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« Vivre » : Un livre sur les récits de vie d’adolescents juifs de 1930

Le dessinateur Ken Krimstein sort en français un livre de récits illustrés d'adolescents juifs de Vilnius datant d'avant la Shoah

Le Yidisher Visnshaftlekher Institut (YIVO), centre d’études de l’histoire, de la culture et de la langue yiddish, a été créé en 1925 à Berlin et installé à Wilno (Vilnius), alors en Pologne, aujourd’hui en Lituanie. En 1932, le département de recherche sur la jeunesse du YIVO a lancé un concours d’écriture d’autobiographies pour des jeunes âgés de 13 à 21 ans.

« Ne croyez pas que seul un individu ayant vécu des expériences extraordinaires peut participer, ne croyez pas que les petites choses sont sans importance, et par-dessus tout, n’essayez pas de rendre vos autobiographies ‘plus intéressantes’ en inventant des évènements ou en utilisant un langage fleuri », indiquaient les règles du concours, qui appelait ainsi les jeunes à regarder leur vie quotidienne avec un regard curieux, authentique, sincère et nouveau.

Le projet se voyait comme une étude ethnographique, pour que la jeunesse juive de l’époque définisse un nouveau monde juif.

Alors que la remise du prix était prévue le 1er septembre 1939, les nazis ont envahi la Pologne ce jour-là. Contraints par les nazis de remettre tous récits en langue yiddish, les documentalistes du YIVO ont résisté et les archives ont été cachées des nazis, puis plus tard des Soviétiques.

Les récits des jeunes participants au concours ont donc été oubliés dans les affres de l’histoire, perdus, puis finalement retrouvés dans le sous-sol d’une église de Vilnius en 2017. Symbolisants un monde perdu, ils représentent des témoignages uniques de la vie de ces jeunes juifs confrontés à la Shoah quelques années après leur rédaction.

Peu après que ces autobiographies d’adolescents écrites sur des cahiers d’écolier entre 1932 et 1939 ont été retrouvées, Ken Krimstein, dessinateur pour le New Yorker et le Wall Street Journal, les découvre à la Bibliothèque nationale de Vilnius. Il décide alors d’en illustrer six d’entre elles, dans un album publié en anglais en 2021 : « Des récits de vie sans fard, racontés par des adolescents yiddish anonymes au regard tourné vers l’avenir, un avenir que personne n’aurait pu prédire, et que personne n’arrive encore à concevoir entièrement : l’annihilation complète et irrévocable de la yiddishuanie, de ses villes, ses histoires, ses trésors, de sa langue et de son peuple. »

Cet album, Vivre, sort en France le 11 janvier aux éditions Christian Bourgois, avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah et avec une préface de l’historienne Annette Wieviorka.

« L’œuvre de Ken Krimstein s’inscrit dans une triple histoire, celle du Yiddishland englouti par les nazis, celle du YIVO, l’institut historique juif fondé à Vilnius en 1925, celle de l’histoire dont une partie des archives est parvenue jusqu’à nous », explique-t-elle.

À la parution de l’album original en 2021, le fils d’une adolescente qui avait participé au concours a contacté Kim Krimstein pour lui indiquer que sa mère, Beba Epstein, avait survécu.

Kim Krimstein avait publié auparavant les Trois Vies de Hannah Arendt.

La Maison de la culture yiddish (29, rue du Château-d’Eau, Paris) accueillera l’auteur et Annette Wieviorka le 11 janvier à 19h30 pour une rencontre avec le public (inscription nécessaire).

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