Zeev Elkin : « Corbyn s’est avéré être quelqu’un qui déteste Israël et les Juifs »
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Zeev Elkin : « Corbyn s’est avéré être quelqu’un qui déteste Israël et les Juifs »

"Le n°1 du Parti travailliste britannique est un antisémite avéré", a déclaré le ministre du Likud ; un "sujet grave" selon la députée Tzipi Hotovely

Jeremy Corbyn, dirigeant du Labour, arrive au Newport Center, à Newport, dans le sud du Pays de Galles, à l’occasion d'un rassemblement en soutien à la future candidate parlementaire Ruth Jones, candidate à l'élection partielle de Newport West, le 30 mars 2019. (Ben Birchall / PA via AP)
Jeremy Corbyn, dirigeant du Labour, arrive au Newport Center, à Newport, dans le sud du Pays de Galles, à l’occasion d'un rassemblement en soutien à la future candidate parlementaire Ruth Jones, candidate à l'élection partielle de Newport West, le 30 mars 2019. (Ben Birchall / PA via AP)

Un ministre du Likud a accusé mardi le dirigeant du Parti travailliste britannique, Jeremy Corbyn, de détester les Juifs et Israël.

« Nous ne déciderons pas de pour qui les Britanniques doivent voter ou non, bien sûr, mais nous devons affirmer notre position. Je pense que Corbyn s’est avéré, plus d’une fois, être quelqu’un qui déteste l’État d’Israël et les Juifs », a déclaré Zeev Elkin, ministre israélien de la Protection environnementale, à la Radio militaire dans un entretien cité par Reuters.

« Les gens tentent souvent de se cacher derrière ce prétexte anti-israélien et disent : ‘Nous ne sommes pas antisémites, nous critiquons seulement l’État d’Israël et sa politique.’ Et l’exemple de de ce qu’il se passe au Parti travailliste sous la direction de Corbyn révèle à quel point cette couverture n’es pas une vraie couverture », a dénoncé Zeev Elkin.

Le Labour est en prise à l’antisémitisme dans ses rangs depuis l’élection de Jeremy Corbyn, issu de l’extrême gauche, à sa tête. Le problème est revenu sur le devant de la scène après la diffusion d’une émission de la BBC la semaine dernière, dans laquelle de nombreux travaillistes ont accusé le dirigeant et ses alliés d’interférer dans les efforts visant à lutter contre le phénomène.

Le Premier ministre Netanyahu, les députés Tzipi Hotovely (à gauche) et Zeev Elkin (à droite) lors d’une visite de l’organisation Lev HaOlam, à Jérusalem le 3 février 2015. L’organisation promeut l’exportation et la vente de produits des implantations de Cisjordanie. (Crédit : Hadas Parush / Flash90 )

Les anciens membres du parti, dont quatre ont enfreint une clause de confidentialité pour se confier à la BBC, ont également raconté l’antisémitisme dont ils ont eux-mêmes fait l’objet au sein de la formation.

Corbyn et le parti ont rejeté les accusations, reprochant à l’émission de contenir « une représentation délibérée et maléfique » et aux lanceurs d’alerte d’avoir « des motivations politiques et personnelles cachées ».

La députée Likud Tzipi Hotovely a commenté l’enquête télévisée, indiquant à la Treizième chaîne : « Nous considérons évidemment qu’il s’agit d’un sujet très grave. »

« Il ne fait aucun doute que le Labour, à l’image de Corbyn, est un grand problème pour les relations diplomatiques israéliennes », a-t-elle ajouté.

Le bureau du Premier ministre n’a pas répondu à la question de Reuters tentant de déterminer si les propos des deux députés reflétaient la politique officielle du gouvernement.

Des membres de la communauté juive manifestent contre le chef du Parti travailliste britannique, Jeremy Corbyn, et contre l’antisémitisme au sein du Parti travailliste, devant le Parlement britannique dans le centre de Londres, le 26 mars 2018. (AFP PHOTO / Tolga AKMEN)

Un tiers environ des membres travaillistes de la Chambre des Lords ont publié un encart accusant Corbyn d’avoir « échoué au test de leadership », a rapporté le Guardian mardi.

