Israël en guerre - Jour 202

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16 blessés lors d’émeutes au parc éolien du Golan, dont 4 Druzes et 12 policiers

Tirs réels et bombes incendiaires utilisés par les manifestants ; un chef druze prévient que la colère suscitée par le projet pourrait se muer en "intifada"

  • Des vapeurs de gaz lacrymogène emplissant l'air alors que des membres de la communauté druze se rassemblent avec leurs drapeaux pour protester contre un projet israélien d'éoliennes près du village de Majdal Shams sur le plateau du Golan, le 21 juin 2023. (Crédit : Jalaa Marey/AFP)
    Des vapeurs de gaz lacrymogène emplissant l'air alors que des membres de la communauté druze se rassemblent avec leurs drapeaux pour protester contre un projet israélien d'éoliennes près du village de Majdal Shams sur le plateau du Golan, le 21 juin 2023. (Crédit : Jalaa Marey/AFP)
  • Des Druzes affrontent la police lors d'une manifestation contre la construction d'un nouveau parc éolien près du village druze de Majdal Shams, sur le plateau du Golan, le 21 juin 2023. (Crédit : Police israélienne)
    Des Druzes affrontent la police lors d'une manifestation contre la construction d'un nouveau parc éolien près du village druze de Majdal Shams, sur le plateau du Golan, le 21 juin 2023. (Crédit : Police israélienne)
  • Des membres de la communauté druze mettent le feu à des pneus alors qu'ils protestent contre un projet israélien d'éoliennes prévu sur des terres agricoles près du village de Majdal Shams, sur les hauteurs du Golan, le 21 juin 2023. (Crédit : Jalaa MAREY / AFP)
    Des membres de la communauté druze mettent le feu à des pneus alors qu'ils protestent contre un projet israélien d'éoliennes prévu sur des terres agricoles près du village de Majdal Shams, sur les hauteurs du Golan, le 21 juin 2023. (Crédit : Jalaa MAREY / AFP)
  • Des membres de la communauté druze portent un manifestant blessé lors des protestations et des émeutes dans leur village de Majdal Shams, sur le plateau du Golan, le 21 juin 2023. (Crédit : Jalaa MAREY / AFP)
    Des membres de la communauté druze portent un manifestant blessé lors des protestations et des émeutes dans leur village de Majdal Shams, sur le plateau du Golan, le 21 juin 2023. (Crédit : Jalaa MAREY / AFP)
  • La police israélienne est déployée pour disperser les manifestants et les émeutiers de la communauté druze près du village de Majdal Shams, sur le plateau du Golan, le 20 juin 2023. (Crédit : JALAA MAREY / AFP)
    La police israélienne est déployée pour disperser les manifestants et les émeutiers de la communauté druze près du village de Majdal Shams, sur le plateau du Golan, le 20 juin 2023. (Crédit : JALAA MAREY / AFP)
  • La police israélienne est déployée pour disperser les manifestants et les émeutiers de la communauté druze près du village de Majdal Shams, sur le plateau du Golan, le 20 juin 2023. (Crédit : JALAA MAREY / AFP)
    La police israélienne est déployée pour disperser les manifestants et les émeutiers de la communauté druze près du village de Majdal Shams, sur le plateau du Golan, le 20 juin 2023. (Crédit : JALAA MAREY / AFP)

Des milliers de résidents druzes du plateau du Golan ont manifesté pour la deuxième fois mercredi contre la construction d’un nouveau parc éolien près de la ville de Majdal Shams, brûlant des pneus, lançant des pierres, des feux d’artifice et des cocktails Molotov sur l’imposante force de police qui sécurise la zone.

La police israélienne a demandé au public de ne pas s’approcher de la zone.

Douze policiers ont été blessés. Quatre manifestants ont été grièvement blessés, un par balle, trois modérément et un légèrement. Les blessés ont été transportés à l’hôpital Ziv de Safed, de là certains ont été transférés à l’hôpital Rambam de Haïfa.

Des manifestations ont eu lieu dans plusieurs endroits. Selon la police, la situation a dégénéré lorsque des hordes ont bloqué des routes et tenté de prendre d’assaut la position de la police dans la ville de Masade, et que certains ont fait usage de balles réelles.

Le maire de la ville druze de Daliyat al-Karmel, Rafik Halabi, a déclaré à plusieurs organes de presse israéliens que les manifestations pourraient se muer en une « intifada » – terme désignant un soulèvement utilisé pour désigner les deux grandes vagues d’attentats terroristes palestiniens contre des Israéliens – et que la communauté était « très en colère » face aux politiques et aux lois d’aménagement du territoire d’Israël.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a de son côté appelé les Israéliens à respecter la loi mercredi, jour où les habitants des implantations ont saccagé des villes palestiniennes de Cisjordanie et où des manifestants druzes se sont heurtés à la police sur le plateau du Golan.

« Il y a des jours où il faut se rappeler l’évidence : Israël est un État de droit et d’ordre », a affirmé Netanyahu dans une déclaration vidéo. « Les citoyens israéliens sont tenus de respecter la loi. »

« Nous n’accepterons pas les émeutes, ni sur le plateau du Golan, ni en Judée et en Samarie », a-t-il ajouté en nommant la Cisjordanie par son nom biblique.

