Les commentaires de l’ayatollah Ali Khamenei qui ont minimisé la portée de l’accord-cadre entre Téhéran et les puissances mondiales montrent que l’accord nucléaire est loin d’être un fait accompli, a déclaré jeudi le ministre des Affaires étrangères de la France.

Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a déclaré aux députés que les parties devaient encore travailler sur un certain nombre de questions clés comme par exemple l’exigence de nombreux hauts responsables iraniens qui continuent à exiger que les sanctions soient abandonnées immédiatement.

« Il reste toujours des sujets sur lesquels nous ne sommes pas d’accord, notamment sur les sanctions économiques et le Guide suprême a fait des déclarations qui montrent qu’il y a encore beaucoup de travail à faire », a déclaré Fabius cité par Reuters.

Quelques heures plus tôt, Khamenei a déclaré que l’accord-cadre obtenu avec difficulté la semaine dernière sur le programme nucléaire de Téhéran ne constituait pas une garantie pour la signature d’un accord définitif et que beaucoup de travail était nécessaire avant de parvenir à un tel accord.

Une photo publiée par le bureau du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, le 20 mars 2014, lors d'un discours à la nation à l'occasion de Noruz, le Nouvel An iranien, à Téhéran. (Crédit : AFP Photo / Cabinet du leader suprême)

Une photo publiée par le bureau du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, le 20 mars 2014, lors d’un discours à la nation à l’occasion de Noruz, le Nouvel An iranien, à Téhéran. (Crédit : AFP Photo / Cabinet du leader suprême)

« Ce qui a été fait jusqu’à maintenant ne garantit ni l’accord en lui-même, ni son contenu, ni même que les négociations iront jusqu’au bout », a estimé le numéro un iranien, qui a le dernier mot sur le dossier, dans des propos rapportés par son site internet officiel

Khamenei a déclaré que les « sanctions punitives devraient être levées complètement, le jour même où l’accord [sera signé] » – un élément qui n’a pas été convenu.

Il se montre prudent en insistant qu’il ne fallait « pas faire confiance » aux six puissances mondiales et peuvent tenter de « limiter l’Iran » dans de nouveaux pourparlers.

Et il a exhorté les négociateurs iraniens à ne pas accepter des « inspections non conventionnelles » des installations nucléaires de l’Iran, soulignant que l’inspection des installations militaires ne serait pas autorisée.

Le président Hassan Rouhani avait annoncé que l’Iran ne signerait aucun accord final à moins que « toutes les sanctions économiques sont totalement levées le même jour ».

Le 2 avril, après une semaine de négociations exténuantes de la onzième heure, Téhéran et les six puissances se sont mis d’accord sur un cadre qui devra être finalisé d’ici la fin du mois de uin pour freiner le programme nucléaire de l’Iran en échange de la levée des sanctions internationales. Les États-Unis ont évoqué une levée des sanctions progressives.

La France est considérée comme la plus sceptique des six puissances impliquées dans les pourparlers.

« Nous allons continuer à maintenir la position que nous avons soutenue depuis le début, ce qui est constructif, mais extrêmement exigeant », a déclaré Fabius. « Si c’est possible, nous voulons un accord, mais il faut s’assurer que rien ne reste dans la zone d’ombre ».

L’entente a été vertement critiquée par Israël, qui a mis en garde qu’elle donnera un laissez-passer 0 Téhéran pour développer son programme nucléaire, qui voit Jérusalem comme une menace existentielle.

Depuis que l’accord-cadre a été annoncé la semaine dernière, les différentes parties ont établi des comptes rendus parfois très différents de ce qui a été convenu, provoquant une escalade de controverses et de critiques.