USA : Les Démocrates échouent à bloquer la vente de chasseurs F-35 aux Emirats
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USA : Les Démocrates échouent à bloquer la vente de chasseurs F-35 aux Emirats

Avant de quitter le pouvoir en janvier, l'administration Trump a officialisé le mois dernier l'une des plus grosses ventes d'armes de son mandat

Des avions de chasse F-35 israéliens et américains participent à un exercice conjoint au-dessus du sud d'Israël, le 29 mars 2020. (Armée israélienne)
Des avions de chasse F-35 israéliens et américains participent à un exercice conjoint au-dessus du sud d'Israël, le 29 mars 2020. (Armée israélienne)

Les sénateurs démocrates américains ont échoué mercredi dans leur tentative de bloquer la vente de chasseurs F-35 et de drones tueurs américains aux Emirats arabes unis décidée in extremis par le gouvernement de Donald Trump.

Les deux résolutions en ce sens n’ont pas obtenu la majorité simple nécessaire au Sénat, contrôlé par le camp républicain du président sortant des Etats-Unis. Celle concernant les F-35 a été votée par 47 sénateurs (contre 49) et celles sur les drones par 46 élus (contre 50).

Avant de quitter le pouvoir en janvier, l’administration Trump a officialisé le mois dernier l’une des plus grosses ventes d’armes de son mandat : 50 chasseurs furtifs F-35 ultra-sophistiqués et 18 drones tueurs MQ-9 « Reaper » au riche pays du Golfe, pour un montant total de 23 milliards de dollars.

Cette transaction, présentée comme cruciale pour la stratégie américaine contre l’Iran, a été approuvée par le département d’Etat américain rapidement après l’accord de normalisation des relations entre les Emirats et Israël sous l’égide de Donald Trump.

Les Démocrates jugent globalement cette transaction précipitée et dangereuse pour la stabilité dans la région. Le rôle des Emirats arabes unis dans le conflit au Yémen a aussi été souligné par plusieurs des sénateurs opposés à la vente d’armes.

La Maison Blanche avait prévenu dans un communiqué que Donald Trump opposerait son veto à ces résolutions, affirmant que ces équipements militaires devaient permettre aux Emirats de contribuer à la « dissuasion face au comportement de plus en plus agressif de l’Iran et aux menaces qui ont suivi l’accord de paix » avec l’Etat hébreu.

Le sénateur démocrate Bob Menendez, l’un des auteurs des résolutions, a accusé l’administration Trump de vouloir hâter la vente des F-35 pour qu’elle soit effective avant l’investiture, en janvier, du président élu Joe Biden.

Un avion de combat israélien F-35 en démonstration lors d’un spectacle aérien à Tel Aviv le 9 mai 2019, alors qu’Israël célèbre son 71e anniversaire d’Indépendance. (Jack Guez/AFP)

« Course aux armements »

« Je ne suis pas opposé à ces transactions, si elles sont utiles et ne représentent pas de menace pour nous ou pour la sécurité d’Israël », mais elles « exigent un examen attentif » qui « n’a tout simplement pas eu lieu », a-t-il plaidé, en vain, avant le vote.

« Croyons-nous vraiment que nous pouvons vendre cela seulement aux Emirats arabes unis, sans que d’autres pays viennent frapper à notre porte, engageant une course aux armements très sophistiqués dans la poudrière du monde ? », a-t-il mis en garde.

Le Qatar et l’Arabie saoudite ont notamment exprimé de l’intérêt pour cet avion furtif, difficilement détectable par les radars.

Le sénateur Rand Paul, qui défend une ligne non interventionniste en politique étrangère, a lui été le seul Républicain à joindre sa voix à celle des Démocrates. Il a critiqué le bilan émirati en matière de droits humains et le rôle du pays dans le conflit au Yémen, où il est intervenu dans la coalition dirigée par l’Arabie saoudite contre les rebelles Houthis soutenus par l’Iran.

« Pouvons-nous faire confiance à des gens qui ont participé à une campagne de frappes contre les civils au Yémen pour qu’ils agissent de manière plus sage à l’avenir ? », a-t-il interrogé.

Les Emirats arabes unis souhaitaient depuis longtemps acquérir des F-35 et des drones MQ-9, mais Israël s’y opposait pour maintenir sa supériorité technologique. 

Depuis la reconnaissance de l’Etat hébreu par les Emirats, Washington a donné des assurances à Israël.

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