Yoël Strick menace l’Iran : une autre guerre dans le nord serait la dernière
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Yoël Strick menace l’Iran : une autre guerre dans le nord serait la dernière

Le chef du Commandement du nord a minimisé les dangers posés par le Hezbollah et enjoint les citoyens israéliens à faire confiance à l'armée et à son rôle protecteur

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le général de division Yoel Strick, Commandant du Commandement du nord, lors d'une conférence organisée par Hadashot au centre de conférences international de Jérusalem, le 3 septembre 2018 (Crédit :Yonatan Sindel/Flash90)
Le général de division Yoel Strick, Commandant du Commandement du nord, lors d'une conférence organisée par Hadashot au centre de conférences international de Jérusalem, le 3 septembre 2018 (Crédit :Yonatan Sindel/Flash90)

Le chef du Commandement du Nord de l’armée israélienne a lancé une menace claire contre le Hezbollah, basé au Liban, et son patron iranien dans la journée de lundi, disant que la prochaine guerre d’Israël contre le groupe terroriste serait la dernière.

« [Le Hezbollah] ressentira la force de notre bras. J’espère qu’il n’y aura pas une autre guerre mais s’il devait y en avoir une, ce ne serait pas une Seconde guerre du Liban encore une fois – mais bien la dernière guerre du nord », a commenté le général de division Yoel Strick, lors d’une conférence organisée par la chaîne Hadashot.

Strick se référait au conflit survenu en 2006 qui avait opposé l’Etat juif et la milice chiite, qui avait été marqué par des accusations de mauvaise préparation et de mauvaise gestion à l’encontre des militaires et des leaders politiques du pays.

Pendant cette conférence, le chef du Commandement du nord a souligné que l’armée israélienne s’était considérablement améliorée dans les 12 années qui ont suivi la guerre, avec un programme d’entraînement intensif, de meilleurs armements et des capacités de renseignement renforcées.

« Si le Hezbollah savait ce que l’on sait d’eux, il ne s’exprimerait pas avec tant de confiance », a indiqué Strick.

Le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah prononce une discours lors des funérailles de l’un des leaders du groupe terroriste à Beyrouth, le 16 février 2018. (AFP Photo/Joseph Eid)

« Au Hezbollah, on fait des communiqués depuis des bunkers. Nous sommes conscients de la situation économique et des capacités du groupe », a-t-il ajouté, évoquant la tactique des chefs du Hezbollah consistant à se cacher dans des souterrains par crainte des frappes aériennes israéliennes.

Le Hezbollah a été formé au milieu des années 1980 et il est devenu la première menace pour l’Etat juif dans la région, doté d’un arsenal de
100 000 à 150 000 obus de mortier, roquettes et missiles. Selon des responsables des renseignements israéliens et occidentaux, l’Iran a aidé le Hezbollah à développer des missiles de précision grâce auxquels le groupe terroriste a la capacité d’organiser une attaque peut-être plus aboutie contre Israël.

Strick a reconnu la menace posée par le Hezbollah, le front intérieur israélien n’étant pas « inatteignable », mais il a déclaré que l’armée israélienne répondrait à tout tir de roquette et de missile par des « tonnes d’armes de précision dirigées contre le Hezbollah ».

« Les citoyens de l’Etat d’Israël doivent rester calmes et placer leur confiance dans l’establishment de sécurité qui sait comment agir de manière déterminante, précise, et même utiliser la force la plus agressive possible », a-t-il expliqué.

Le chef du Commandement du nord a également raillé les parrains iraniens du groupe terroriste, disant qu’ils « aboient plus qu’ils ne mordent » et notant qu’il avait fallu trois mois pour que les gardiens de la révolution islamique de Téhéran ripostent à une frappe israélienne qui les avait pris pour cible, au début de l’année.

« Il faut le dire de manière claire – Ils ont bien moins que ce qu’ils avaient pu prévoir. Nous nous souvenons tous du 10 février. Les Iraniens avaient programmé d’agir immédiatement mais il leur a fallu finalement trois mois pour le faire », a précisé Strick.

Une photo prise dans le nord d’Israël montrant les débris d’un F-16 israélien qui s’est écrasé après avoir été la cible de tirs de la part de la défense aérienne syrienne (Crédit : AFP/ Jack GUEZ)

Le 10 février, un hélicoptère d’attaque israélien avait abattu un drone iranien qui était entré dans l’espace aérien israélien et, simultanément, les avions israéliens avaient bombardé la base aérienne d’où l’engin avait été piloté. Dans les affrontements avec les systèmes de défense syriens qui avaient suivi, un F-16 israélien avait été abattu.

