USA : un négationniste brigue à nouveau un siège à la Chambre des représentants
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USA : un négationniste brigue à nouveau un siège à la Chambre des représentants

Arthur Jones, nazi autoproclamé, avait obtenu plus de 40 000 voix en 2018 sous l'étiquette des républicains

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Arthur Jones (Crédit : ArtJonesforCongress.com)
Arthur Jones (Crédit : ArtJonesforCongress.com)

WASHINGTON — Un nazi autoproclamé et négationniste, qui a été désigné lors de primaires républicaines en 2018 pour un siège à la Chambre des représentants des États-Unis, vient de présenter sa candidature pour participer aux élections primaires républicaines de 2020.

Arthur Jones a perdu les élections générales pour le troisième district du Congrès de l’Illinois, une enclave progressiste où les républicains sont pratiquement assurés de perdre, face au démocrate Dan Lipinski, mais a quand même obtenu plus de 40 000 voix comme seul républicain en lice.

Jones, 71 ans, a été en quelque sorte un candidat éternel, ayant brigué ce siège à six reprises. En 2018, il a remporté une victoire primaire parce qu’aucun autre candidat républicain n’avait participé à la course.

Mais cette fois-ci, les choses sont différentes. Deux autres candidats briguent la nomination républicaine : un membre du conseil républicain et un négociateur en immobilier.

La candidature de Jones pour 2020 a été initialement rapportée par le Chicago Sun-Times.

Jones a été largement fustigé par les groupes juifs, notamment l’Anti-Defamation League (ADL), qui l’ont qualifié « d’antisémite et de raciste impénitent ».

Le chef du Parti républicain de l’Illinois, Tim Schneider, a publié une déclaration dans laquelle il assure que le parti « condamne avec véhémence la candidature d’Arthur Jones. Son racisme et son sectarisme n’ont pas leur place dans notre parti ou dans la politique américaine. Comme nous l’avons fait en 2016 et 2018, nous nous opposerons à sa candidature par tous les moyens possibles. »

L’assureur nie ouvertement l’existence de la Shoah et entretient des liens de longue date avec les néo-nazis. Il qualifie régulièrement l’État juif de
« criminel sioniste israélien raciste » et il est connu pour organiser un dîner annuel « amical et familial » commémorant l’anniversaire d’Adolf Hitler.

Le leader néo-nazi Arthur Jones parle au Kentucky, en avril 2017 (capture d’écran YouTube)

Dans une interview accordée en 2012 à un site d’information locale, le Oak Lawn Patch, il a accusé Israël et le lobby juif américain d’avoir organisé les attentats du 11 septembre et qualifié la Shoah de « mensonge le plus noir de l’histoire » et de « racket international ».

Sur son site de campagne en 2018, il consacrait une page au « Racket de la Shoah », épousant des théories de conspiration antisémite viscérales et qualifiant les Juifs de « vampires criminels assoiffés de sang ».

Ancien dirigeant du Parti nazi américain, Jones dirige maintenant un groupe appelé « America First Committee », un hommage au sympathisant nazi et suprématiste blanc Charles Lindbergh, qui était un porte-parole du premier « America First Committee » et avait mené une campagne contre l’entrée des États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale.

Bien que le message d’America First de Lindbergh ait été repris par Donald Trump, Jones a dit dans une vidéo récente, filmée lors d’une retraite néo-nazie dans le Kentucky, qu’il avait peu de sympathie pour le président américain, qui « s’entourait d’une horde de Juifs dont un juif dans sa propre famille, ce punk nommé Jared Kushner ».

Il a déclaré que les Etats-Unis envoyaient des troupes en guerre au Moyen-Orient pour « une raison : Israël » et « le lobby juif… Il n’est qu’une marionnette entre leurs mains… cet idiot qui aime les Juifs. »

Les élections primaires dans l’Illinois auront lieu le 17 mars 2020.

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