Le Hamas a repris la fabrication de roquettes à Gaza, révèle le chef de la Défense aérienne de l’armée de l’air israélienne.

« Les lignes de production sont de nouveau en cours d’exécution, mais le contrôle de ce qui se passe à Gaza est plus hermétique, c’est donc plus difficile pour eux, » a déclaré Shachar Shohat au Times of Israel.

Il a expliqué que la capacité interne des groupes terroristes à construire des roquettes sera également déterminée par la mesure dans laquelle ils détournent des matériaux de construction pour leur machine de guerre.

Concernant la guerre entre Israël et le Hamas et de ses conséquences, Shohat a estimé que le système de défense Dôme de fer avait sauvé « des dizaines, voire des centaines » de vies israéliennes, et déclaré que, sans lui, « des milliers de personnes auraient été blessées, et les dommages à l’infrastructure auraient été colossaux ».

Il a également défendu vigoureusement Israël contre les critiques liées à la mort de civils à Gaza – quelque 2 100 habitants de Gaza ont été tués, selon l’ONU et des personnalités palestiniennes, qui estiment que deux tiers à trois quarts des morts étaient des civils. Israël affirme que parmi les pertes figuraient au moins 1 000 hommes armés du Hamas.

« Nous avons fait d’immenses efforts pour minimiser les dommages » a déclaré Shohat.

« Il y a un contrôle minutieux de tout, du choix des cibles jusqu’à la surveillance de l’opération en temps réel. D’autres armées viennent apprendre chez nous comment nous minimisons l’impact sur les civils ».

Des erreurs ont été commises – inévitablement, au cours d’une guerre, dit-il – mais « elles n’étaient pas intentionnelles et nous regrettons profondément ces pertes ».

« Pour l’autre partie, c’est leur stratégie. Personne de leur côté ne regrette la mort de Daniel Tragerman, » un enfant de quatre ans tué dans sa maison du kibboutz Nahal Oz par des éclats d’un obus de mortier qui a atterri à l’extérieur. « Bien au contraire. »

Daniel Tragerman

Daniel Tragerman

L’interview a été réalisée en hébreu au bureau de Shohat à la Kirya, au siège de Tsahal à Tel Aviv.

Times of Israel : qui a déclenché la guerre de cet été ?

Shachar Shohat : Le Hamas a fait tout son possible pour la préparer, avec des roquettes, des missiles, des tunnels, des drones et des commandos de marine.

Le Hamas a cherché ce conflit. Il était isolé, loin des projecteurs – politiquement et financièrement isolé. Nous avons déclaré que nous serions d’accord pour rechercher « le calme en échange du calme ». Ils nous ont imposé le conflit.

Quelle était l’efficacité des défenses aériennes d’Israël ?

Nous nous préparons sans cesse face aux menaces potentielles. La défense aérienne a été soigneusement préparée. Nous avions le Dôme de fer. Notre Défense passive était bonne. Les alertes et les systèmes d’alarme ont tellement bien fonctionné que nous avons pu alerter les populations des tirs de roquettes par quartier.

Nous savions, par exemple, qu’une tête de missile se dirigeait vers une zone particulière de Tel Aviv. Des gens à Tel Aviv se sont plaints de ne pas avoir entendu les sirènes, mais c’était parce que leur quartier n’était pas en danger.

Suis-je en droit de penser qu’il en coûte 50 000 dollars à chaque fois que le Dôme de fer tire un intercepteur ?

Oui, mais le calcul exact est le nombre de dommages – humains et matériels – que le missile aurait causés s’il n’avait pas été intercepté. Sans le Dôme de Fer, des dizaines, sinon des centaines de personnes auraient été tuées, des centaines de milliers auraient été blessées, et les dommages aux infrastructures auraient été colossaux.

Le succès de notre défense aérienne protège également les Palestiniens, parce que sinon nous aurions dû utiliser de plus grandes capacités militaires offensives. Nous avons jusqu’à présent de plus grandes capacités.

Le Dôme de fer a-t-il intercepté des roquettes tirées sur
l’aéroport ?

Tout ce que je peux vous dire, c’est qu’aucune roquette n’est tombée à l’aéroport et qu’aucun vol n’a été en danger. Le Hamas a tiré dans la direction de l’aéroport. Ni missile ni éclats ne sont tombés à l’aéroport. Plus largement, l’économie a fonctionné.

L’annulation des vols pendant deux jours par les deux tiers des compagnies aériennes étrangères quand une roquette est tombée à Yehud, près de l’aéroport, était-il justifié ?

La décision de la FAA n’est pas uniquement professionnelle.

Quel était le taux de succès du Dôme de fer ?

Plus de 85 %.

J’ai été surpris que le Hamas n’ait pas trouvé de façons de passer à travers le Dôme de fer.

