Israël en guerre - Jour 147

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À la veille des audiences à la CIJ, un élu Likud réitère son appel à « brûler Gaza »

Nissim Vaturi assume un tweet publié en novembre alors qu'Israël s’apprête à se défendre contre des accusations de génocide, alourdies par les propos de certains députés israéliens

Le député du Likud Nissim Vaturi à la Knesset, à Jérusalem, le 21 novembre 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le député du Likud Nissim Vaturi à la Knesset, à Jérusalem, le 21 novembre 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Un député du Likud a réitéré mercredi son affirmation selon laquelle Israël devrait « brûler Gaza » et « leur faire la peau », tout en affirmant qu’il n’y avait plus de civils dans les zones de guerre, faisant fi des critiques selon lesquelles ses déclarations aidaient ceux qui accusent Israël de génocide dans la bande de Gaza, un jour avant que la Cour internationale de justice (CIJ), basée à La Haye, n’entende les recours déposés contre l’État juif.

Lors d’une interview accordée à la station de radio ultra-orthodoxe Kol BaRama, Nissim Vaturi, député et vice-président de la Knesset, a refusé de désavouer un tweet publié en novembre, dans lequel il affirmait qu’Israël faisait preuve de trop d’humanité dans sa guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas et qu’il fallait réduire Gaza en cendres.

« Je ne regrette rien de ce que j’ai dit », a-t-il déclaré à la station de radio, précisant que le tweet visait à encourager les soldats de l’armée israélienne dans la bande de Gaza.

« Il est préférable de brûler, d’abattre des bâtiments plutôt que nos soldats soient blessés. »

Lorsqu’on lui a demandé mercredi s’il pensait aux innocents de Gaza qui pourraient également être blessés, Vaturi a affirmé qu’il n’en restait que « 100 000 », les autres ayant été évacués.

« Nous avons évacué tout le monde. Nous avons réussi à organiser une évacuation ordonnée de 1,9 million de personnes, et il n’en reste plus que 100 000. Je ne pense pas qu’il y ait encore des innocents là-bas. »

Illustration : Des Palestiniens passant du côté égyptien de la frontière avec la bande de Gaza à Rafah, le 1er novembre 2023. (Crédit : Hatem Ali/AP Photo)

Il a ensuite expliqué au Times of Israel qu’il voulait dire que le nord de la bande de Gaza avait été évacué. Quelque 900 000 Palestiniens auraient évacué la bande de Gaza au début de la guerre, à la demande d’Israël, et rejoint le sud du pays. La population totale de Gaza est estimée à quelque 2,1 millions d’habitants. Le nord de la bande de Gaza a été le théâtre de l’opération aérienne israélienne la plus intense de la guerre, les organisations internationales estimant que la plupart des bâtiments de la région ont été endommagés ou détruits. Mais les combats se sont également intensifiés dans le sud, en particulier à Khan Younès, tandis que Tsahal a exhorté les civils à se rassembler à Rafah, la ville la plus méridionale de la bande de Gaza, où les opérations sont plus limitées.

La source du chiffre de 1,9 million de personnes évacuées avancé par Vaturi n’est pas claire.

Le député a affirmé qu’il n’avait « aucune pitié » pour les personnes qui avaient célébré l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre.

« Nous ne pouvons pas être des âmes tendres et dire : ‘Ô, il y a des innocents là-bas.’ Il en reste 100 000 ? Qui reste-t-il ? S’il y a des innocents là-bas, nous les connaissons. Mais ceux qui restent doivent être éliminés, un point c’est tout », a-t-il souligné.

Il a ensuite précisé au Times of Israel qu’il ne faisait pas référence aux civils. « Il est évident que nous sommes contre le fait de blesser des innocents. »

Jeudi, Israël devra répondre d’accusations de ciblage intentionnel de civils innocents à Gaza devant la CIJ, l’Afrique du Sud ayant porté des accusations de génocide contre l’État juif.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a averti dimanche les ministres de son cabinet de bien choisir leurs mots concernant la guerre, faisant référence aux récents propos de ministres qui sont considérés comme ayant porté atteinte à la légitimité internationale d’Israël.

« Chaque mot est lourd de sens sur le plan diplomatique. Si vous ne savez pas, ne dites rien », avait affirmé le Premier ministre lors d’un conseil des ministres mi-novembre.

