USA/mur Occidental : Des responsables veulent l’élargissement de la prière juive
Rechercher

USA/mur Occidental : Des responsables veulent l’élargissement de la prière juive

L'administration Trump se montre en faveur du maintien du statu-quo au mont du Temple et encourage le pluralisme religieux dans l'état juif

Le président américain Donald Trump visite le mur occidental, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 22 mai 2017 (AFP PHOTO / MANDEL NGAN)
Le président américain Donald Trump visite le mur occidental, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 22 mai 2017 (AFP PHOTO / MANDEL NGAN)

WASHINGTON (JTA) — Un rapport présenté chaque année par le département d’Etat sur les libertés religieuses souligne les efforts livrés par l’administration Trump en faveur du maintien du statu-quo sur le mont du Temple de Jérusalem et encourage le pluralisme religieux en Israël.

Dans ce rapport diffusé jeudi, la section consacrée à Israël reflète l’importance qu’accorde l’administration Trump à l’apaisement des tensions qui avaient explosé au mois de juillet après que trois terroristes arabes israéliens ont tué deux policiers sur le mont du Temple, appelant l’Etat juif à installer de nouvelles mesures de sécurité à l’entrée du site.

Il mentionne également l’ambassadeur américain en Israël, David Friedman – dont la nomination avait été critiquée par des groupes juifs en raison de ses attaques antérieures contre les Juifs libéraux – comme étant un défenseur du pluralisme.

Le rapport se réfère spécifiquement aux tentatives des Juifs non-orthodoxes de mener des services de prière au mur Occidental, qui est contigu au mont du Temple.

« L’ambassadeur américain et les diplomates de l’ambassade se sont entretenus avec des responsables du gouvernement et des leaders de la Knesset sur l’importance du maintien du statu-quo sur le mont du Temple/Haram al-Sharif et sur la nécessité de ne pas accroître les tensions à travers des actes ou des déclarations provocatrices », a dit le rapport.

« Lors de rencontres avec des responsables gouvernementaux, les diplomates de l’ambassade ont souligné l’importance du pluralisme religieux et du respect pour les courants non-orthodoxes du judaïsme ».

La section de texte portant sur le mont du Temple – un lieu saint pour les musulmans et les juifs – est inhabituellement longue et des documents détaillent ce qui semble être des actions officielles israéliennes venant défier le statu-quo.

Le « statu-quo » se réfère aux accords selon lesquels le Waqf, autorité religieuse musulmane qui répond à la Jordanie et à l’Autorité palestinienne, possède le contrôle religieux sur le mont du Temple lui-même. Pendant des décennies, le Waqf a interdit les prières juives sur le plateau — en accord avec les gouvernements israéliens successifs – tout en autorisant les visiteurs juifs.

Des Juifs visitent le mont du Temple, site accueillant la mosquée Al-Aqsa et le Dôme du Rocher dans la Vieille Ville de Jérusalem durant la fête de Soukkot, le 8 octobre 2017 (Crédit : Yaakov Lederman/Flash90)

« Malgré la politique gouvernementale israélienne qui interdit les prières non-musulmanes sur le site, certains groupes juifs escortés par la police israélienne à Haram al-Sharif/mont du Temple se sont livrés à des actes religieux comme la prière et la prosternation », a indiqué le rapport.

Les déclarations faisant état de cette sensibilité américaine aux revendications musulmanes sur Jérusalem surviennent quelques semaines après que le président Donald Trump a reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël, précipitant une crise des relations entre les Etats-Unis et l’Autorité palestinienne.

« Des incidents concernant ces tentatives de prière juive à Haram al-Sharif, sur le mont du Temple, ont augmenté par rapport aux années précédentes, selon des ONG, des médias et des groupes juifs du mouvement du mont du Temple, et ils sont survenus presque chaque semaine », a ajouté le rapport.

