Le président russe Vladimir Poutine a déclaré mardi qu’il n’y avait « aucune preuve » que le régime du président syrien Bashar el-Assad soit responsable de la récente attaque chimique mortelle dans le pays déchiré par la guerre civile, que les pays occidentaux ont attribuée à l’armée syrienne.

« Selon nos informations, il n’y a aucune preuve que les armes chimiques ont été utilisées par Assad. Nous sommes convaincus qu’il ne l’a pas fait », a déclaré Poutine au Figaro.

Le président russe a également déclaré que des pays comme les Etats-Unis et la France avaient cherché à accuser Assad pour l’attaque d’avril afin de justifier « devant la communauté internationale pourquoi il était nécessaire de continuer d’imposer des mesures pour faire pression sur Assad, notamment militairement. »

Poutine a ajouté qu’il avait proposé de mener une enquête sur l’attaque aux armes chimiques de Khan Cheikhoun, dans le nord de la Syrie, qui a fait plus de 80 morts, mais qu’il avait été repoussé par les pays occidentaux.

Le président français Emmanuel Macron, à gauche, et son homologue russe Vladimir Poutine au château de Versailles, le 29 mai 2017. (Crédit : François Mori/Pool/AFP)

Le président français Emmanuel Macron, à gauche, et son homologue russe Vladimir Poutine au château de Versailles, le 29 mai 2017. (Crédit : François Mori/Pool/AFP)

Le sujet de l’attaque au gaz toxique a été abordé lundi par Emmanuel Macron, le président français, pendant la rencontre entre les deux hommes à Versailles. Macron a déclaré que la France répondrait immédiatement à tout usage futur d’armes chimiques en Syrie.

« Une ligne rouge très claire existe de notre côté, l’utilisation d’armes chimiques par qui que ce soit », a dit Macron.

Malgré les démentis de la Syrie et de ses soutiens, la Russie et l’Iran, les Etats-Unis, la France et d’autres pays ont affirmé que les preuves montraient que le régime syrien était responsable de l’attaque chimique mortelle du 4 avril.

En avril, Jean-Marc Ayrault, alors ministre français des Affaires étrangères, avait indiqué que l’analyse des échantillons récoltés après l’attaque au gaz sarin en Syrie « porte la signature » du gouvernement Assad, et montre qu’il est responsable de l’attaque mortelle.

Le sarin prélevé à Khan Cheikhoun a été comparé avec des prélèvements réalisés par la France après une attaque de 2013 imputée au régime à Saraqeb.

Un Syrien collecte des échantillons sur le site d'une attaque au gaz toxique à Khan Cheikhoun, dans la province syrienne d'Idleb, le 5 avril 2017. (Crédit : Omar Haj Kadour/AFP)

Un Syrien collecte des échantillons sur le site d’une attaque au gaz toxique à Khan Cheikhoun, dans la province syrienne d’Idleb, le 5 avril 2017. (Crédit : Omar Haj Kadour/AFP)

La France avait récupéré une munition non explosée et en avait analysé le contenu.

« Nous sommes en mesure de confirmer que le sarin employé le 4 avril est le même sarin que celui qui a été employé dans une attaque intervenue à Saraqeb le 29 avril 2013 », avait déclaré Ayrault.

La France, dont les services ont « prouvé » cinq attaques au gaz sarin en Syrie depuis avril 2013, selon un décompte fourni avec le rapport, s’appuie sur des prélèvements sur place et analyses effectuées sur les victimes, selon une source diplomatique française.

Enfin, l’analyse du contexte militaire fait dire à la France que l’aviation du régime, et en particulier un chasseur bombardier Sukhoi 22 décollant de la base de Chayrat, a effectué des frappes aériennes sur la localité le 4 avril au matin. Seul le régime dispose de ces moyens aériens.

Le secrétaire américain à la Défense Jim Mattis avait lui aussi estimé qu’il n’y avait « pas de doute » que le régime avait conservé des armes chimiques.