Un test israélien hyper-rapide de la COVID obtient l’approbation de l’UE
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Un test israélien hyper-rapide de la COVID obtient l’approbation de l’UE

SpectraLIT élimine la nécessité de recourir à des équipements complexes de laboratoire grâce à un test donnant des résultats relativement précis en 20 secondes

Photo d'Illustration: Une petite fille se fait tester au coronavirus. (Crédit :  ChiccoDodiFC via iStock)
Photo d'Illustration: Une petite fille se fait tester au coronavirus. (Crédit : ChiccoDodiFC via iStock)

Une firme israélienne a déclaré jeudi avoir reçu l’approbation de l’Union européenne pour l’utilisation de son test de dépistage rapide du coronavirus. Ce test pourrait favoriser la reprise des voyages internationaux.

La machine portative SpectraLIT élimine la nécessité de devoir recourir à des équipements complexes de laboratoire : elle utilise la lumière pour analyser les échantillons soumis et offre des résultats immédiats grâce à leur signature spectrale.

Ce qui signifie que dans les aéroports, les employés actuellement chargés de collecter des échantillons et de les envoyer dans des laboratoires vont disposer d’une technologie capable de fournir les résultats des tests effectués par les passagers en seulement 20 secondes.

Cet appareil de haute-technologie, qui est testé actuellement dans le cadre d’essais-pilotes réalisés dans 36 hôpitaux dans le monde entier, a reçu l’approbation de l’Administration en charge des dispositifs médicaux au sein de l’Union européenne – ce qui signifie qu’il pourra être dorénavant utilisé dans toute l’Union européenne.

Un technicien fait une démonstration d’un prélèvement en vue d’un test coronavirus sur un employé de l’aéroport Ben-Gurion au centre de dépistage installé dans l’aéroport, à Tel Aviv, le 9 novembre 2020. (Crédit : AP Photo/Maya Alleruzzo)

Il s’agit notamment d’un test buccal – ce qui élimine ainsi la nécessité de prélever un échantillon dans le nez, un prélèvement généralement considéré comme désagréable. Les résultats sont déterminés à l’aide d’un peu de salive.

« C’est un tournant important pour le dépistage rapide », commente Eyal Zimlichman, médecin à l’hôpital Sheba qui a aidé à développer la technologie, auprès du Times of Israel.

« Malgré le déploiement global des efforts de vaccination, il est encore nécessaire, avec la COVID-19, de pouvoir offrir des solutions de diagnostic rapides qui permettront de revenir à la normale – cela concerne notamment les déplacements internationaux – et c’est donc une étape importante qui va dans ce sens ».

Un homme portant un masque de protection à l’aéroport. (Crédit : TeamDAF via iStock by Getty Images)

Les tests antigéniques portatifs deviennent de plus en plus communs mais les autorités sont réticentes à l’idée de les déployer dans des endroits comme les aéroports, en raison d’inquiétudes portant sur la précision de leurs résultats. La FDA (Food and Drug Administration) américaine a indiqué que ces tests étaient « moins sensibles et moins précis que les tests moléculaires habituels en laboratoire ».

Zimlichman explique que SpectraLIT a montré un niveau constant d’exactitude très élevé — de 70 % à 80 % – et que l’arrivée de ce produit est une bonne chose pour le marché dans la mesure où il est peu coûteux. Il affirme que la précision du système d’intelligence artificielle utilisé par cette technologie ne pourra qu’augmenter avec le temps.

De gauche à droite : Eli Assoolin, directeur-général de Newsight, le professeur Eli Schwartz du centre médical Sheba et Eyal Yatskan, cofondateur de Newsight, avec la machine de dépistage. (Autorisation : Newsight)

Eli Assoolin, qui est à la tête de l’équipe de développement, indique qu’il s’attend dorénavant à ce que la version nasale et la version buccale de son appareil soient largement utilisées, notamment dans les aéroports, au cours des prochains mois.

« Nous pensons que le test par salive sera rapidement une solution très utilisée dans le monde », a-t-il déclaré, ajoutant que l’approbation du test réalisé par voie nasale était également importante dans la mesure où il ouvre la porte à un dépistage à bas prix et fiable réalisé à l’aide d’un équipement rudimentaire.

Au lieu de s’appuyer sur des processus chimiques et un laboratoire pour permettre la lecture de l’ARN par les dispositifs de détection – comme c’est le cas pour les tests traditionnels – la petite machine SpectraLIT projette de la lumière à travers l’échantillon sur une puce particulière pour déterminer la contamination ou non d’une personne au coronavirus.

Une partie de la lumière est absorbée et le reste est capturé par des capteurs. Le processus est connu comme étant capable de déterminer la signature spectrale de l’échantillon : la matière reflète ainsi différentes signatures de lumière, selon sa composition.

Une machine SpectraLIT qui effectue des dépistages à la COVID-19. (Autorisation : Virusight Diagnostic)

Le test a été développé par Newsight, la compagnie d’Assoolin, aux côtés de l’hôpital Sheba dans le cadre de Virusight Diagnostic, une start-up qui vient tout juste d’être créée.

La firme avait retardé un déploiement dans les aéroports qui devait avoir lieu fin 2020 après l’apparition de plusieurs variants de la maladie, mais Assoolin précise que le logiciel a dorénavant été adapté de façon à pouvoir détecter toutes les souches et qu’il sera facile de le recalibrer si d’autres mutations devaient encore apparaître.

Il ajoute que la plateforme d’intelligence artificielle peut être également ajustée pour pouvoir dépister d’autres pathogènes. Il affirme que l’appareil pourra être déployé dans le cadre d’autres crises sanitaires.

« L’intelligence artificielle utilisée par Virusight, est, en fin de compte, une plateforme de diagnostic qui a le potentiel d’être déployée pour le diagnostic d’un grand nombre d’agents pathogènes et elle est susceptible de changer la manière dont le monde prend en charge les pandémies », ajoute-t-il.

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