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2 Juifs arrêtés suspectés d’avoir craché sur un ecclésiastique chrétien à Jérusalem

Ramallah et le ministre des Affaires étrangères, Israël Katz, ont condamné les crachats et insultes proférées à l’encontre de l'abbé Nikodemus Schnabel

Des commerçants assis devant leurs magasins, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 13 janvier 2024. (Crédit : Alberto Pizzoli/AFP)
Des commerçants assis devant leurs magasins, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 13 janvier 2024. (Crédit : Alberto Pizzoli/AFP)

Deux Israéliens juifs, soupçonnés d’avoir insulté et craché sur un ecclésiastique chrétien dans la Vieille Ville de Jérusalem, ont été arrêtés, a indiqué dimanche la police dans un communiqué.

Selon la police, l’incident s’est produit samedi. Les deux suspects ont été retrouvés et interpellés – dont un mineur âgé de 17 ans. Les deux hommes ont été assignés à résidence pendant que l’enquête se poursuit, a déclaré la police, qui a signalé qu’elle ne tolérerait pas ce genre d’incidents.

Le ministère des Affaires étrangères palestinien a condamné l’incident, pointant du doigt certains ultra-nationalistes israéliens.

Dans un communiqué, Ramallah a imputé l’incident à « l’incitation à la haine » des ministres israéliens d’extrême-droite Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich et l’a qualifié d’expression d’une « culture coloniale raciste » qui « nie l’existence de l’autre ».

La déclaration affirme en outre que les « milices de colons [résidents d’implantations] » se sentent enhardies par un « sentiment d’impunité politique et juridique » qui les encourage à persister à « semer la haine » et à « provoquer les citoyens palestiniens et les membres d’autres religions ».

La police avait arrêté début octobre cinq Juifs orthodoxes soupçonnés d’avoir craché sur des fidèles chrétiens dans la Vieille Ville de Jérusalem, dans un contexte de multiplication des incidents visant les prêtres et les pèlerins dans la capitale.

Le ministre de la Sécurité nationale Ben Gvir, s’était alors exprimé lors d’une interview accordée à la radio de l’armée. « Je continue de penser que cracher sur des chrétiens n’est pas un acte criminel. Je pense que nous devons agir par l’instruction et l’éducation. Tout ne justifie pas une arrestation. »

Avant d’entrer en politique, Ben Gvir avait justifié par le passé les crachats à l’encontre des chrétiens en les qualifiant « d’ancienne coutume juive ».

Des Palestiniens passant devant des boutiques fermées dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 16 octobre 2023. (Crédit : Jon Gambrell/AP)

Le ministre des Affaires étrangères, Israël Katz, a condamné dimanche le crachat et l’attaque verbale dont a été victime l’abbé Nikodemus Schnabel.

Katz a déclaré, sur X, qu’il s’agissait d’un « autre incident hideux » et a déclaré qu’il « condamnait totalement ces actes hideux contre les membres d’autres religions ».

« Sous le régime israélien », a-t-il poursuivi, « les membres de toutes les confessions jouissent d’une totale liberté de culte, comme cela n’a jamais été le cas auparavant. Selon les mots du prophète : ‘Ma maison sera une maison de prière pour toutes les nations' ».

L’abbé Schnabel a déclaré que les images de l’incident montrent « une partie de la réalité de sa vie qui est rarement filmée ».

L’abbé Nikodemus Schnabel et la ministre fédérale allemande de l’Éducation et de la Recherche Bettina Stark-Watzinger sur la place du mur Occidental, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 19 juillet 2023. (Crédit : Capture d’écran Twitter ; utilisée conformément à l’article 27a de la loi sur le droit d’auteur)

« Je n’ai pas cherché à faire de la publicité avec ces images, car il y a des choses bien plus terribles que les gens doivent subir ici. Prions pour la paix et la réconciliation. »

Fleur Hassan-Nahoum, maire adjointe de Jérusalem, qui a mené des actions au sein du Conseil municipal pour lutter contre le harcèlement des chrétiens, avait déclaré – à la suite de l’arrestation des cinq suspects au mois d’octobre – que la police commençait à prendre le problème au sérieux.

« Nous devrions avoir une tolérance zéro à l’égard de ces hooligans qui sont poussés par une éducation erronée et par la haine, et qui attaquent des fidèles pacifiques partout dans la ville », avait-elle alors indiqué au Times of Israel. « Après des mois de lobbying, nous sommes heureux que la police prenne des mesures et arrête les responsables. »

Le gouvernement israélien met régulièrement l’accent sur la liberté de culte en Israël et présente l’État juif comme le seul foyer sûr pour les chrétiens dans un Moyen-Orient hostile.

L’image de la coexistence sûre généralement dépeinte par les responsables israéliens est en contradiction flagrante avec les expériences décrites par les dirigeants chrétiens de Jérusalem eux-mêmes. Tout en reconnaissant volontiers qu’il n’y a pas d’effort organisé ou gouvernemental livré directement à son encontre, le clergé chrétien de la Vieille Ville parle d’une atmosphère de harcèlement qui se détériore, de l’apathie des autorités et de la crainte croissante que les incidents de crachats et de vandalisme ne se transforment en violences contre leur personne.

Gianluca Pacchiani et Lazar Berman ont contribué à cet article.

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