Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, qui cette semaine, a nommé une commission chargée d’enquêter sur la conduite d’Israël pendant l’opération Bordure protectrice d’un mois, légitime des groupes terroristes comme l’Etat islamique et le Hamas, a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu mercredi.

Selon lui, la commission devrait chercher ailleurs, non en Israël, si des crimes de guerre ont été commis. Il a laissé entendre qu’Israël ne désirait pas coopérer avec ses membres, même s’il n’a pas explicitement écarté cette éventualité.

La plupart des ministres s’opposent à tout échange avec l’équipe onusienne, et le ministre des Affaires étrangères Avigdor Liberman a déclaré plus tôt mercredi qu’Israël ne devrait pas coopérer.

Le contrôleur de l’Etat Yossef Shapira a annoncé qu’il allait lancer une enquête sur le comportement de la direction militaire et politique de l’opération Bordure protectrice.

Les analystes ont noté qu’une enquête israélienne crédible sur les allégations de crimes de guerre pourrait avoir du poids dans une bataille juridique internationale.

Dans une déclaration filmée téléchargée sur sa page Facebook, le Premier ministre a fustigé l’agence onusienne des droits de l’Homme qui s’abstient d’enquêter sur les attentats du Hamas contre des civils israéliens et sur son utilisation de la population gazaouie comme « boucliers humains », sur le « massacre » de civils syriens du président syrien Bashar el-Assad, ou encore sur les agissements des combattants de l’Etat ​​islamique à l’encontre des Kurdes irakiens.

« Au lieu de cela, l’ONU a décidé d’enquêter sur Israël, la seule démocratie au Moyen-Orient, une démocratie qui agit de manière légitime pour protéger ses citoyens d’un terrorisme meurtrier », a déclaré Netanyahu.

« Le rapport de cette commission a déjà été écrit, son président [le Pr William Schabas canadien] a déjà statué que le Hamas n’est pas une organisation terroriste, et c’est pourquoi [la commission] n’a rien à faire ici », ajoute-t-il.

« D’abord, qu’ils visitent Damas, Bagdad, Tripoli. Qu’ils voient l’État islamique, l’armée syrienne, le Hamas – c’est là qu’ils trouveront des crimes de guerre, pas ici. »

Netanyahu faisait allusion aux déclarations de Schabas, professeur de droit international à l’Université Middlesex de Londres, qui avait appelé par le passé Netanyahu et l’ancien président Shimon Peres à subir un procès à la Cour pénale internationale à La Haye pour crimes de guerre.

Le Premier ministre se référait également aux observations faites par Schabas dans une interview à la Deuxième chaîne mardi soir, dans laquelle il a refusé de condamner purement et simplement le Hamas comme organisation terroriste ou de révéler la façon dont la commission prévoit de mener l’enquête.

« Il serait inapproprié pour moi de dire » si le Hamas est une organisation terroriste, a affirmé Schabas, soulignant que l’enquête sur le conflit à Gaza doit se dérouler « de façon aussi neutre que possible. »

Schabas a également déclaré que ses derniers commentaires concernant l’implication de la direction israélienne dans des crimes contre l’humanité avaient été « exagérés ».

« J’ai dit que le [dirigeant occidental qui devait être présenté selon moi à la Cour Pénale Internationale] était Netanyahu. Je faisais écho au rapport Goldstone », a expliqué Schabas, se référant à la mission d’établissement des faits des Nations unies sur l’opération Plomb durci dans la bande de Gaza – qui, comme l’a rapidement relevé le ministre des Finances, Yair Lapid, a été nommée lorsque l’ancien Premier ministre Ehud Olmert, et non Netanyahu, était Premier ministre.

Mercredi après-midi, Netanyahu a rencontré le gouverneur de New York, Andrew Cuomo, pour le remercier de sa solidarité avec Israël et de son refus d’adhérer à « l’assymétrie morale  » entre Israël et le Hamas.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (D) tient une conférence de presse conjointe avec le gouverneur de New York Andrew Mark Cuomo, au bureau de Netanyahu à Jérusalem, le mercredi 13 août, 2014 (Crédit : Haim Zach / GPO / Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (D) tient une conférence de presse conjointe avec le gouverneur de New York Andrew Mark Cuomo, au bureau de Netanyahu à Jérusalem, le mercredi 13 août, 2014 (Crédit : Haim Zach / GPO / Flash90)

« Le Hamas continue à commettre ces actes effroyables du même type que l’EIIL : ils persécutent les chrétiens, les homosexuels, les femmes, ils rejettent fondamentalement la modernité et ils imposent une tyrannie terroriste à leur peuple. Et si leur population refuse d’être utilisée comme boucliers humains, vous savez ce qu’ils font, gouverneur ? Ils les exécutent », a déclaré Netanyahu à Cuomo lors de leur réunion de Jérusalem.

« C’est le genre de fracture morale qui est manifeste dans le monde aujourd’hui, d’un côté, vous avez Israël et les États-Unis représentant les démocraties vouées au respect des droits de l’Homme, à un véritable avenir pour leur peuple ; et de l’autre, vous avez des gens comme l’EIIL et le Hamas, des tyrannies islamistes sans inhibition qui poursuivent leurs idéaux et leurs actes atroces ».

Plus tôt mercredi, un rapport de la Deuxième chaîne a révélé que la majorité des ministres du gouvernement israélien, 14 sur 22, s’opposent à l’enquête ordonnée par le Conseil des droits de l’Homme.