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Washington appelle Netanyahu à arrêter « une occupation vieille de 50 ans »

Denis McDonough, secrétaire général de la Maison Blanche, a aussi dénoncé des déclarations électorales "troublantes" du Premier ministre

Denis McDonough à la conférence de JStreet - 23 mars 2015 (Crédit : capture d'écran)
Denis McDonough à la conférence de JStreet - 23 mars 2015 (Crédit : capture d'écran)

La Maison Blanche a appelé lundi à mettre fin à une « occupation qui dure près de 50 ans », martelant son attachement à une solution à deux Etats, israélien et palestinien, et dénonçant une nouvelle fois les propos du Premier ministre Benjamin Netanyahu sur le sujet.

« Nous ne pouvons simplement pas faire comme si ces propos n’avaient jamais été prononcés ou ne soulevaient pas des questions sur l’engagement du Premier ministre à atteindre la paix à travers des négociations directes », a déclaré Denis McDonough, secrétaire général de la Maison Blanche, évoquant les déclarations « troublantes » de M. Netanyahu.

« Les Etats-Unis ne cesseront jamais de travailler en faveur d’une solution à deux Etats », a-t-il poursuivi, jugeant, lors d’un discours à Washington devant l’organisation JStreet, qu’il fallait « mettre fin à une occupation qui a duré près de 50 ans ».

Après la large victoire de son parti à l’issue des élections du 17 mars, M. Netanyahu a changé de discours, assurant, dans de nombreuses interviews accordées à des médias américains, qu’il n’était en réalité pas opposé à l’idée d’un Etat palestinien coexistant avec Israël.

Mais cette volte-face n’a pas convaincu la Maison Blanche qui a annoncé son intention de réévaluer sa position vis-à-vis d’Israël à l’ONU, où les Etats-Unis lui apportent traditionnellement un soutien indéfectible.

Dénonçant avec force les « propos contradictoires » de M. Netanyahu, M. McDonough, qui travaille aux côtés de M. Obama depuis plus de dix ans, a souligné que les Palestiniens devaient « avoir le droit de vivre dans un Etat souverain et de se gouverner eux-mêmes ».

« Les enfants palestiniens méritent le même droit d’être libres sur leurs terres que les enfants israéliens sur les leurs », a-t-il poursuivi, appelant le prochain gouvernement israélien à démontrer, avec des actes et pas seulement des mots, un « engagement sincère » envers une solution à deux Etats.

« Peu importe qui dirige Israël, l’engagement de l’Amérique pour la sécurité d’Israël sera toujours de mise », a déclaré McDonough.

« Nous ne pouvons pas simplement prétendre que ces commentaires n’ont jamais été prononcés, » a proclamé McDonough, recevant une ovation de quelque 3 000 personnes.

McDonough n’a pas cependant abordé la première condition préalable que Netanyahu a précisée plus tôt cette semaine pour un Etat palestinien – à savoir que l’Autorité palestinienne renonce à son alliance avec le groupe terroriste du Hamas.

McDonough a nié que le fondement des relations israélo-américaines s’appuie sur une mauvaise alchimie entre Obama et Netanyahu.

« Rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité », a-t-il dit, soutenant plutôt qu’il provient du fait que « l’engagement de l’Amérique à une solution à deux Etats est fondamental pour la politique étrangère américaine. »

« Nous demanderons au prochain gouvernement israélien de traduire ses paroles en action et en politiques qui démontrent un engagement pour une solution à deux Etats », a déclaré McDonough.

McDonough a déclaré que « à la fin, nous savons ce à quoi un accord de paix devrait ressembler, » y compris les frontières sur la base des lignes de 1967 qui seront « sûres et reconnues » et qui garantissent la sécurité d’Israël.

« Au final, nous savons ce à quoi un accord de paix devrait ressembler – les frontières devraient être fondées sur les lignes de 1967, et contenir de solides dispositions qui garantissent la sécurité d’Israël. »

Le secrétaire général de la Maison Blanche n’a fait aucune allusion aux excuses publiques présentées lundi par M. Netanyahu pour avoir dénoncé le « danger » de la mobilisation massive des Arabes israéliens lors des élections législatives.

Le jour même du vote, ce dernier avait posté une vidéo alarmiste sur sa page Facebook. « Le pouvoir de la droite est en danger. Les électeurs arabes se rendent en masse vers les bureaux de vote », y disait-il.

Le président américain Barack Obama a vivement critiqué ces propos, soulignant que la démocratie reposait « sur le principe d’un traitement équitable et juste pour chacun ».

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