Washington réclame à l’ONU le retrait d’un rapport accusant Israël d’apartheid
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Washington réclame à l’ONU le retrait d’un rapport accusant Israël d’apartheid

"Qu'une propagande à ce point anti-israélienne émane d'une organisation dont la quasi-totalité des membres ne reconnaissent pas Israël n'est pas surprenant", a relevé Nikki Haley

L'ambassadrice américaine aux Nations unies, Nikki Haley, au Conseil de Sécurité à New York, le 21 février 2017. (Crédit : Kena Betancur/AFP)
L'ambassadrice américaine aux Nations unies, Nikki Haley, au Conseil de Sécurité à New York, le 21 février 2017. (Crédit : Kena Betancur/AFP)

Les Etats-Unis ont réclamé mercredi le retrait d’un rapport onusien accusant Israël d’imposer aux Palestiniens des conditions pouvant s’apparenter au régime d’apartheid.

Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres avait pris ses distances face à ce rapport émanant de la Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale (CESAO), mais l’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU l’a exhorté à envoyer le texte au rebut.

« Les Etats-Unis sont outrés par ce rapport », a indiqué Nikki Haley dans un communiqué. « Le secrétariat des Nations unies a eu raison de prendre ses distances à son propos, mais il devrait aller plus loin en retirant complètement le rapport ».

Le texte conclut que « les éléments disponibles établissent au-delà du doute raisonnable qu’Israël est coupable de politiques et de pratiques constitutives du crime d’apartheid ».

Basée à Beyrouth, la CESAO est composée de dix-huit pays arabes, dont l’Etat de Palestine comme un membre à part entière, selon son site internet. Elle oeuvre à renforcer la coopération et à promouvoir le développement.

Le porte-parole de l’ONU Stéphane Dujarric a indiqué que « le rapport en l’état ne reflète pas les positions du secrétaire général », précisant qu’il avait été rédigé sans consultations avec le secrétariat de l’organisation internationale.

Richard Falk, un ancien Rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits de l’homme dans les Territoires palestiniens, est l’un des auteurs du texte controversé.

Richard Falk has been removed from a local committee of Human Rights Watch. (YouTube screenshot)
Richard Falk (YouTube screenshot)

« Qu’une propagande à ce point anti-israélienne émane d’une organisation dont la quasi-totalité des membres ne reconnaissent pas Israël n’est pas surprenant », a relevé Mme Haley, présentant M. Falk comme un « homme qui a de manière répétée fait des commentaires biaisés et très offensants concernant Israël et épousé de ridicules théories du complot ».

Elle a également accusé les Nations unies d’être partiales envers Israël et s’est engagée, en tant que représentante du président américain Donald Trump, à défendre Israël bec et ongles au sein de l’organisation.

L’ambassadeur d’Israël Danny Danon a aussi condamné le rapport, qu’il a considéré comme « une tentative de calomnier et de mal cataloguer la seule vraie démocratie du Proche-Orient en créant une analogie mensongère ».

L'ambassadeur israélien à l'ONU Danny Danon lors d'une conférence anti-BDS au siège des Nations Unies à New York, le 17 novembre 2016. (Crédit : Harel Rintzler)
L’ambassadeur israélien à l’ONU Danny Danon lors d’une conférence anti-BDS au siège des Nations Unies à New York, le 17 novembre 2016. (Crédit : Harel Rintzler)

Le rapport a relevé que les Palestiniens étaient soumis à une « fragmentation stratégique » permettant à Israël d’imposer une « domination raciale » avec des lois différentes en fonction des régions.

« Israël est coupable d’imposer un régime d’apartheid au peuple palestinien, ce qui correspond à la commission d’un crime contre l’humanité », a-t-il poursuivi.

La semaine prochaine, le Conseil de sécurité doit entendre le premier compte-rendu sur la mise en oeuvre de la résolution 2334 adoptée fin décembre demandant la fin des constructions d’implantations israéliennes en Territoires palestiniens.

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