« Je soutiens pleinement la police israélienne et les forces de sécurité dans leurs efforts pour imposer la loi et l’ordre », a-t-il ajouté.

Il a conclu en disant « Nous n’accepterons aucun défi lancé aux forces de l’ordre dans ces endroits ou ailleurs. Nous sommes un pays de lois ».

La semaine dernière, la société israélienne Enlight Renewable Energy a commencé les essais de la première des 39 éoliennes General Electric, chacune mesurant environ 200 mètres de haut, dans le cadre du projet Genesis Wind sur les hauteurs du Golan, dans le nord d’Israël. Dès qu’il sera opérationnel, ce projet sera le plus important de tous les projets d’énergie renouvelable du pays, y compris l’énergie solaire.

D’ici septembre, l’ensemble du projet devrait être opérationnel et fournir 207 mégawatts d’énergie renouvelable. Selon l’entreprise, cela équivaudra à la consommation annuelle de 70 000 ménages et permettra d’économiser 180 000 tonnes d’émissions de carbone liées au réchauffement de la planète par an.

Une station d’éoliennes sur le plateau du Golan, le 20 juin 2023. (Crédit : Ayal Margolin/Flash90)

Israël s’est fixé pour objectif de développer graduellement sa production d’énergie par des moyens propres, et l’énergie éolienne est un des principaux éléments de ces plans. Selon le ministère de l’Énergie, le plateau du Golan, situé à haute altitude et dont les vallées sont balayées par les vents, est un endroit idéal pour l’installation de parcs d’éoliennes.

Mais le projet a suscité la colère des villageois druzes, qui y voient une menace pour leur mode de vie agraire, un empiètement sur leurs terres ancestrales et une consolidation de ce qu’ils considèrent comme « l’occupation » israélienne du territoire.

Ils estiment que les poteaux géants et les infrastructures nécessaires à leur construction les empêcheront d’exploiter leurs parcelles. Ils ajoutent que les éoliennes perturberont également le lien quasi sacré qui les unit à leur terre, transmises de génération en génération et où les familles se rendent pour respirer de l’air frais et profiter d’un espace vert.

Les propriétaires fonciers qui ont signé un bail avec Energix, la société à l’origine du projet, assurent ne pas avoir été informés des implications que la présence d’une éolienne sur leur parcelle pourrait avoir. Ils affirment avoir été séduits par les sommes considérables qu’on leur a proposées pour signer ce qu’ils décrivent comme des baux draconiens qui, conjugués au boycott de la société imposé par des chefs religieux influents, ont poussé bon nombre d’entre eux à vouloir se rétracter.

Des Druzes affrontent la police lors d’une manifestation contre la construction d’un nouveau parc éolien près du village druze de Majdal Shams, sur les hauteurs du Golan, le 20 juin 2023. (Crédit : Ayal Margolin/Flash90)

La police a déclaré dans des communiqués mardi et mercredi que tous les accords étaient légaux et que tous les paiements avaient été effectués, et elle a condamné les actes de « délinquance et de violence ». Elle a, en outre, appelé les dirigeants de la communauté druze à « accepter la procédure légale engagée dans le cadre du projet de turbine et à calmer l’atmosphère, ainsi qu’à éviter de diffuser des fausses nouvelles sur les réseaux sociaux concernant les cheikhs blessés. »

Selon les forces de l’ordre, des moyens de dispersion ont été utilisés et, dans un cas, un policier « a été contraint de tirer des coups de feu après avoir craint pour sa vie lorsqu’un groupe de personnes masquées s’est approché de lui en brandissant des pierres ». Le communiqué précise que l’un des émeutiers, « qui a couru vers [le policier] probablement avec un objet tranchant, a été légèrement blessé à la jambe par les tirs ».

Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, chef du parti de coalition d’extrême droite HaTzionout HaDatit, a publié une déclaration de soutien aux forces de police qui « font respecter la loi, l’ordre et les règles de gouvernance sur le plateau du Golan ». Il a rappelé que le projet de turbine était légal et a encouragé la poursuite et l’achèvement des travaux plutôt que de « céder à la violence ».

Smotrich a reconnu l’absence de planification adéquate dans les localités druzes et a déclaré que cette question serait traitée « dans le cadre d’un programme de grande envergure que nous mettons en œuvre au sein du gouvernement ».

Israël a capturé le plateau du Golan à la Syrie lors de la guerre des Six Jours de 1967 et a annexé le territoire en 1981 – une décision qui n’a pas été reconnue internationalement jusqu’à ce que l’administration de l’ancien président américain Donald Trump le fasse en 2019.

Les 26 000 Druzes du Golan, qui appartiennent à une branche de l’islam, parlent l’hébreu et ont un statut de résident israélien qui leur donne le droit de voyager et de travailler librement. La région abrite également quelque 22 000 Juifs israéliens et est une destination populaire pour les touristes israéliens.

La majorité des résidents druzes ont néanmoins choisi de ne pas prendre la nationalité israélienne, ce qui implique qu’ils ne votent pas aux élections nationales et n’ont donc pas de représentants élus à la Knesset. Beaucoup d’entre eux se sentent encore inextricablement liés à la Syrie, même si cette situation évolue peu à peu, et que de plus en plus de Druzes font des demandes discrètes de naturalisation.

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