Washington peut bloquer la vente de F-35 si Ankara achète des missiles russes
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Washington peut bloquer la vente de F-35 si Ankara achète des missiles russes

Une loi américaine, qui interdit de conclure des contrats avec plusieurs sociétés d'armement russes, prévoit des sanctions

Illustration : Les deux premiers avions de combat furtifs F-35 israéliens lors de leur vol inaugural pour l'armée de l'air israélienne, le 13 décembre 2016 (Forces de défense israéliennes)
Illustration : Les deux premiers avions de combat furtifs F-35 israéliens lors de leur vol inaugural pour l'armée de l'air israélienne, le 13 décembre 2016 (Forces de défense israéliennes)

La vente controversée d’avions de combat furtifs F-35 par les Etats-Unis à la Turquie, dont le premier vient d’être livré, peut encore être bloquée si Ankara confirme sa volonté d’acheter un système de défense anti-aérien russe, a déclaré mercredi un haut responsable américain.

« C’est une affaire très sérieuse », a affirmé Wess Mitchell, chargé des relations avec l’Europe et l’Otan au département d’Etat américain, lors d’une audition parlementaire.

« Nous avons clairement dit à plusieurs reprises au plus haut niveau du gouvernement turc qu’il y aura des conséquences » si la Turquie confirme l’acquisition de systèmes de défense antiaérienne russes S-400, a-t-il ajouté.

Les représailles seraient d’abord des sanctions, comme prévu par une loi américaine qui interdit de conclure des contrats avec plusieurs sociétés d’armement russes, a prévenu Wess Mitchell.

Mais il a aussi dit qu’ « une acquisition de S-400 aurait inévitablement des conséquences sur l’avenir de la coopération militaro-industrielle turque avec les Etats-Unis, y compris concernant les F-35 ». « Nous avons été on ne peut plus clairs, en privé comme en public : une décision sur les S-400 changera les relations américano-turques de manière difficilement remédiable », a-t-il martelé.

Les Etats-Unis ont livré la semaine dernière leur premier F-35 à la Turquie, malgré les tensions croissantes avec ce pays membre de l’Otan et l’opposition du Sénat américain. Un deuxième avion, bijou de technologie censé échapper aux radars les plus perfectionnés, doit être remis prochainement par son constructeur, le groupe de défense américain Lockheed Martin.

Mais ces appareils vont dans un premier temps rester en Arizona, aux Etats-Unis, pendant toute la formation des pilotes turcs, un processus qui peut prendre un à deux ans selon le Pentagone.

« Les Etats-Unis restent en possession de l’avion jusqu’à son transfert qui intervient normalement après un long processus de formation », a expliqué Wess Mitchell, jugeant que Washington peut encore juridiquement mettre fin à la transaction, notamment en lien avec « des préoccupations de sécurité nationale ».

« Cela joue à notre avantage, car cela nous donne plus de temps pour continuer à faire pression » sur la Turquie pour qu’elle n’achète pas le système russe « avant de devoir prendre une décision définitive sur les F-35 », a ajouté le diplomate.

Le Sénat américain s’est opposé à la livraison des F-35 et exige effectivement que la vente de ces appareils soit annulée si Ankara mène à son terme la procédure d’achat des S-400 russes, conformément à un contrat signé le 12 septembre.

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