Virus : Le Centre national d’information et de connaissance sonne l’alarme
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Virus : Le Centre national d’information et de connaissance sonne l’alarme

Alors qu'il y a encore eu près de 1 500 nouvelles infections jeudi, le groupe de travail a mis en garde contre le début d'une 3e vague, réclamant de nouvelles restrictions

Les habitants de Jérusalem portent le masque dans le centre de la ville, le 3 décembre 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Les habitants de Jérusalem portent le masque dans le centre de la ville, le 3 décembre 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Israël continue ce vendredi à assister à une tendance à la hausse des infections de coronavirus. Le ministère de la Santé a fait savoir que 1 434 nouveaux cas avaient été enregistrés jeudi. Le taux de positivité aux tests est resté par ailleurs le même jeudi que mercredi – à 2,3 %.

Pour sa part, le Centre national d’information et de connaissance – qui travaille sous l’autorité de l’Administration des renseignements militaires en coopération avec le ministère de la Santé – a noté que tous les signes indiquaient que « nous sommes au début d’une troisième vague ».

« Il y a une augmentation claire et constante du nombre de nouveaux cas confirmés – avec plus de 1 000 infections par jour en moyenne hebdomadaire », a-t-il commenté.

Le centre a également noté « une augmentation du taux de positivité au cours des deux dernières semaines ».

Il a par ailleurs expliqué que le nombre de nouveaux cas chez les personnes âgées de 60 ans et plus était en hausse, ce qui risque d’entraîner un plus grand nombre de formes graves de la maladie.

Le groupe de travail a averti « qu’à chaque fois que le taux d’infection actuel se maintiendra pendant 48 heures, il faudra une journée de plein confinement pour revenir à la situation qui était la nôtre ».

La députée Yifat Shasha Biton, à gauche, visite l’unité de coronavirus du centre médical Ziv de Safed, dans le nord d’Israël, le 3 décembre 2020. (Crédit : David Cohen/FLASH90)

Il a recommandé non seulement d’arrêter les levées des restrictions liées au confinement, mais aussi de réfléchir à l’éventuelle réimposition de certaines limitations pour « stopper cette tendance à la hausse et empêcher la perte de contrôle sur la pandémie ».

Selon les données du ministère de la Santé, le nombre total de cas actifs au sein de l’Etat juif était de 11 761 vendredi matin, sur un total de 341 544 cas depuis l’apparition de l’épidémie. Le nombre de formes graves de la maladie est de 287 et 2 891 personnes ont succombé à la COVID-19 depuis le début de la pandémie sur le sol israélien.

Près de 65 000 tests ont été réalisés jeudi.

Le gouvernement a continué, cette semaine, à lever un grand nombre de restrictions qui avaient été mises en place dans le contexte du deuxième confinement qui avait démarré à la mi-septembre. Dimanche, des lycéens ont repris le chemin des classes, quelques semaines après les plus jeunes élèves. Certains centres commerciaux ont eu l’autorisation de rouvrir la semaine dernière, et certains musées ont rouvert également leurs portes mardi dans le cadre d’un programme-pilote.

La docteur Sharon Alroy-Preis, responsable de la division des services de santé publique au ministère de la Santé, a déclaré jeudi qu’elle espérait qu’Israël serait en mesure d’éviter un troisième confinement national.

Des Israéliens portant le masque attendent au Mamilla Mall de Jérusalem, le 1er décembre 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Dans un entretien accordé à la chaîne Kan, Alroy-Preis a noté que le nombre de cas avait été multiplié par trois en quatre semaines.

Le responsable de la lutte contre le coronavirus dans le pays, Nachman Ash, avait exprimé les mêmes inquiétudes mardi, affirmant que l’Etat juif se trouvait en « état d’urgence » en raison du nombre croissant d’infections.

Mercredi, un rapport établi par le centre de crise du coronavirus, dépendant du Conseil de sécurité national, a fait savoir que le nombre de reproduction de base du virus – le nombre moyen de personnes contaminées par chaque porteur de la COVID-19 – était de 1,19 dans tout le pays, soit le double d’il y a un mois.

Un nombre de reproduction de base – il est connu également sous le nom de R0 – passant au dessus de 1 indique que le taux de propagation de la pandémie au sein de la population augmente. Le ministère de la Santé avait établi un R0 à 0,8 comme pré-requis indispensable à la sortie du confinement de l’automne. Fin octobre, il était passé à environ 0,7 suite aux limitations induites. Il n’a cessé de grimper progressivement depuis.

Des informations ont largement fait savoir jeudi qu’Israël allait recevoir jusqu’à quatre millions de doses du vaccin contre le coronavirus mis en place par Pfizer d’ici la fin du mois – ce qui permettra de vacciner deux millions de personnes.

Le ministère de la Santé aiderait les caisses médicales à se préparer à la possibilité de vacciner environ 80 000 Israéliens chaque jour. Dans ce cas, jusqu’à un cinquième de la population israélienne pourrait être immunisée contre le coronavirus au cours du mois de janvier – une projection beaucoup plus optimiste que cela n’avait été anticipé.

Un technicien de laboratoire trie des échantillons sanguins en vue d’une étude de vaccination à la COVID-19 aux Centres de recherche d’Amérique à Hollywood, en Floride, le 13 août 2020. (Crédit : Chandan Khanna/AFP)

Les vaccins pourraient commencer à arriver dès la semaine prochaine, même s’ils pourraient ne pas être utilisés dans l’immédiat dans la mesure où ils n’ont pas encore été approuvés par la FDA (Food and Drug Administration), a indiqué la Douzième chaîne.

Les responsables de la Santé ont averti que les vaccins n’apporteront probablement pas une solution rapide à la pandémie et que les restrictions appliquées actuellement sur le public pourraient rester en place pendant un certain temps, comme la nécessité de respecter la distanciation sociale, l’obligation du port du masque et d’autres pratiques de sûreté.

Mercredi matin, le ministre-adjoint de la Santé, Yoav Kisch, a expliqué que les responsables songeaient à imposer un couvre-feu nocturne pour dissuader les visites familiales pendant Hanoukka et Noël, dans ce contexte d’augmentation continue des nouvelles infections.

Ses propos ont suivi la mise en garde d’Alroy Preis, qui a expliqué que l’Etat juif était entré dans une troisième vague épidémique et que les taux de contamination croissants allaient encore grimper davantage. Alroy Preis a qualifié les chiffres de la maladie de « très inquiétants ».

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