Yaalon empêche l’ONG Breaking the silence d’attirer des soldats
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Yaalon empêche l’ONG Breaking the silence d’attirer des soldats

Le ministre de la Défense déclare que l'organisation a « des motifs malveillants », dénonce « l’hypocrisie et la propagande mensongère »

Marissa Newman est la correspondante politique du Times of Israël

Le ministre de la Défense Moshé Yaalon arrive à la réunion hebdomadaire du cabinet, au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 13 décembre 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre de la Défense Moshé Yaalon arrive à la réunion hebdomadaire du cabinet, au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 13 décembre 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre de la défense Moshe Yaalon a accusé dimanche soir l’ONG Breaking the silence, affirmant que l’organisation – dont les documents décrivent des abus présumés par des soldats israéliens contre des Palestiniens – a des « motifs malveillants ».

Yaalon a déclaré qu’il avait interdit à l’organisation de gauche d’assister à un évènement où seraient présents des soldats israéliens, et que des tentatives pour travailler avec l’organisation pour enquêter et vérifier leurs affirmations de mauvaise conduite ont conclu que les accusations contre les militaires n’avaient pas de base solide.

Parlant des tentatives de « diffamer » les soldats israéliens à l’étranger, Yaalon a décrié sur Facebook « l’hypocrisie et la propagande mensongère contre les soldats de l’armée israélienne et l’Etat d’Israël, qui font partie de la campagne de délégitimation menée contre nous ».

« J’ai donc demandé que les membres de Breaking the silence soient interdits de tout évènement avec l’armée israélienne », a-t-il déclaré.

Si Breaking the silence était vraiment inquiet de la conduite de l’armée israélienne, il « travaillerait directement avec l’armée, au lieu de diffamer nos soldats à l’étranger, a continué le ministre. Dans le passé, il y a eu des tentatives pour enquêter sur les incidents pointés par les membres de Breaking the silence, mais ils se sont trouvés sans base solide ».

Avec le temps, « il devient clair que cette organisation opère pour des motifs malveillants », a-t-il ajouté.

La condamnation de Yaalon survient au lendemain d’un tollé public causé par des militants de droite à propos du discours du président Reuven Rivlin à la conférence Haaretz à New York, à laquelle des membres de Breaking the silence devaient aussi participer.

Des douzaines de réservistes de l’armée israélienne se sont rassemblés dimanche devant la résidence de Rivlin pour protester contre sa participation à la conférence.

Photo illustrative d'un soldat de Tsahal, le 2 mars 2015 (Crédit photo: Porte-parole de Tsahal)
Photo illustrative d’un soldat de Tsahal, le 2 mars 2015 (Crédit photo: Porte-parole de Tsahal)

Rivlien a plus tard écrit sur Facebook qu’il n’assisterait jamais à un évènement officiel de Breaking the silence, ou ne s’assoirait avec ses représentants. Dans son discours à la conférence de New York, le président a défendu l’armée israélienne.

« De temps en temps, ce qui est évident doit être dit. Particulièrement en ce moment, quand nous faisons face à un combat dangereux et difficile contre le terrorisme. L’armée israélienne fait tout ce qui est en son pouvoir pour maintenir les plus hauts standards moraux possibles, même dans des conditions impossibles, et plus qu’aucune autre armée dans le monde. C’est vrai de ses commandants, de ses soldats. Pour cela, nous sommes très fiers d’eux, et leur devons tout notre soutien et notre appréciation », a-t-il déclaré.

Breaking the silence est une organisation dont les membres sont des anciens combattants de l’armée israélienne qui ont rapporté, majoritairement de manière anonyme, des abus présumés dont ils ont été témoins ou auxquels ils ont pris part pendant leur service militaire en Cisjordanie ou dans la bande de Gaza.

Depuis que l’ONG a été créée en 2004, elle a régulièrement croisé le fer avec le gratin militaire et politique israélien, qui dénonce régulièrement ses activités qui nuisent à l’image d’Israël à l’étranger.

Dimanche soir, au milieu des critiques sur le discours de Rivlin, l’organisation a accusé la droite d’une « campagne de silence ».

En mai, Breaking the silence avait irrité les institutions militaires en publiant un rapport accusant l’armée d’avoir causé un nombre sans précédent de pertes civiles par un usage non discriminant de la force pendant l’opération Bordure protectrice. L’armée a répondu au rapport de l’organisation en déclarant qu’elle « s’engageait à enquêter correctement » sur toutes les plaintes contre elle, mais a aussi prévenu que les méthodes de Breaking the silence pour rassembler des preuves étaient incorrectes.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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