Viol sur mineure : Les administrateurs d’un hôtel de quarantaine mis en cause
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Viol sur mineure : Les administrateurs d’un hôtel de quarantaine mis en cause

Yarin Shelf avait eu des relations sexuelles avec une adolescente de 13 ans ; un rapport estime que l'organisation médiocre a contribué à faciliter les faits

Des femmes manifestent pendant le procès du violeur présumé Yarin Sherf à Tel Aviv, le 12 mars 2021. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Des femmes manifestent pendant le procès du violeur présumé Yarin Sherf à Tel Aviv, le 12 mars 2021. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Un rapport rédigé par le ministère des Affaires sociales et consacré au viol présumé d’une mineure par un adulte dans un hôtel de quatorzaine placé sous l’autorité de l’État, dans le cadre de la lutte contre le coronavirus, a conclu que des problèmes de planification, de mise en place et de fonctionnement du site avaient contribué à favoriser cet incident.

Le rapport recommande qu’une action en justice soit entreprise contre l’exploitant de l’hôtel dans ce dossier.

L’hôtel devait servir de site de quarantaine pour les mineurs placés par les services d’aide à l’enfance, ainsi que pour les jeunes adultes sans soutien familial ou vivant dans des logements fournis par l’administration correctionnelle de l’État.

Au début du mois, la cour des magistrats de Tel Aviv a donné son approbation pour que le chef d’accusation de « viol » soit retenu contre Yarin Sherf suite aux relations sexuelles avec une adolescente de 13 ans qui se trouvait dans l’hôtel, au mois de février. Il avait été, jusqu’à présent, mis en examen pour « relations consensuelles interdites » et autres chefs d’inculpation de moindre gravité. L’indignation vive du public avait changé les choses.

Isoler des mineurs et des adultes des deux sexes dans une seule structure et sans séparation a été une « décision erronée », affirme le rapport du ministère publié dimanche.

Ne pas fournir de séparation appropriée entre les sexes et les groupes d’âge comme c’est habituellement le cas dans des programmes correctionnels « a directement contribué au manque de protection [des personnes hébergées], à l’incident grave qui est survenu ainsi qu’à d’autres qui ont été enregistrés rétrospectivement dans ce même cadre », ajoute-t-il.

Même si les pensionnaires de l’hôtel occupaient des étages différents selon leur sexe et selon leur âge, rien ne les empêchait de passer d’un étage à l’autre, et il manquait de caméras de surveillance qui auraient pu couvrir l’ensemble des couloirs.

L’exploitant de l’hôtel n’avait aucune expérience dans la gestion d’une structure de ce type et « certainement pas dans la gestion de structures mises en place en direction des populations marginalisées », continue le rapport.

De plus, les superviseurs, sur le site, n’avaient aucune expérience ni aucune formation pour appréhender correctement la population concernée, ce qui a « contribué aux défaillances », poursuit le rapport.

Il n’y a pas eu de planification suffisante avec les professionnels concernés et les questions complexes liées aux caractéristiques des pensionnaires n’ont pas correctement été prises correctement en considération, note le ministère.

La commission recommande la fermeture de l’hôtel ainsi que des poursuites judiciaires contre le gérant, « qui n’a pas répondu aux obligations mentionnées dans l’accord, qui n’a pas fourni les personnels nécessaires par rapport au nombre d’occupants et qui n’a pas respecté les procédures prédéfinies ».

Il devait y avoir un surveillant pour huit résidents mais, le jour du viol présumé, il y avait dix pensionnaires et un seul superviseur, souligne le rapport.

Yarin Sherf. (Crédit : Facebook)

Sherf, 21 ans, avait été initialement mis en examen par la cour des magistrats de Tel Aviv pour relations sexuelles interdites, harcèlement sexuel, menaces et pour avoir enivré une personne mineure.

Selon la législation israélienne, toute relation sexuelle avec une mineure de moins de 14 ans est considérée comme un viol, même avec ce qu’on appelle son « consentement ». La justice n’avait pas poursuivi l’action judiciaire, car la victime présumée avait dit à Sherf qu’elle avait 14 ans.

La décision du tribunal avait suscité un tollé chez un grand nombre de militants.

Amit Isman, procureur de l’État, avait ensuite annoncé qu’il allait réexaminer le dossier. A l’issue de cette étude, les procureurs avaient conclu qu’une inculpation pour viol était possible.

Selon l’acte de mise en examen, Sherf était arrivé à l’hôtel de quarantaine le 23 février, où il avait rencontré la jeune fille pour la première fois.

Au cours des heures qui avaient suivi, il avait pris contact avec la jeune fille via Instagram. Après l’avoir dans un premier temps invité dans sa chambre, cette dernière lui avait proposé qu’il vienne plutôt la rencontrer dans la sienne. Mais, avant qu’il n’arrive, la jeune fille avait découvert son véritable âge grâce à l’application TikTok, et lui avait dit qu’il était « trop vieux ».

Quand elle lui avait demandé s’il avait vraiment 21 ans, Sherf avait répondu qu’il avait 20 ans, et elle avait affirmé de son côté en avoir 14, selon les procureurs.

Le lendemain, un employé de l’hôtel qui avait vu les deux jeunes gens en train de discuter dans un espace public avait demandé à Sherf de se tenir éloigné de l’adolescente. Le jeune homme s’y était engagé.

Ils avaient toutefois continué à s’envoyer des messages et la jeune fille avait dit à Sherf de venir dans sa chambre – où ils avaient eu des relations sexuelles. Sherf avait giflé l’adolescente quand cette dernière avait refusé de lui faire une fellation, présentant ses excuses alors qu’elle s’insurgeait contre ce comportement.

Quelques heures plus tard, après l’envoi d’une photo d’elle via Instagram, Sherf avait à nouveau proposé à l’adolescente de venir la voir. Elle avait initialement refusé, lui disant vouloir « rester seule », avant de lui ouvrir la porte quand il était arrivé. Ils avaient eu de nouvelles relations sexuelles.

Un employé, qui avait frappé à la porte, avait trouvé Sherf caché dans la salle de bains. Il avait alors signalé les faits à la police.

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