région.

L’UNRWA, l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens, a rapporté dans un communiqué publié sur le réseau social X que les pluies à Gaza « rendaient la situation encore plus désespérée ».

« Les familles tentent de trouver refuge où elles le peuvent, notamment dans des tentes de fortune. Le besoin d’abris et d’équipements connexes est urgent », peut-on lire dans ce communiqué. « L’UNRWA dispose de ces fournitures, qui permettraient d’aider la population à passer l’hiver. Laissez-nous les acheminer. »

Un garçon pieds nus marche sous la pluie en portant un jerrican en plastique rempli d’eau dans le quartier de Sheikh Radwan à Gaza-City, le 14 novembre 2025. (Crédit : AP Photo/Jehad Alshrafi)

Depuis longtemps, l’ONU et Israël s’accusent mutuellement d’entraver l’acheminement de l’aide à Gaza.

Vendredi, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) a annoncé avoir, en prévision de l’hiver, distribué jeudi quelque 1 000 nouvelles tentes à Gaza, ainsi que des vêtements d’hiver, environ 7 000 couvertures et 15 000 bâches au cours de la semaine dernière.

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