USA : un antisémite et négationniste est candidat républicain au Congrès
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USA : un antisémite et négationniste est candidat républicain au Congrès

Seul membre du Parti républicain dans le district de Chicago, Arthur Jones admire Hitler, dit que Shoah est un "racket international", qualifie Trump d' "amoureux fou des Juifs"

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Le leader néonazi Arthur Jones parle dans le Kentucky, avril 2017 (Capture d'écran YouTube)
Le leader néonazi Arthur Jones parle dans le Kentucky, avril 2017 (Capture d'écran YouTube)

WASHINGTON – Un fervent négationniste et antisémite revendiqué est appelé à devenir le candidat républicain d’un siège à la Chambre des représentants de Chicago et de sa proche banlieue sud-ouest.

Arthur Jones, éternel postulant au siège depuis les années 1990, n’a jamais été un candidat sérieux. Cette année, il est le seul républicain sur le bulletin de vote, ce qui le laisse en position de remporter l’investiture le 20 mars.

L’assureur retraité de 70 ans n’est pas un candidat typique du Congrès. Il nie ouvertement l’existence l’Holocauste et entretient des liens de longue date avec les néonazis ; il qualifie régulièrement l’État juif de « criminel sioniste israélien raciste » ; et il est connu pour organiser un dîner annuel « amical et familial » commémorant l’anniversaire d’Adolf Hitler.

« Je me présente au Congrès, pas à la Chancellerie d’Allemagne. Très bien, d’accord. Pour moi, l’Holocauste est ce que j’ai dit : c’est un racket international », a-t-il dit au Chicago Sun-Times dans une interview publiée dimanche.

Des manifestants se rassemblent au centre-ville pour protester contre le mouvement d’extrême droite et en hommage aux victimes du rassemblement de la veille à Charlottesville, en Virginie, le 13 août 2017, à Chicago, en Illinois. (Scott Olson/Getty Images/AFP)

Dans une interview accordée en 2012 à un site d’informations locales, le Oak Lawn Patch, il a accusé Israël et le lobby juif américain d’avoir organisé les attentats du 11 septembre et a qualifié l’Holocauste de « mensonge le plus noir de l’histoire » et de « racket international ».

Ses opinions n’ont pas changé. Sur son site web de campagne actuel, il a une page consacrée au « Racket de l’Holocauste », épousant des théories de conspiration antisémite viscérales et qualifiant les Juifs de « vampires criminels assoiffés de sang ».

Pour lui, les Etats-Unis sont engagés dans des « guerres juives » et, d’après son site, l’homme est aussi frontalement anti-gay, puisqu’il considère que les homosexuels cherchent à « déraciner » l’Amérique, « renverser tous les enseignements moraux de la religion chrétienne ».

La Ligue anti-diffamation a condamné et qualifié Jones d’ « antisémite et raciste impénitent », et le Parti républicain tente également de prendre ses distances avec lui.

Arthur Jones (photo credit: ArtJonesforCongress.com)
Arthur Jones (Crédit photo : ArtJonesforCongress.com)

« Le Parti républicain de l’Illinois et notre pays n’ont pas de place pour les nazis comme Arthur Jones. Nous nous opposons fermement à ses positions racistes et à sa candidature à toute fonction publique, y compris le 3e district du Congrès », a déclaré Tim Schneider, président du Parti républicain de l’Illinois, au Sun-Times.

Ancien dirigeant du Parti nazi américain, Jones dirige maintenant un groupe appelé « America First Committee », un hommage au sympathisant nazi et suprématiste blanc Charles Lindbergh, qui était un porte-parole du premier « America First Committee » et avait mené une campagne contre l’entrée des États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale.

Jones a récemment déclaré au Sun-Times qu’il incarnait le groupe de Lindbergh et que « l’adhésion à cette organisation est ouverte à tout citoyen blanc américain d’origine européenne, non-juif ».

La rhétorique de l’extrême droite américaine s’est décomplexée depuis l’élection de Donald Trump, qui a notamment multiplié pendant sa première année de mandat les diatribes anti-immigrés. En août dernier, le président milliardaire avait choqué une partie de l’opinion publique lors de sa condamnation tardive d’un rassemblement de suprématistes blancs en Virginie qui s’était soldé par la mort d’une militante anti-raciste.

Bien que le message d’America First de Lindbergh ait été repris par Donald Trump, Jones a dit dans une vidéo récente, filmée lors d’une retraite néonazie dans le Kentucky, qu’il avait peu de sympathie pour le président américain, qui « s’entourait d’une horde de Juifs dont un juif dans sa propre famille, ce punk nommé Jared Kushner ».

« Je suis désolé d’avoir voté pour ce fils de pute, excusez mon anglais. »

Il a déclaré que les Etats-Unis envoyaient des troupes en guerre au Moyen Orient pour « une raison : Israël » et « le lobby juif… Il n’est qu’une marionnette entre leurs mains… cet idiot qui aime les Juifs. »

Dix mille personnes assistent à ce rassemblement de l’America First Committee dans la région de Chicago en janvier 1941. (William C. Shrout/Getty Images)

Jones n’a pratiquement aucune chance de remporter les élections générales, puisque le 3e district du Congrès de l’Illinois est l’un des plus démocrates de tout l’État.

Mais il y a une possibilité qu’il puisse être exclu du scrutin, ce qui s’est déjà produit dans le passé. En 2016, le Parti républicain de l’Illinois l’a exclu en raison de contestations juridiques de sa liste de signatures de candidature déposée auprès du conseil électoral de l’État.

S’il n’y a pas d’infractions cette année, il sera confronté en novembre soit au représentant Dan Lipinsky, le titulaire démocrate de ce siège, soit à Marie Newman, une candidate concurrente qui a obtenu le soutien de groupes de femmes et de syndicats influents.

Mardi, le porte-parole des républicains, Michael Ahrens, a déclaré au nom du parti que « nous condamnons ce candidat et son discours raciste, dans les termes les plus forts qui soient », dans un e-mail adressé au Times of Israel.

Ahrens n’a pas précisé si le parti donnerait une consigne de vote au cas où aucun autre candidat républicain ne se présentait.

Le président américain Donald Trump et la Maison Blanche n’ont fait aucune déclaration publique quant à cette candidature.

L’AFP a contribué à cet article.

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