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Visite de Biden en Israël : « Approfondir l’intégration régionale d’Israël »

Pour le président américain, l’Arabie saoudite n’est pas au cœur de son déplacement, même s’il assistera à un sommet ; il n'a fait aucune mention de la question palestinienne

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Le président des États-Unis, Joe Biden, prend la parole lors d’une conférence de presse, le dernier jour du sommet de l’OTAN à Madrid, le jeudi 30 juin 2022. (Crédit : AP Photo/Susan Walsh)
Le président des États-Unis, Joe Biden, prend la parole lors d’une conférence de presse, le dernier jour du sommet de l’OTAN à Madrid, le jeudi 30 juin 2022. (Crédit : AP Photo/Susan Walsh)

Le président américain Joe Biden a déclaré jeudi que l’un des objectifs de son prochain voyage au Moyen-Orient était « d’approfondir l’intégration régionale d’Israël ».

« Je pense que nous allons être en mesure de le faire, ce qui est une excellente chose, à la fois pour la paix et pour la sécurité d’Israël », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse en marge d’un sommet de l’OTAN en Espagne.

« C’est la raison pour laquelle les dirigeants israéliens ont si ardemment souhaité mon déplacement en Arabie saoudite », a ajouté Biden, révélant publiquement le lobbying de Jérusalem pour qu’il se rende à Jeddah, en dépit de l’appréhension de certains membres de son parti quant au bilan du royaume du Golfe en matière de droits de l’homme.

Biden se rendra en Israël et en Cisjordanie les 13 et 14 juillet, avant de se rendre en Arabie saoudite, où il participera pendant deux jours au sommet annuel du CCG+3 avec les dirigeants des Émirats arabes unis, de Bahreïn, du Koweït, d’Oman et du Qatar, en plus de l’Égypte, de l’Irak et de la Jordanie.

Israël a souhaité normaliser ses relations avec l’Arabie saoudite, considérant cette première étape avec le royaume du Golfe comme un préalable essentiel à une intégration plus large dans la région. Le pays a ainsi pressé les responsables de l’administration américaine d’assouplir leur position envers Riyad, malgré le rôle probable du prince héritier Mohammed ben Salman dans le meurtre du journaliste américain Jamal Khashoggi. Jérusalem a adopté une approche similaire dans son lobbying pour l’amélioration des relations entre les États-Unis et l’Égypte, malgré le bilan du Caire en matière de droits de l’homme.

Biden n’a pas précisé de quelle manière son déplacement renforcerait l’intégration régionale d’Israël, mais Axios a indiqué mercredi que les États-Unis étaient sur le point de conclure un accord organisant le transfert de souveraineté de l’Égypte à l’Arabie saoudite de deux îles situées en mer Rouge. En vertu de cet accord, Riyad s’acheminera vers la normalisation de ses relations avec Israël, dont le consentement est requis pour l’adoption de l’accord.

Biden a insisté jeudi sur le fait que le déplacement qu’il s’apprêtait à effectuer en Israël était « très important » et qu’il « consacrait le lien indéfectible qui unit Israël et les États-Unis ».

Le président n’a fait aucune mention des Palestiniens dans sa réponse à la question d’un journaliste sur ce déplacement.

S’il y a eu bien des spéculations en Israël sur un possible report du déplacement de Biden, compte tenu des bouleversements politiques à Jérusalem, la Maison Blanche a affirmé très tôt que de telles considérations n’entraient aucunement en ligne de compte. Les États-Unis s’attendaient à ce que Naftali Bennett soit encore Premier ministre à l’arrivée de Biden dans deux semaines, mais ils s’adapteront aux circonstances qui vont porter Yair Lapid au poste de Premier ministre dès ce vendredi.

La décision de Biden de se rendre en Arabie saoudite en a fait sourciller plus d’un, compte tenu de sa promesse de campagne de traiter Riyad comme un « paria » en raison de son bilan en matière de droits de l’homme. Mais avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie et le recul de la pandémie qui a renchéri les prix du pétrole comme jamais, le président a su faire évoluer son approche afin de garantir une meilleure coopération d’un allié clé au Moyen-Orient.

Le président américain Joe Biden serre la main du Premier ministre israélien Naftali Bennett lors de leur rencontre dans le bureau ovale de la Maison Blanche, le 27 août 2021, à Washington. (Crédit : AP Photo/Evan Vucci)

Néanmoins, il a fait en sorte de souligner que sa décision d’aller à Jeddah était le fruit de circonstances. « Certes, le Sommet a lieu en Arabie saoudite, mais il ne s’agit pas d’une visite officielle en Arabie saoudite », a-t-il déclaré.

Biden a également précisé qu’il ne chercherait pas à faire pression sur Riyad pour qu’il augmente sa production de pétrole afin de compenser la hausse des prix du gaz aux États-Unis. « J’ai expliqué que je pensais qu’ils devraient augmenter leur production de pétrole, à titre général, pas les Saoudiens en particulier », a-t-il souligné.

Biden a confirmé qu’il « verrait » le prince saoudien Mohammed ben Salman, mais seulement dans le cadre de la réunion du CCG+3. Il s’entretiendra en revanche en tête-à-tête avec le roi Salman.

« Nous allons faire notre possible pour tenter de limiter le nombre de morts occasionnés par la guerre qui fait rage au Yémen », a-t-il ajouté. « Il y a bien d’autres sujets qui dépassent la seule question de l’Arabie saoudite. »

« Ils nourrissent de réelles inquiétudes sur ce qui se passe en Iran et ailleurs, sur le plan de la sécurité », a ajouté Biden.

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