« Au cours des fêtes juives, comme Pessah, Tisha BeAv et Soukkot, des dizaines de militants juifs du mont du Temple ont prié sur le site. Dans la majorité des cas, la police israélienne a agi pour les en empêcher et les a fait partir mais dans d’autres, qui ont été documentés par des photos et des vidéos publiées sur les réseaux sociaux, la police n’a pas semblé remarquer ces actes de prière ».

Longuement évoqué également, le traitement par l’Etat juif des minorités religieuses, avec notamment des passages détaillés sur la prière non-orthodoxe au mur Occidental.

Des membres du mouvement réformé et de l’Hebrew Union College affrontent des manifestants ultra-orthodoxes et des agents de sécurité, en essayant d’entre sur l’esplanade du mur Occidental, dans la Vieille ville de Jérusalem, le 16 novembre 2017. (Crédit : Noam Rivkin Fenton,/Flash90)

« Le gouvernement israélien n’a pas mis en oeuvre un accord du cabinet trouvé au mois de janvier pour établir une plate-forme réformée, conservatrice et mixte de prière le long d’une portion séparée du mur Occidental », a noté le rapport.

« Des groupes juifs de femmes, réformés ou conservateurs, dont certains groupes de femmes orthodoxes ont fait campagne pour cette proposition tandis que les leaders religieux juifs ultra-orthodoxes et les personnalités politiques ont continué à s’opposer au plan ».

Les efforts livrés par Friedman pour promouvoir la compréhension interreligieuse font l’objet de multiples mentions.

« Les événements accueillis par l’ambassade, dont un iftar du ramadan et un dîner de Thanksgiving interconfessionnels ont prôné la réduction des tensions entre les communautés religieuses et l’augmentation de la communication et du partenariat entre les religions au sein de la société, en rassemblant des représentants de nombreuses communautés de foi pour qu’ils puissent avancer des objectifs partagés et échanger des connaissances et des expériences », a dit le rapport.

David Friedman, nouvel ambassadeur des Etats-Unis en Israël, embrasse le mur Occidental, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 15 mai 2017. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

Le document s’est référé à la Cisjordanie et à Jérusalem-Est comme étant des territoires « occupés ». Friedman, ces dernières semaines, aurait vivement recommandé au département d’Etat d’abandonner cette appellation même si cette information a été qualifiée « d’erronée » par le département d’Etat.

Le rapport a également suggéré que les revendications israéliennes sur Jérusalem ne s’étendent pas nécessairement à Jérusalem-Est, largement arabe.

« Le gouvernement israélien a formellement annexé Jérusalem-Est dans les années 1980 même si aucun autre gouvernement, notamment les Etats-Unis, n’ont reconnu cette annexion », est-il écrit dans une parenthèse à côté de la section consacrée aux « territoires occupés ». Trump a indiqué qu’en reconnaissant la ville comme capitale israélienne, il ne préjugeait pas d’une détermination de statut final pour Jérusalem.

Une des caractéristiques de ce rapport a été qu’il n’a pas inclus les attentats terroristes palestiniens comme étant des violations possibles des libertés religieuses.

« Parce que la religion et l’ethnie ont été souvent étroitement liés, il a été difficile de catégoriser une grande partie de cette violence comme étant uniquement basée sur l’identité religieuse », a précisé le rapport en explication.

En rendant public le rapport entier, le secrétaire d’Etat Rex Tillerson et son département ont souligné les pays affichant des « violations systématiques, continues et extrêmes des libertés religieuses ». Parmi ces derniers, le Pakistan, le Myanmar, la Chine, l’Erythrée, l’Iran, la Corée du nord, le Soudan, l’Arabie saoudite, le Turkménistan et l’Ouzbékistan.

L’Arabie saoudite est une entrée notable : l’une des réussites de l’administration Trump a été l’amélioration particulière des relations entre les Etats-Unis et les Saoudiens, contrastant avec les tensions connues sous la précédente administration Obama.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...