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2 millions de shekels versés à la police pour évacuer Givat Amal Bet – média

1 000 policiers ont pris part à l'expulsion des derniers résidents de ce quartier ouvrier de Tel Aviv vendu au promoteur Yitzhak Tshuva, constructeur d'habitations de luxe

Des agents de police expulsent un résident de Givat Amal, le 15 novembre 2021. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
Des agents de police expulsent un résident de Givat Amal, le 15 novembre 2021. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Une entreprise travaillant pour le promoteur immobilier milliardaire Yitzhak Tshuva aurait versé presque deux millions de shekels pour l’expulsion des derniers résidents qui refusaient de quitter un quartier ouvrier de Tel Aviv, le mois dernier, qui doit être transformé en quartier de luxe, a fait savoir la Treizième chaîne.

L’entrepreneur chargé des expulsions aurait versé la somme aux forces de l’ordre pour qu’elles déploient plus de mille agents au cours de cette procédure d’expulsion qui concernait seulement quelques dizaines de résidents déterminés à ne pas quitter Givat Amal Bet, malgré les ordres donnés par les autorités.

La police a déclaré à la chaîne que la loi l’autorisait à envoyer des agents chargés de faire respecter les ordres en échange de paiement supplémentaire, et que c’est ce qu’elle avait fait dans ce cas précis.

Le quartier Givat Amal Bet a été évacué de ses derniers résidents au mois de novembre, après une bataille judiciaire qui a duré plusieurs années.

L’homme d’affaires israélien Yitzhak Tshuva s’exprime lors d’une conférence du groupe Delek à l’hôtel Hilton de Tel Aviv, le 3 février 2020. (Flash90)

Les terrains sur lesquels le quartier avait été construit appartenaient à l’État. En 2005, les droits de développement de ces parcelles avaient été acquis par la firme immobilière de Tshuva, Elad Israel Residence, qui devait alors s’engager dans une bataille judiciaire de 16 ans pour obtenir le départ de tous les habitants.

Si ce sont deux promoteurs, le Hagag Groupe et Y.H Dimri, qui sont dorénavant chargés du développement des terrains après avoir acheté les droits à Elad – Tshuva lui-même s’est retiré récemment d’Elad – c’est Tshuva qui avait conservé la responsabilité juridique de l’expulsion et de l’indemnisation des résidents.

Un dernier jugement en date dans ce dossier, au mois d’avril, avait ordonné à Tshuva de verser une indemnisation aux résidents d’environ 3 millions de shekels pour chacun des onze terrains occupés depuis 1961 – le montant total devant être divisé entre les 32 familles nucléaires qui ont été finalement expulsées, sept mois plus tard.

Les habitants affirment que l’argent reçu de la part de Tshuva – approximativement un à deux millions de shekels pour chaque famille nucléaire – n’est pas pleinement compensatoire.

Les habitations de Givat Amal qui ont été évacuées de leurs occupants avec les tours du Park Bavli qui les surplombent, le 23 novembre 2021. (Crédit : Carrie Keller-Lynn/Times of Israel)

La somme n’est pas suffisante non plus pour acheter un logement digne de ce nom à Tel Aviv, ville qui a été récemment désignée par le journal The Economist comme la ville la plus chère du monde, où le prix moyen d’un appartement de quatre pièces (avec trois chambres) dépasse les quatre millions de shekels.

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