Une vue extérieure du Palais de la Paix, qui abrite la Cour internationale de justice, ou Cour mondiale, à La Haye, aux Pays-Bas, le 18 février 2019. (Crédit : Peter Dejong/AP)

« Il faut faire preuve de sensibilité », avait-il ajouté.

Il est difficile de savoir s’il a transmis le même message aux députés de son parti.

Israël a juré d’éliminer le Hamas après les massacres barbares du 7 octobre, au cours desquels des terroristes palestiniens ont pris d’assaut la frontière de Gaza et sauvagement assassiné 1 200 personnes, pour la plupart des civils, et pris plus de 240 otages.

132 otages enlevés par le Hamas le 7 octobre dernier se trouveraient encore à Gaza – mais ne seraient plus en vie – après la remise en liberté de 105 civils au cours d’une trêve d’une semaine à la fin du mois de novembre.

En réponse à cette attaque, la plus meurtrière de l’histoire du pays et la pire contre des Juifs depuis la Shoah, Israël a juré d’anéantir le Hamas et de mettre fin à son règne de 16 ans, et a lancé une opération aérienne suivie d’une incursion terrestre dans la bande de Gaza, qui a commencé le 27 octobre.

Plus de 23 000 personnes seraient mortes à Gaza depuis le début de la guerre, selon le ministère de la Santé du Hamas. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ils incluraient ses propres terroristes et hommes armés, tués en Israël et à Gaza, et les civils tués par les centaines de roquettes tirées par les groupes terroristes qui retombent à l’intérieur de la bande de Gaza.

Tsahal affirme avoir tué plus de 8 500 terroristes à Gaza, en plus des quelque 1 000 autres qui se trouvaient à l’intérieur d’Israël le 7 octobre.

Fin décembre, l’Afrique du Sud a engagé une procédure contre Israël devant la CIJ, en vertu de la Convention sur le génocide, dont Israël est signataire.

De la fumée s’élevant après une frappe israélienne dans la bande de Gaza, sur une photo prise depuis le sud d’Israël le 16 décembre 2023. (Crédit : Ariel Schalit/AP Photo)

Dans son recours déposé auprès de la CIJ, Pretoria a fondé son accusation à la fois sur les actions menées par Israël tout au long de la guerre et sur les propos controversés tenus par des responsables israéliens au sujet des Palestiniens de Gaza et de la manière dont ils devraient être traités.

« Nous avons de la chance d’être poursuivis à La Haye pour de simples déclarations, alors que [le Hamas] a réellement assassiné des femmes et des enfants », a ironisé Vaturi lors de l’interview.

« Je suis prêt à défendre tous les propos que j’ai tenus. »

Parmi les personnes épinglées par l’Afrique du Sud figure le ministre du Patrimoine, Amichaï Eliyahu, du parti d’extrême-droite Otzma Yehudit, qui avait déclaré lors d’une interview en novembre que l’une des options d’Israël dans la guerre contre le Hamas « serait de larguer une bombe nucléaire sur la bande de Gaza ».

Lorsque le journaliste avait fait remarquer au ministre que plus de 240 otages étaient détenus dans la bande de Gaza, Eliyahu était revenu sur ses propos.

« Je prie et j’espère qu’ils reviendront, mais il y a un prix à payer en temps de guerre », avait-il déclaré

Bien que de nombreux appels aient été lancés pour qu’Eliyahu soit démis de ses fonctions de ministre à la suite de ses déclarations, il est resté à son poste, mais a été temporairement suspendu par le Premier ministre des réunions du cabinet.

Le même jour, le député Yitzhak Kroizer (Otzma Yehudit), avait déclaré que toute la bande de Gaza devait être rasée et que toutes les personnes qui s’y trouvaient devaient être condamnées à mort.

Un autre ministre cité par l’Afrique du Sud est le ministre de l’Agriculture, Avi Dichter, qui avait déclaré que cette guerre causerait la « Nakba de Gaza ». « Nakba » est le mot arabe signifiant « catastrophe », que les Palestiniens utilisent pour se référer aux événements qui ont entouré la création de l’État d’Israël et décrire le déplacement des Palestiniens au cours de la Guerre d’Indépendance de 1948.

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