Le président Barack Obama a obtenu le rare soutien d’une importante démocrate juive américaine, quand la sénatrice Dianne Feinstein a déclaré que la décision de ne pas apposer de veto à une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies condamnant les implantations israéliennes était une « absolue nécessité ».

L’acte d’Obama « envoie un message fort, les Etats-Unis soutiennent toujours une solution à deux états », a déclaré la sénatrice de Californie dans un communiqué.

« J’ai observé avec une préoccupation croissante la hausse des implantations israéliennes au fil des ans, où vivent à présent maintenant environ 400 000 individus, a-t-elle déclaré ? Je pense que l’extension des implantations n’a qu’un seul objectif : compromettre la viabilité d’une solution à deux états. »

Le sénateur républicain du Texas Ted Cruz a condamné Feinstein, déclarant sur Twitter « Triste. Vraiment triste » en réponse à sa déclaration.

La voix de Feinstein a été l’une des rares expressions de soutien au président sortant, la plupart des dirigeants juifs américains ayant condamné sa décision.

Le sénateur démocrate de New York Charles Schumer a déclaré qu’il était « extrêmement frustrant, décevant et déconcertant que l’administration n’ait pas apposé son veto à cette résolution. Quelle que soit l’opinion que l’on peut avoir sur les implantations, les Nations unies sont le mauvais endroit pour résoudre ce problème. Les Nations unies sont une institution passionnément anti-Israël depuis l’époque du « sionisme est un racisme » et, malheureusement, cette ferveur n’a jamais diminuée. Sachant cela, les administrations passées, démocrates et républicaines, ont protégé Israël des caprices de cette institution biaisée. Malheureusement, cette administration n’a pas suivi cette voie et ses actions nous éloignent encore de la paix au Moyen Orient. »

L'ambassadrice des Etats-Unis aux Nations unies, Samantha Power devant le Conseil de sécurité après s'être abstenu sur une résolution anti-implantations, le 23 décembre 2016. (Crédit : capture d'écran Nations unies)

L’ambassadrice des Etats-Unis aux Nations unies, Samantha Power devant le Conseil de sécurité après s’être abstenu sur une résolution anti-implantations, le 23 décembre 2016. (Crédit : capture d’écran Nations unies)

Même si la plupart des démocrates ont hésité à critiquer l’administration Obama pour sa décision de s’abstenir plutôt que d’apposer un veto, l’AIPAC a été claire. Dans un communiqué publié peu après le vote, le lobby a écrit qu’il était « profondément perturbé par l’échec de l’administration Obama à exercer son droit de veto pour empêcher une résolution destructrice, partiale et anti-Israël d’être promulguée par le Conseil de sécurité des Nations unies. Dans le passé, cette administration et d’autres ont rejeté ce type de résolution partiale puisqu’elles compromettent les perspectives de paix. »

« Il est particulièrement regrettable que, dans le dernier mois de son mandat, le président ait pris une mesure opposée au consensus bipartisan du Congrès et à la longue histoire de soutien des Etats-Unis à Israël aux Nations unies », a poursuivi l’organisation, qui avait envoyé un appel à l’action à ses membres peu avant le vote. « L’AIPAC exprime son appréciation du président élu Donald Trump et de beaucoup de membres républicains et démocrates du Congrès qui ont appelé à s’opposer à cette résolution. »

Les démocrates qui ont appelé Obama à utiliser son veto ont exprimé leur déception, tout comme les associations pro-Israël.

Le représentant Ted Deutch n’a pas critiqué directement l’administration, et a à la place déploré que « cette résolution votée au Conseil de sécurité des Nations unies ne nous rapproche pas de la paix entre Israël et les Palestiniens, et ne rend pas plus probable deux états pour deux peuples. »

Ted Deutch, représentant de Floride, au quatrième jour de la Convention nationale démocrate, à Philadelphie, le 28 juillet 2016. (Crédit : Alex Wong/Getty Images via JTA)

Ted Deutch, représentant de Floride, au quatrième jour de la Convention nationale démocrate, à Philadelphie, le 28 juillet 2016. (Crédit : Alex Wong/Getty Images via JTA)

« C’est pour cela que je suis déçu que les Etats-Unis n’aient pas utilisé leur veto aujourd’hui [vendredi] », a-t-il conclu.

La représentante Nita Lowey a décrit l’abstention comme une « tâche sur l’historique long et constant des Etats-Unis pour défendre Israël contre les résolutions partiales du Conseil de sécurité », ajoutant qu’elle était « profondément déçue ».

« Ce n’est que par les négociations directes qu’Israéliens et Palestiniens résoudront leur différent complexe, a-t-elle poursuivi. La résolution ne promeut pas la cause de la paix. En fait, elle ne fera que durcir les deux parties et rendre la reprise des négociations directes plus difficiles que jamais. Je redoublerai d’efforts pour défendre Israël devant les institutions internationales et ramener les parties à la table » des négociations.

Avant même l’annonce officielle de l’abstention américaine, le sénateur Lindsey Graham avait déjà prévenu que le Sénat envisagerait d’arrêter de financer les Nations unies quand il se réunirait en 2017.