Yémen: le gouvernement payera les fonctionnaires à Hodeida sous contrôle rebelle
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Yémen: le gouvernement payera les fonctionnaires à Hodeida sous contrôle rebelle

"La décision du président est un pas important pour améliorer l'économie du pays et atténuer les souffrances du peuple yéménite", a indiqué le bureau de l'envoyé de l'ONU au Yémen

Abd Rabbo Mansour Hadi, président du Yémen. (Crédit : domaine public)
Abd Rabbo Mansour Hadi, président du Yémen. (Crédit : domaine public)

Les Nations unies ont salué vendredi la décision du président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi de payer les salaires des fonctionnaires à Hodeida, ville de l’ouest du pays sous contrôle rebelle.

Un cessez-le feu sous l’égide de l’ONU est entré en vigueur le 18 décembre dans cette ville portuaire par où transite l’essentiel de l’aide humanitaire au Yémen.

Pour consolider cette trêve encore fragile, des observateurs de l’ONU dirigés par le général néerlandais à la retraite Patrick Cammaert, se trouvent depuis dimanche à Hodeida.

Un correspondant de l’AFP a rapporté des bruits de tirs tôt vendredi dans le sud de la ville.

Le président Hadi a ordonné jeudi à son gouvernement de « payer les salaires de tous les fonctionnaires dans la province de Hodeida, à partir de décembre », selon l’agence de presse Saba.

Des forces yéménites progouvernementales
sur une autoroute à l’est de Hodeida pour reprendre contrôle de la ville, aux mains des Houthis, le 8 novembre 2018. (Crédit : Khaled Ziad / AFP)

« La décision du président Hadi est un pas important pour améliorer l’économie du pays et atténuer les souffrances du peuple yéménite », a indiqué le bureau de l’émissaire de l’ONU au Yémen, Martin Griffiths.

« L’émissaire spécial espère que d’autres pas suivront dans cette direction », a-t-il ajouté.

Le gouverneur adjoint de la Banque centrale du Yémen Shokeib Hobeishy avait indiqué mi-décembre que celle-ci attendait une injection de trois milliards de dollars de la part du Koweït et des Emirats arabes unis.

Ces dépôts, s’ils se confirment, devront s’ajouter à 2,2 milliards de dollars de fonds injectés par l’Arabie saoudite pour enrayer une chute du riyal yéménite et revitaliser l’économie ruinée par la guerre.

Plus d’un million de fonctionnaires n’ont pas perçu de salaire depuis que le président Hadi a décidé en 2016 de transférer à Aden le siège de la Banque centrale qui était basé dans la capitale Sanaa, tombée aux mains des rebelles Houthis.

Le riyal yéménite a perdu plus des deux tiers de sa valeur par rapport au dollar depuis 2015, année du début de l’intervention l’Arabie saoudite, qui mène une coalition militaire en soutien au gouvernement yéménite dans son combat contre les rebelles Houthis, soutenus par l’Iran.

Depuis 2015, les combats au Yémen ont fait quelque 10 000 morts et plus de 56 000 blessés, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Des responsables humanitaires estiment que le bilan des victimes directes ou indirectes du conflit est largement plus élevé.

Pays le plus pauvre du monde arabe, le Yémen est aujourd’hui le théâtre de ce que l’ONU appelle la pire crise humanitaire du monde.

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