Yitzhar : 3 policiers blessés en tentant d’arrêter un fugitif
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Yitzhar : 3 policiers blessés en tentant d’arrêter un fugitif

Neria Zarog s'est enchaîné dans une maison barricadée de l'implantation ; les forces de sécurité ont forcé le passage, blessant 15 manifestants

Capture d'écran d'une vidéo d'habitants d'implantation protestant contre les forces de sécurité alors qu'elles entourent une habitation  dans l'implantation de Yitzhar, en Cisjordanie, om un homme violant une ordonnnce administrative s'est barricadé, le 10 novembre 2019 (Capture d'écran :  Twitter)
Capture d'écran d'une vidéo d'habitants d'implantation protestant contre les forces de sécurité alors qu'elles entourent une habitation dans l'implantation de Yitzhar, en Cisjordanie, om un homme violant une ordonnnce administrative s'est barricadé, le 10 novembre 2019 (Capture d'écran : Twitter)

Les forces de sécurité ont encerclé un bâtiment, dans la journée de dimanche, dans l’implantation de Yitzhar, en Cisjordanie, lors d’un face à face tendu.

Trois agents de police ont été blessés dans les affrontements qui ont suivi, pendant lesquels « des douzaines de jeunes ont lancé des émeutes et utilisé une violence grave, notamment en jetant des pierres, des bouteilles et d’autres objets » en direction des agents, a dit la police dans un communiqué.

Les véhicules des forces de l’ordre ont également été endommagés.

Selon des informations locales, 15 manifestants ont été aussi blessés.

C’est une ordonnance contre Neria Zarog, âgé de 21 ans et père de deux enfants, qui a catalysé des mois de confrontations entre les résidents d’implantation et la police. Zarog est un berger qui vit dans l’avant-poste illégal de Kumi Ori, une banlieue du sud de l’implantation de Yitzhar où les résidents ont affronté les troupes de l’armée israélienne à plusieurs occasions dans le passé.

Zarog s’est attaché à un « objet lourd en métal » à l’intérieur de l’habitation, a fait savoir la police, ajoutant qu’ils avaient utilisé des « moyens et des machines variés » pour le libérer.

Une courte vidéo a circulé sur les réseaux sociaux, montrant un homme utilisant une scie électrique pour libérer de ses chaînes Zarog, qui se tient au milieu d’une pièce, les mains derrière le dos, au milieu d’une pluie d’étincelles.

Environ 200 manifestants se sont opposés à la police lorsqu’elle s’est approchée de la maison où se cachait Zarog – qui n’était pas son domicile.

Zarog lui-même a été blessé quand on a essayé de lui retirer ses chaînes, a fait savoir l’organisation d’aide juridique de droite Honenu. Il a été finalement arrêté.

Les forces de l’ordre ont fait savoir qu’il allait subir un interrogatoire.

Les services d’incendie et de secours israéliens, appelés sur les lieux, ont été freinés par les manifestants qui se sont assis sur la route, bloquant les accès.

Des témoins ont confié aux médias qu’ils avaient entendu des bruits d’explosion lorsque la police avait brisé les murs de l’habitation tandis que Zarog criait à l’aide depuis l’intérieur.

Neria Zarog (au centre) avec sa femme et leurs enfants devant leur maison dans l’avant-poste de Kipa Sruga, un quartier de l’implantation Yitzhar, dans le nord de la Cisjordanie. (Avraham Shapira)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a émis un communiqué réclamant « le respect de la loi et l’arrêt immédiat des violences contre les forces de sécurité ».

« Les soldats et les forces de la police des frontières, qui nous gardent tous, doivent pouvoir faire leur travail », a continué Netanyahu. « Les violations de la loi ne seront pas tolérées ».

La police a noté que trois autres personnes avaient aussi été arrêtées. Un résident d’Yitzhar a dit aux médias qu’il avait été frappé par un agent, qui l’avait fait saigner et lui avait cassé ses lunettes.

Selon Honenu, quinze manifestants ont été blessés dans ces échauffourées.

Au début du mois de septembre, le Commandement central avait émis une ordonnance interdisant à Zarog d’entrer dans le nord de la Cisjordanie pendant trois mois, y compris à son propre domicile.

Zarog avait toutefois ignoré ce commandement et il était apparemment resté à Yitzhar, échappant aux tentatives de la police de le retrouver et de lui faire quitter l’implantation.

Selon un responsable de la Défense qui s’est entretenu avec le Times of Israel sous couvert d’anonymat, Zarog est un « extrémiste violent bien connu des forces de sécurité » qui a pris part à des altercations à l’encontre des Palestiniens, ainsi qu’à l’encontre des soldats israéliens.

Zarog clame qu’il n’a jamais pris part à des activités violentes contre les Palestiniens mais il a été placé en détention à plusieurs reprises par les forces de sécurité israéliennes après s’être approché de villages avoisinants avec son troupeau.

Selon les résidents d’Yitzhar, les tensions avec les forces de sécurité ont commencé à s’intensifier après l’ordonnance administrative interdisant la présence de Zarog dans le nord de la Cisjordanie. Le secrétariat d’Yitzhar avait ultérieurement coupé les liens avec les commandants de Tsahal et des affrontements répétés s’étaient produits dans les semaines qui avaient suivi, les résidents de l’implantation s’en prenant aux véhicules des forces de sécurité et aux personnels.

Zarog avait également reçu le soutien du ministre des Transports, Bezalel Smotrich, de l’alliance Yamina qui, au mois de septembre, avait écrit une lettre à Netanyahu le pressant d’annuler l’ordonnance administrative.

Dans la lettre, Smotrich critiquait l’utilisation d’ordonnances administratives « draconiennes » contre les habitants d’implantation, qui empêchaient la mise en place des procédures habituellement suivies.

Au cours des dernières années, Yitzhar et les avant-postes environnants ont également été considérés par l’establishment de la sécurité comme un épicentre des violences des habitants d’implantations et ils ont été souvent liés à des attaques perpétrées contre les Palestiniens et leurs biens.

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