Les élus, dont plus d’une dizaine sont d’anciens ministres, ont directement adressé la missive à leur dirigeant : « Le Labour accueille tout le monde* quels que soient sa race, ses principes, son âge, son identité de genre ou son orientation sexuelle. (*sauf, semble-t-il, les Juifs). C’est votre héritage, M. Corbyn. »

Ils estiment également que le parti « n’était plus un endroit sûr pour tous ses membres » et affirment que des milliers de membres avaient rendu leur carte du parti « en raison de la culture toxique que vous avez rendue possible visant à diviser notre mouvement ».

L’encart a été publié un jour après que 200 anciens ou actuels membres travaillistes ont écrit à Corbyn afin d’exiger qu’il traite de front le problème d’antisémitisme ou qu’il démissionne.

D’après les membres travaillistes, les efforts supposés réalisés pour écarter les enquêtes en la matière doivent « être pris très au sérieux » et ont dénoncé la réaction du parti aux différentes accusations.

« La réaction du parti a été de diffamer les victimes juives et d’anciens membres en les accusant de mauvaise foi », ont-ils écrit. « La façon dont le parti a menacé et dénigré les lanceurs d’alerte est choquante, hypocrite et une pure trahison des valeurs fondamentales du Labour. »

La lettre a attribué à Corbyn la responsabilité de la crise et déploré l’institutionnalisation de l’antisémitisme dans le parti, devenue aujourd’hui « plus profonde que jamais ».

« Tout cela s’est produit sous vos yeux. La crise dépasse maintenant la question des règles et des procédures disciplinaires, elle est devenue une question de culture politique, et fondamentalement, de leadership. »

Les signataires ont appelé Corbyn à répondre à plusieurs questions visant à permettre de « laver le Parti travailliste de l’antisémitisme » et promis que s’il se refusait à le faire publiquement, les travaillistes auraient à réévaluer son « aptitude » à diriger le parti.

« En tant que président, la responsabilité morale de la crise d’antisémitisme au Labour est la vôtre. Assumez cette responsabilité, ou cédez-la à quelqu’un qui l’assumera. »

En outre, quatre élus travaillistes de la Chambre des Lords, dont leur président dans la chambre, Angela Smith, ont écrit à Corbyn, lui proposant de mettre en place un comité pour enquêter sur les allégations portées par la BBC et ont commenté la démission récente de trois membres du parti en raison de la crise d’antisémitisme.

« Il est profondément attristant, mais pas surprenant, que trois de nos chers collègues aient récemment démissionné de la Chambre des Lords. L’étendue des mauvais traitements dont eux et d’autres ont fait l’objet nous brise le cœur », a cité le Guardian.

Cette lettre évoque également la réaction du mouvement au documentaire de la BBC et indique que les clauses de confidentialité « ne devraient jamais être utilisées pour faire taire les critiques ou éviter la gêne ». Elle qualifie également l’antisémitisme de « cancer qui continuera à s’étendre » en l’absence de transparence totale.

Le leader du parti d’opposition britannique du Labour Jeremy Corbyn prononce un discours durant un rassemblement lors d’une manifestation à Londres, à Whitehall, pour protester contre la visite d’Etat réalisée par le président américain Donald Trump, le 4 juin 2019. (Crédit : AP Photo/Matt Dunham)

Une source a démenti au journal que le parti s’en était pris aux lanceurs d’alerte.

« Les anciens membres ont fait plusieurs allégations erronées », a été citée la source. « Ce n’est pas lancer l’alerte que de faire des allégations qui sont fausses et politiquement motivées. »

Les accusations d’hostilité à l’égard des Juifs minent le Labour depuis que Corbyn, un soutien de longue date des Palestiniens, en a pris la tête en 2015.

Les opposants de ce dernier considèrent que la critique d’Israël par certains membres du parti — notamment ceux qui l’ont rejoint après l’élection de Corbyn — frôle l’antisémitisme et que la formation n’avait pas pris le problème au sérieux.

Après la diffusion de l’émission de la BBC, un autre ex-travailliste a évoqué l’interférence systématique d’un cadre du parti dans les plaintes de haine anti-juive et rejeté l’affirmation selon laquelle elle se limitait à des cas isolés.

Le Labour comme Corbyn ont réfuté toutes ces accusations et assuré qu’ils s’engageaient à débarrasser le parti de l’antisémitisme.

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