Visite de Pence : Une journaliste veut poursuivre le rabbin du mur Occidental
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Visite de Pence : Une journaliste veut poursuivre le rabbin du mur Occidental

Tal Schneider, soutenue par Globes affirme que les journalistes femmes ont été "envoyées au fond" lors de la visite du vice-président américain

Des femmes journalistes couvrant la visite de Mike Pence au mur Occidental, le mardi 23 janvier 2018 ; Tal Schneider est à gauche (Michael Lipin / Twitter, via JTA)
Des femmes journalistes couvrant la visite de Mike Pence au mur Occidental, le mardi 23 janvier 2018 ; Tal Schneider est à gauche (Michael Lipin / Twitter, via JTA)

Une journaliste israélienne a déclaré ce mercredi qu’elle allait faire comparaître devant le tribunal le rabbin Shmuel Rabinovich, après que des journalistes femmes ont été séparées de leurs collègues masculins lors de la visite du vice-président américain Mike Pence. Elles ont en effet été conduites dans une zone séparée et clôturée et disposaient d’une visibilité limitée.

Tal Schneider, journaliste pour le quotidien économique Globes, a déclaré à la radio 103fm : « J’ai l’intention de poursuivre le rabbin du Mur occidental et Globes me soutient à ce sujet. »

« Nous lui enverrons d’abord une lettre d’avertissement et verrons comment il réagit, puis nous irons au tribunal si nécessaire, car il nous semble déraisonnable que les journalistes hommes et femmes soient traités différemment lorsqu’ils travaillent », a-t-elle déclaré.

Le vice-président américain Mike Pence lors de sa visite au mur Occidental de Jérusalem, le 23 janvier 2018 (AFP PHOTO / Thomas COEX)

Le mur Occidental, situé dans la Vieille Ville de Jérusalem et site le plus sacré où les Juifs peuvent prier, est gouverné par l’establishment juif ultra-orthodoxe et les femmes et les hommes disposent de zones d’accès séparées et adjacentes.

La règle a été appliquée pour les journalistes réunis pour couvrir la visite de Pence, forçant effectivement les femmes à se tenir derrière les hommes, leur fournissant ainsi un accès plus restreint.

Le podium érigé à l’intention des journalistes comportait une barrière entre les côtés masculin et féminin, les femmes journalistes étant obligées de se tenir derrière. Après des plaintes, une bâche couvrant le podium a été retirée, permettant ainsi aux femmes de se mettre debout sur des chaises afin de mieux voir.

Des femmes journalistes présentes sur place ont réagi sur Twitter à propos de cette séparation en utilisant le hashtag #PenceFence (#PenceBarrière).

La Fondation de l’héritage du mur Occidental a déclaré mardi à la Dixième chaîne qu’elle s’était efforcée d’accorder une « accessibilité maximale » aux journalistes des deux sexes et a déclaré qu’elle « rejetait toute tentative visant à détourner la discussion de la visite importante et émouvante du vice-président américain et de sa femme au mur Occidental ».

Schneider a fait valoir que, lors de la visite du président américain Donald Trump au même endroit, tous les journalistes avaient reçu les mêmes consignes – les femmes devaient se tenir à l’écart des hommes mais bénéficiaient d’une visibilité et d’un accès similaires.

En revanche, selon elle, lors de l’événement de mardi, elle s’est sentie comme une citoyenne de seconde classe, avec « les femmes envoyées au fond, ceci ressemblant à des scènes du passé ».

Pence, dont la visite au mur Occidental a duré dix minutes, a lu une courte prière du livre des Psaumes, a placé un papier dans le mur et a posé sa main sur les vieilles pierres. Il a ensuite signé le livre d’or du mur avant de repartir.

« Avoir prié dans ce lieu sacré est un grand honneur. Que Dieu bénisse le peuple juif et que Dieu bénisse pour toujours l’Etat d’Israël », a-t-il écrit.

Mike Pence au mur Occidental, le 23 janvier 2018 (Crédit : Thomas Coex/AFP)
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