Viorica Dancila en Israël sur fond de polémique autour de l’ambassade
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Viorica Dancila en Israël sur fond de polémique autour de l’ambassade

La Première ministre roumaine a assuré que son gouvernement s'était contenté de lancer une "plate-forme de discussions" sur le projet de transfert

Viorica Dancila (Crédit : Partidul Social Democrat/Creative Commons Attribution 2.0 Generic)
Viorica Dancila (Crédit : Partidul Social Democrat/Creative Commons Attribution 2.0 Generic)

La Première ministre roumaine Viorica Dancila se rend mercredi en Israël pour une visite officielle de deux jours, sur fond de controverse à Bucarest autour du projet du gouvernement de transférer l’ambassade du pays à Jérusalem.

Mme Dancila, membre du parti roumain social-démocrate (PSD), rencontrera notamment son homologue Benjamin Netanyahu, le chef de l’Etat Reuven Rivlin, et visitera le mémorial de l’Holocauste Yad Vashem à Jérusalem, a indiqué mardi son service de presse.

Ce déplacement intervient quelque jours après que le chef du PSD, Liviu Dragnea, a annoncé la « décision » du gouvernement de transférer la représentation diplomatique du pays de Tel-Aviv à Jérusalem, emboîtant le pas aux Etats-Unis et à la reconnaissance controversée par le président américain Donald Trump de Jérusalem comme capitale d’Israël.

Les propos de M. Dragnea ont pris de court le chef de l’Etat de centre droit Klaus Iohannis, qui a vivement protesté et souligné qu’un tel déménagement ne pourrait intervenir qu’à la suite d’un accord entre Israéliens et Palestiniens sur le statut de Jérusalem.

Liviu Dragnea (Crédit : capture d’écran YouTube)

Prise dans le tir croisé entre M. Dragnea, qui joue un rôle déterminant dans la conduite des affaires de l’exécutif, et M. Iohannis, la Première ministre a assuré que son gouvernement s’était contenté de lancer une « plate-forme de discussions » sur le projet de déménagement.

Mais les déclarations de M. Dragnea semblent avoir fait mouche à Tel-Aviv : selon une lettre publiée mardi par les médias roumains, M. Netanyahu a invité le chef du PSD en Israël « vers la fin du mois », se félicitant du soutien de ce dernier au transfert de l’ambassade.

Empêché de prétendre au poste de Premier ministre en raison d’une condamnation à deux ans de prison avec sursis pour fraude électorale et visé par deux autres dossiers de corruption, « M. Dragnea cherche une reconnaissance au niveau international et veut se poser en interlocuteur privilégié d’Israël et des Etats-Unis en Roumanie, espérant décrocher une invitation officielle à Washington », a estimé pour l’AFP l’analyste politique Radu Magdin.

L’homme fort du PSD espère en outre que « les Etats-Unis seront moins critiques à propos des mesures controversées de la majorité » sur la réforme judiciaire, qui, selon leurs détracteurs, menacent l’indépendance des magistrats roumains, a ajouté M. Magdin.

Le président roumain, Klaus Werner Iohannis, fait un geste en arrivant au sommet des dirigeants de l’Union européenne au Conseil européen, à Bruxelles, le 20 octobre 2016. (Crédit : AFP / Thierry Charlier)

L’exécutif est également divisé sur la question de savoir qui entre le président et la Première ministre est compétent pour décider du déménagement de l’ambassade.

Seul pays de l’ancien bloc communiste à avoir maintenu des relations diplomatiques avec Israël après la guerre des Six jours de 1967, la Roumanie du dictateur Nicolae Ceausescu avait également des rapports étroits avec l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) dirigée par Yasser Arafat.

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