Seulement trois mois plus tard, le 10 mai, aux premières heures de l’aube, environ 20 roquettes avaient été tirées vers des positions militaires israéliennes le long de la frontière syrienne au cours d’une attaque qui, avait dit Israël, avait été menée par les forces al-Quds des gardiens de la révolution. En réponse, l’armée israélienne avait effectué des frappes aériennes contre des douzaines de cibles iraniennes dans le pays.

« Le commandant des gardiens de la révolution Qassem Soleimani a compris le gouffre qu’il y peut y avoir entre des menaces et les capacités. Je me réjouis que nous l’empêchions d’accéder à ces capacités », a commenté Strick.

Israël a mené une guerre froide contre son ennemi juré, l’Iran, ces dernières années et principalement en Syrie, où Téhéran soutient le dictateur Bashar el-Assad dans la guerre civile qui ravage le pays. L’Etat juif accuse Téhéran de tenter d’établir une présence permanente en Syrie, d’où la république islamique pourra menacer l’Etat juif.

Israël a promis d’empêcher un tel ancrage et le pays a effectué des frappes aériennes à des dizaines de reprises en Syrie, ces dernières années, dans cet objectif. L’attaque la plus récente remonterait à dimanche, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman, à gauche, avec la présentatrice de la chaîne Hadashot Dana Weiss à la conférence des influenceurs d’Hadashot à Jérusalem, le 3 septembre 2018 (Crédit : Hadashot)

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman a pour sa part semblé laisser entendre lundi qu’Israël pourrait frapper des cibles iraniennes en Irak, quelques jours après que Reuters a rapporté que Téhéran fournissait des missiles balistiques et des formations aux milices loyalistes du territoire.

« Concernant la menace de l’Iran, nous ne nous limitons pas à la Syrie. Cela doit être clair », a déclaré Liberman lors de la conférence organisée par la chaîne Hadashot.

Interrogé pour savoir si ses propos comprenaient l’Irak, le ministre de la Défense a riposté : « Je dis que nous nous occuperons de la menace iranienne, indépendamment de là d’où elle émane. Nous conservons notre droit de passer à l’action… Et nous serons amenés à gérer les menaces ou quoi que ce soit d’autre qui serait amené à se présenter »

Une frappe aérienne contre une milice chiite irakienne perpétrée au mois de juin à proximité de la ville d’al-Bukamal, sur la frontière entre l’Irak et la Syrie, a été attribuée par certains à Israël.

Des informations transmises vendredi par Reuters – et qui ont repris les propos de responsables iraniens, irakiens et occidentaux témoignant sous couvert d’anonymat – affirment que plusieurs douzaines de roquettes capables de frapper Israël et l’Arabie saoudite, l’ennemi sunnite de Téhéran, ont été déployées auprès des milices chiites mandataires de l’Iran en Irak.

Il a ajouté que l’Iran oeuvrait pour donner à ses alliés des structures de fabrication de missiles et que la République islamique forme des membres des milices pour leur apprendre à utiliser de nouvelles armes.

Membres irakiens du Hezbollah tiennent les drapeaux jaunes de la branche irakienne du parti chiite et un portrait de guide spirituel de l’Iran, l’ayatollah Ruhollah Khomeini, et ils marchent sur ​​un drapeau israélien peint sur ​​le sol pendant la journée d’al-Qods (Jérusalem) – 25 Juillet 2014, la capitale irakienne Bagdad. (Crédit : AFP / Ali al-Saadi)

Ce déploiement vise à améliorer la capacité iranienne de riposte contre toute attaque occidentale ou arabe sur son territoire, ainsi qu’à élargir ses options pour attaquer ses opposants dans la région, a précisé Reuters.

L’Iran a nié ces informations. « Le mensonge disséminé par certains médias sur le transport vers l’Irak d’armes fabriquées en Iran est totalement incohérent et infondé », a commenté le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien Bahram Ghassemi.

« De telles informations ont uniquement pour but de semer la panique dans les pays de la région et elles sont conformes à la politique qu’ils mettent en place pour propager l’iranophobie », a ajouté Qasemi.

L’Iran utilise depuis longtemps ses mandataires et ses alliés chiites en Irak pour riposter contre ses adversaires. Selon des retranscriptions d’interrogatoires en 2007 d’un haut responsable militaire chiite et personnalité religieuse en Irak, dont le contenu a été déclassifié cette année, l’Iran a été lourdement impliqué dans les attaques commises par les milices chiites iraniennes contre les soldats américains dans les années qui ont suivi l’invasion du pays par les Etats-Unis en 2003.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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