Vers une “irresponsabilité pénale” pour le suspect du meurtre de Sarah Halimi ?
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Vers une “irresponsabilité pénale” pour le suspect du meurtre de Sarah Halimi ?

L'avocat du suspect a annoncé que l'homme qui a défenestré une femme juive de 65 ans était toujours interné et pourrait ne pas être jugé

Marche blanche à la mémoire de Lucie Sarah Halimi, à Paris, le 9 avril 2017. (Crédit : Bernard Musicant/Twitter)
Marche blanche à la mémoire de Lucie Sarah Halimi, à Paris, le 9 avril 2017. (Crédit : Bernard Musicant/Twitter)

L’homme soupçonné du meurtre violent d’une femme juive, Sarah Halimi, en avril à Paris, et toujours hospitalisé d’office, pourrait voir l’abolition de son discernement reconnue au moment des faits et donc ne pas être jugé, a estimé mercredi son avocat.

« Il y a une très forte présomption d’abolition de son discernement, donc d’irresponsabilité pénale », a déclaré à l’AFP Me Thomas Bidnic, en s’appuyant sur l’avis des médecins qui ont examiné cet homme de 27 ans, interné le lendemain de ce meurtre qui suscite une vive émotion dans la communauté juive.

Il reviendra aux experts judiciaires d’établir si le discernement du suspect était aboli au moment des faits pour que son irresponsabilité pénale soit alors reconnue.

Le 4 avril, Sarah Halimi, une Juive orthodoxe de 65 ans, avait été retrouvée morte au pied de son immeuble dans le quartier de Belleville à Paris.

Les témoignages des voisins, dont l’AFP a eu connaissance, font état d’une scène d’une grande violence : aux alentours de 04h45, le suspect, habitant avec sa famille dans la même résidence, aurait porté de multiples coups au visage de la victime en l’insultant, la qualifiant de « sheitan » (démon en arabe) et en criant à plusieurs reprise « Allah akbar », avant de la jeter par-dessus le balcon.

Une information judiciaire avait été ouverte le 14 avril par le parquet de Paris pour « homicide volontaire », sans retenir le caractère antisémite. Cette hypothèse n’est pas écartée mais « à ce stade, il n’est pas établi avec certitude que le suspect avait connaissance de la religion de sa victime », a indiqué récemment à l’AFP une source judiciaire.

Les avocats Buchinger (d) et Kaminsky communiquant à la presse les éléments concernant le meurtre de Sarah Halimi, le 22 mai 2017 (crédit: capture d'écran Twitter/Jonathan_RTfr)
Les avocats Buchinger (d) et Kaminsky communiquant à la presse les éléments concernant le meurtre de Sarah Halimi, le 22 mai 2017 (crédit: capture d’écran Twitter/Jonathan_RTfr)

Des avocats des proches de la victime ont dénoncé le silence médiatique sur cette affaire et réclament que l’enquête retienne la dimension antisémite de ce meurtre.

Plusieurs institutions juives, dont le CRIF et le Consistoire central, ont annoncé leur intention de se constituer partie civile le cas échéant.

« La famille ne revendique aucun antisémitisme et réalise parfaitement la gravité de l’acte imputé à leur enfant et à leur frère », d’après Me Bidnic.

Interpellé au moment des faits, ce voisin avait été interné le lendemain en hôpital psychiatrique. Il n’a pu à ce jour être interrogé et n’est pas mis en examen. Connu pour de nombreux faits de vols et de violence, il est décrit par ses proches comme un musulman peu fervent et n’était pas connu pour radicalisation.

« Il a le profil d’un islamiste en voie de radicalisation, la psychiatrie c’est secondaire », avait estimé pour sa part Gilles-William Goldnadel, avocat de la sœur de Mme Halimi.

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