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A Bahreïn, Bennett promet d’aider le pays dans la lutte contre l’Iran

"Nous devons relever les mêmes défis : pourquoi ne pas travailler ensemble pour nous y attaquer ?", a dit le Premier ministre israélien dans un entretien accordé à un journal

Le Premier ministre Naftali Bennett, à droite, accueilli par le ministre bahreïni des Affaires étrangères Abdullatif bin Rashid Al-Zayani dans la capitale de Manama, le 14 février 2022. (Crédit : Haim Zach/GPO)
Le Premier ministre Naftali Bennett, à droite, accueilli par le ministre bahreïni des Affaires étrangères Abdullatif bin Rashid Al-Zayani dans la capitale de Manama, le 14 février 2022. (Crédit : Haim Zach/GPO)

MANAMA, Bahreïn — Le Premier ministre Naftali Bennett, qui est actuellement en visite historique à Bahreïn, a indiqué à un journal local dans un entretien qui a été publié mardi, qu’Israël combattrait l’Iran et ses groupes mandataires dans la région et que l’État juif saurait venir en aide à ses alliés.

« Nous combattrons l’Iran et les groupes qui lui restent fidèles nuit et jour. Nous aiderons nos amis à renforcer la paix, la sécurité et la sécurité chez eux à chaque fois qu’il nous sera demandé de le faire », a déclaré Bennett au journal Al-Ayyam , lié à l’État, dans un entretien publié en arabe.

Bennett s’est exprimé mardi pendant la toute première visite d’un chef de gouvernement israélien dans cette petite monarchie du Golfe. Le Premier ministre, qui a été accueilli lundi soir par le chef de la diplomatie bahreïnie, Abdellatif al-Zayani, à l’aéroport de Manama, décoré pour l’occasion de drapeaux des deux pays, doit s’entretenir mardi avec le prince héritier et Premier ministre Salmane ben Hamad Al-Khalifa, puis le roi Hamad ben Issa Al-Khalifa.

Bahreïn a normalisé ses liens avec Israël à la fin de l’année 2020 dans le cadre des Accords d’Abraham, une série d’accords conclus entre l’État juif et des nations arabes négociés par Washington.

Etendue depuis au Soudan et au Maroc, cette normalisation avait été signée sous le gouvernement de Benjamin Netanyahu, qui n’avait pas effectué de visite officielle aux Emirats ou à Bahreïn. Au pouvoir depuis juin, Bennett a visité les Emirats en décembre.

Israël et Bahreïn considèrent tous deux l’Iran comme une menace majeure. La minorité sunnite au pouvoir à Bahreïn craint l’influence iranienne sur le royaume dont les habitants sont à majorité chiites – les chiites ayant été, dans l’Histoire, exclus de la prise de décision. L’Iran a aussi officieusement soutenu des groupes révolutionnaires au fil des années à Bahreïn.

Israël considère le renforcement de ses liens avec ses alliés arabes du Golfe comme une avancée importante dans la lutte régionale contre Téhéran, a continué le Premier ministre.

« L’Iran soutient des groupes terroristes actifs dans votre région et dans la nôtre dans un seul objectif. L’Iran cherche à détruire les États modérés qui se préoccupent du bien-être des populations et qui œuvrent en faveur de la sécurité et de la paix, les remplaçant par des groupes terroristes assoiffés de sang », a accusé Bennett.

Le Ministre de La Défense Benny Gantz, à droite, et le Ministre Bahreïni des Affaires de Défense Abdullah Bin Hassan Al Nuaimi échangent une poignée de mains après la signature d’un protocole d’accord au Quartier Général de La Défense Bahraini, le 3 février 2022. (Ariel Hermoni/ Ministère de La Défense)

Interrogé sur ce qu’il pensait d’une alliance régionale officielle pour lutter contre l’Iran, Bennett a paru soutenir cette éventualité. Le général israélien Tal Kelman avait mentionné cette possibilité dans une interview antérieure qui avait été accordée aux médias bahreïnis.

« Ces dernières années, nous avons renforcé notre coopération militaire avec les pays de la région, qu’ils soient arabes ou non-arabes. Nous comprenons tous que nous devons relever les mêmes défis : pourquoi ne pas travailler ensemble pour nous y attaquer ?… Israël est un pays fort et fiable », a répondu Bennett.

La presse est étroitement contrôlée par le gouvernement au Bahreïn – ce qui signifie que l’interview a été très probablement autorisée par les responsables de l’État avant sa publication.

Le ministre des Affaires étrangères, Yair Lapid, s’était rendu à Bahreïn au mois de septembre dernier pour assister à l’inauguration de l’ambassade de l’État juif à Manama. Le ministre de la Défense, Benny Gantz, a fait pour sa part le déplacement dans le pays au début du mois de février, signant un protocole d’accord avec son homologue bahreïni qui, selon le bureau de Gantz, aidera « à promouvoir la coopération en matière de renseignement, offrira un cadre à des exercices et à la coopération entre les industries de la Défense des deux pays ».

Bennett a ajouté qu’il espérait pouvoir évoquer des initiatives touristiques et culturelles nouvelles avec les officiels bahreïnis, affirmant qu’Israël « veut une paix chaleureuse avec Bahreïn ».

« Nos deux peuples constateront d’eux-mêmes les fruits quotidiens de nos relations bilatérales », a-t-il promis.

Le Premier ministre Naftali Bennett (1er à droite) rencontre les leaders de la communauté juive de Bahreïn, le 15 février 2022. (Crédit : Haim Zach/GPO)

Par ailleurs, le Premier ministre a rencontré la communauté juive locale dans la matinée de mardi. Bennett a évoqué une « famille », affirmant que la communauté joue un rôle très particulier dans le processus de normalisation entre Israël et Bahreïn.

« Je viens d’Israël plein de bonne volonté, porteur d’une amitié chaleureuse entre les deux peuples, et je suis sûr que vous pouvez être un pont remarquable entre Bahreïn et Israël », a déclaré Bennett à l’attention de représentants de la communauté juive de Bahreïn.

Le Premier ministre israélien s’est notamment exprimé devant Eitan Naeh, ambassadeur d’Israël, et Ibrahim Nonoo, chef de la communauté juive locale.

Les juifs de Bahreïn – ils sont une cinquantaine – jouissent d’une position politique et économique relativement privilégiée, mais les fidèles ont dû pratiquer leurs rituels religieux à domicile depuis la destruction de la synagogue à Manama au début du conflit israélo-arabe en 1947.

En août 2021, pour la première fois depuis 74 ans, une prière publique de shabbat, jour de repos hebdomadaire des juifs, s’est tenue dans cette synagogue qui a été reconstruite.

« Les accords (de normalisation) ont tout changé », s’était alors réjoui auprès de l’AFP Ibrahim Nonoo.

Mardi après-midi, Bennett rencontrera le commandant de la cinquième flotte américaine, le vice-amiral Bradford Cooper. Il a salué la coopération entre les armées américaine et israélienne qui, a-t-il dit, contribue à la sécurité entre les deux pays.

Bennett a ajouté que la présence des militaires américains était un facteur significatif dans le maintien de la stabilité régionale contre des menaces variées, ajoutant qu’il était impatient de procéder à un nouveau renforcement de la coopération entre les alliés régionaux des États-Unis.

La semaine dernière, la Treizième chaîne a annoncé que l’État juif enverrait bientôt un officier de liaison avec la 5e Flotte. Même si elle a démenti l’information, l’armée israélienne a fait savoir que le sujet était toutefois en train d’être discuté.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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