Nous avons fait nos devoirs, et nous avons des étudiants très intelligents. La performance du Dôme de fer dans le Pilier de défense [en novembre 2012] a été un succès, mais nous avons compris que nous devions continuer à apprendre et nous avons poursuit nos recherches.

18 mois à améliorer et à mettre en œuvre de nouvelles procédures, de formation, d’équipement. Cela s’est fait de manière très systématique.

Une grande partie de la communauté internationale soutient qu’Israël a tué beaucoup trop de civils.

Nous avons fait des efforts suprêmes pour minimiser les dommages envers les non-combattants. Il y a un contrôle minutieux de tout, du choix des cibles, de la surveillance de l’opération en temps réel. D’autres armées viennent apprendre chez nous comment nous minimisons l’impact sur les civils.

Plusieurs frappes ont été interrompues justement en raison des non-combattants. Sur les 2 000 morts à Gaza, il y a eu un nombre non négligeable de terroristes et la plupart des autres ont été touchés parce que les terroristes les ont utilisés comme boucliers humains, tirant sur Israël depuis des écoles, des hôpitaux et des zones résidentielles.

Nous avons fait des erreurs. Le cas des jeunes enfants à la plage, par exemple. Celles-ci n’étaient pas intentionnelles et nous regrettons profondément ces pertes. Pour l’autre partie et de ce qui est de leur stratégie : personne, de l’autre côté, ne regrette la mort de Daniel Tragerman. Bien au contraire. Ils ont essayé de le tuer.

Je ne sais pas si vous avez vu le dessin « Frapper sur le toit » qui était dans les journaux l’autre jour [dans le quotidien Israel Hayom]. C’est une guerre. Et notre travail consiste à protéger nos civils. Lorsque nous nous sommes trompés, nous avons enquêté.

Israël a-t-il une solution pour les tirs de mortier qui ont été si dévastateurs dans les zones adjacentes à la bande de Gaza vers la fin de la guerre ?

Nous avons des solutions potentielles. Des solutions au laser sont en cours d’examen.

Le Hamas a-t-il la capacité de fabriquer des roquettes, même avec le blocus, et a-t-il renouvelé leur fabrication ?

Ils ont la capacité de les fabriquer. Ils ont repris et ils peuvent produire des roquettes, d’autant plus si c’est la façon dont ils utilisent les matériaux entrants [à double usage]. Les lignes de production fonctionnent à nouveau, mais le contrôle de ce qui se passe à Gaza est davantage hermétique, c’est donc plus difficile pour eux.

Y aura-t-il une reprise du conflit ?

La menace n’a pas été levée. Cela dépend d’eux. S’ils continuent à nous frapper, nous n’allons pas rester assis tranquillement.

Quelle est la gravité de la menace en Syrie et au Liban ?

Il y a plus de roquettes avec une meilleure qualité et de plus grandes têtes. Le Hezbollah est fourni et formé par l’Iran et ils ont leurs propres capacités de production. Ils ont des dizaines de milliers de roquettes – entre 100 000 et 170 000.

Le nombre précis n’est pas très pertinent. C’est un niveau de danger très différent. Nous allons donc préparer des réponses offensives et défensives. Ici, il s’agit d’un défi.

Pourquoi dit-on que le Dôme de fer ne serait pas en mesure de faire face à une attaque de grande envergure par le Hezbollah ?

Le Dôme de fer a ses capacités, mais nous aurions besoin de plus de et de capacités et d’une échelle plus offensive.

Et quelle est la gravité de la menace des roquettes à partir de la Cisjordanie ?

Je ne suis pas sûr qu’il y ait eu des tirs de roquettes depuis la Cisjordanie. Peut-être y a-t-il eu un cas. Mais le fait est, bien sûr, que ce n’est pas qu’Israël n’a pas de profondeur stratégique. Nous n’avons pas de profondeur du tout. Regardez la distance de Tulkarem [sur la bordure ouest de la Cisjordanie] à Netanya [sur la côte israélienne – 13km]. Tout Israël est « à côté » de la Cisjordanie.

Il y a quelques années, un ancien commandant de l’armée de l’air m’a dit avec horreur que les tireurs de roquettes dans Gaza prenaient les enfants avec eux parce qu’ils savaient qu’Israël n’allait pas tirer sur eux. Font-ils encore ce genre de choses ?

Oui. Nous avons vu des tireurs d’élite prendre des enfants avec eux aussi. Nous n’avons donc pas tiré.

Israël a-t-il de plus grandes capacités que n’importe qui en termes de précision des frappes aériennes ?

Les États-Unis disposent peut-être de meilleures technologies.

Nous insistons sur cette liberté, tout au long de la hiérarchie, à abandonner, même au dernier moment, pour éviter de nuire aux non-combattants.

Cela va des gens qui choisissent les cibles, de la salle de contrôle jusqu’aux pilotes. Le pilote a le droit de dire : je pense qu’il ne faut pas tirer.