A 94 ans, Ginette Kolinka, rescapée de la Shoah, témoigne sans relâche
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A 94 ans, Ginette Kolinka, rescapée de la Shoah, témoigne sans relâche

Grande témoin, libérée d'Auschwitz en mai 1945, Ginette Kolinka raconte son histoire dans son livre "Retour à Birkenau"

La grande témoin Ginette Kolinka, rescapée des camps de la mort, auprès de lycéens en pays de la Loire au printemps 2018. (Crédit: capture d'écran Paysdelaloire/Youtube)
La grande témoin Ginette Kolinka, rescapée des camps de la mort, auprès de lycéens en pays de la Loire au printemps 2018. (Crédit: capture d'écran Paysdelaloire/Youtube)

« Moi-même je le raconte, je le vois, et je me dis c’est pas possible d’avoir survécu », explique Ginette Kolinka dans son livre, Retour à Birkenau, sorti le 9 mai dernier aux éditions Grasset. Un livre publié afin « que tous, nous sachions, non pas tout de ce qui fut à Birkenau, mais assez pour ne jamais oublier ; pour ne pas cesser d’y croire ».

Ginette Kolinka, née Cherkasky, le 4 février 1925 à Paris, est une survivante du camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau.

Réfugiée à Avignon après l’arrestation de ses frères en 1941 en région parisienne, Ginette Kolinka est arrêtée avec son père, son petit frère de douze ans et son neveu par la Gestapo le 13 mars 1944 suite à une dénonciation.

La famille passera par les prisons d’Avignon puis des Baumettes, avant d’être internée à Drancy puis déportée par le convoi 71 vers Auschwitz-Birkenau.

Dans le même convoi se trouvaient aussi Simone Veil, Marceline Loridan-Ivens – qui deviendront les amies de Ginette Kolinka et qu’elle évoque dans son livre – et les douze jeunes victimes de la rafle de la Martellière à Voiron, âgés de 7 à 19 ans.

Après avoir été transférée à Bergen-Belsen, Raguhn et Theresienstadt, la jeune fille, matricule 78599, sera libérée en mai 1945.  Elle sera la seule de sa famille à en revenir.

« Retour à Birkenau » de Ginette Kolinka, éditions Grasset, 112 pages, 13 euros

Peu à peu, après avoir longtemps refusé d’évoquer et de transmettre son histoire et son horreur, elle est devenue une inlassable passeuse de la mémoire de la Shoah auprès des lycéens et des collégiens. Elle accompagne ainsi des scolaires à Auschwitz « au moins une fois par mois, d’octobre à mars, depuis plus de vingt ans », explique-t-elle. « Et je reviendrai tant que je pourrai, si on a besoin de moi… »

Mardi dernier, à l’occasion des célébrations du 8 mai, la survivante était à Esbly, en Seine-et-Marne, a rapporté le site de Francetvinfo. Le lendemain, elle était à Pau pour témoigner auprès de d’autres élèves.

« Les coups, la faim, le froid. La haine. Les mots. Le corps et la nudité. Les toilettes de ciment et de terre battue. La cruauté. Parfois, la fraternité. La robe que lui offrit Simone et qui la sauva » : elle évoque tous ces souvenirs dans son livre, dédié à « tous [ses] camarades qui n’ont pas eu [sa] chance », et dont un extrait est disponible sur le site de sa maison d’édition.

En janvier dernier, Ginette Kolinka a été promue officière de la Légion d’honneur.

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