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Vote libre sur l’interdiction du drapeau palestinien dans les institutions publiques

La commission des Lois a accordé aux élus de la coalition la liberté de voter comme ils l'entendent lorsque la proposition de loi sera soumise à la Knesset mercredi

Étudiants israéliens et pro-palestiniens manifestant à l’Université Ben-Gurion de Beer Sheva, le 23 mai 2022. (Crédit : Emanuel Fabian/Times of Israel)
Étudiants israéliens et pro-palestiniens manifestant à l’Université Ben-Gurion de Beer Sheva, le 23 mai 2022. (Crédit : Emanuel Fabian/Times of Israel)

Les ministres ont décidé dimanche que les législateurs pourront voter en leur âme et conscience sur une proposition de loi controversée qui rendrait illégal le déploiement de drapeaux ennemis – dont le drapeau palestinien – dans les universités ou les institutions gouvernementales.

La commission des Lois a décidé d’accorder aux législateurs de la coalition la liberté de voter comme ils l’entendent lorsque la proposition de loi sera soumise à une lecture en plénière à la Knesset mercredi. En règle générale, les députés de la coalition sont censés faire preuve de discipline lors des votes et s’aligner à une consigne de vote.

Selon le député Eli Cohen, du parti d’opposition Likud, qui a parrainé le projet de loi, « l’hypocrisie et l’incitation de certains arabes Israéliens doivent cesser. Ils veulent profiter du budget de l’État d’Israël et en même temps défier l’État d’Israël et porter atteinte à sa souveraineté. »

« D’ailleurs, toute personne qui se considère comme palestinienne recevra de notre part toute l’aide dont elle a besoin, à savoir, un aller simple à Gaza », a ajouté Cohen.

Selon des fuites provenant de la réunion des ministres pendant le débat sur la proposition de loi, le ministre du Logement et de la Construction Zeev Elkin (Tikva Hadasha) s’est heurté au ministre de l’Environnement Tamar Zandberg (Meretz), après que cette dernière a déclaré que le fait de brandir des drapeaux ne dérange personne.

« Cela dérange profondément les étudiants et les familles endeuillées dont les membres ont été assassinés, sans compter que l’Autorité palestinienne continue de verser un salaire énorme à ces assassins », a fait remarquer Elkin.

Bien que les drapeaux palestiniens aient parfois été interdits ou confisqués par la police, ils ne sont pas illégaux. Cette initiative législative, intervenue dans un contexte de tensions accrues peu avant la Marche des drapeaux de Yom Yeroushalayim, fait suite aux critiques adressées à l’université Ben Gurion du Néguev après que des drapeaux palestiniens ont été déployés lors d’un récent rassemblement à l’université de Beer Sheva.

Le député Eli Cohen parlant à un journaliste lors d’une réunion spéciale à la municipalité de Jérusalem, le 29 mai 2022. (Crédit: Screengrab/Twitter)

Le Likud, parti du leader de l’opposition Benjamin Netanyahu, a déclaré que les drapeaux flottaient « au cœur de Beer Sheva » en raison du « gouvernement faible et frauduleux » du Premier ministre Naftali Bennett et du ministre des Affaires Étrangères Yair Lapid. »

Répondant aux critiques, l’université a noté dans un communiqué que les événements ont montré que les étudiants des différents segments de la société israélienne sur le campus ont pu « avoir des opinions et des points de vue différents ».

Les universités ne seront pas les seules institutions concernées par la proposition de loi, qui vise toute institution financée par l’État, telles que les institutions culturelles entre autres.

Par le passé, le gouvernement a ciblé des institutions qui reçoivent des fonds publics du fait de ce qu’il perçoit comme un manque de loyauté envers l’État.

En 2018, un projet de loi mené par la ministre de la Culture de l’époque, Miri Regev, aurait permis au ministre de la Culture de retirer le financement des institutions financées par l’État qui organisent des événements qui rejettent Israël en tant qu’État juif et démocratique, ou qui sont perçus comme soutenant des groupes terroristes et des ennemis du pays. Le projet de loi a été mis en attente car le gouvernement de l’époque n’a pas pu réunir les votes nécessaires à son adoption.

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