Abbas refuse la station de vaccination d’Israël sur le mont du Temple – média
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Abbas refuse la station de vaccination d’Israël sur le mont du Temple – média

Des milliers de Palestiniens lors de la prière du vendredi auraient pu être vaccinés ; Abbas refuse la démonstration d'autorité israélienne à la mythique mosquée Al-Aqsa

Des fidèles musulmans participent à la prière du vendredi tournant le dos au Dôme du Rocher dans le complexe de la mosquée Al Aqsa, sur le mont du Temple dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 12 février 2021. (AP Photo/Mahmoud Illean)
Des fidèles musulmans participent à la prière du vendredi tournant le dos au Dôme du Rocher dans le complexe de la mosquée Al Aqsa, sur le mont du Temple dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 12 février 2021. (AP Photo/Mahmoud Illean)

Des responsables israéliens auraient envoyé la semaine dernière une demande à l’Autorité palestinienne et au Waqf musulman de Jérusalem pour que le gouvernement israélien soit autorisé à ouvrir une station de vaccination contre le coronavirus sur le mont du Temple, mais cette demande a été rejetée.

La station était destinée à vacciner principalement les fidèles palestiniens se rendant sur place. Le Waqf est une autorité religieuse affiliée à la Jordanie qui administre les sites religieux musulmans à Jérusalem, dont la mosquée Al-Aqsa dans la Vieille Ville.

Selon un reportage de la chaîne publique Kan (en hébreu), mercredi, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas s’est opposé à cette idée car, selon lui, cette loi permettrait à Israël de prendre pied dans le périmètre de la mosquée Al-Aqsa. La mosquée, située sur le mont du Temple, appelé en arabe « Haram al-Sharif » [Noble Sanctuaire], est considérée comme l’une des zones les plus sensibles du Moyen-Orient, ayant une importance centrale dans le conflit israélo-palestinien.

La demande israélienne fait suite à la publication répétée de photos sur lesquelles on peut voir plus de 10 000 personnes prier dans le périmètre de la mosquée chaque vendredi, au mépris des protocoles relatifs à la COVID-19. Après le refus de la proposition initiale d’Israël, une deuxième aurait été faite : que les vaccins soient administrés par des ambulanciers arabes israéliens et non par des juifs, et qu’ils soient habillés de vêtements ne portant aucune marque des établissements médicaux israéliens. Cette offre a également été refusée, selon ce même rapport.

La zone du mont du Temple est sacrée pour la religion juive et par la suite par les musulmans, et c’est peut-être le lieu le plus sensible en matière de sécurité en Israël et dans les Territoires palestiniens. Le Waqf, qui est financé et contrôlé par le gouvernement jordanien, a le contrôle quasi total de la zone, bien que les forces de sécurité israéliennes soient présentes sur le mont et travaillent en coordination avec le Waqf. Les Juifs sont autorisés à visiter la zone, mais contrairement aux musulmans, il leur est strictement interdit de prier sur le site du mont du Temple.

Le lieu saint a déclenché plusieurs vagues de violence et de terrorisme en Israël et dans les territoires palestiniens. La seconde Intifada, qui a été imputée à la visite du député Ariel Sharon au mont du Temple en 2000, a suscité une grande colère chez de nombreux Palestiniens.

Une vague de terrorisme en 2015-2016, principalement caractérisée par des attaques au couteau, a été largement considérée comme étant liée à une croyance commune parmi les Palestiniens selon laquelle Israël avait l’intention de changer le statu quo au mont du Temple.

Israël a obtenu des millions de doses de vaccin COVID-19, principalement grâce à son accord avec le fabricant de médicaments Pfizer. L’Autorité palestinienne, qui contrôle certaines parties de la Cisjordanie, et le groupe terroriste Hamas, qui dirige la bande de Gaza, ont reçu de petites quantités. Cette divergence intervient au milieu de la controverse sur la responsabilité supposée d’Israël dans la vaccination de la population palestinienne.

Illustration : Des Palestiniens du ministère de la Santé reçoivent une cargaison de doses de vaccin russe contre le coronavirus Spoutnik V envoyée par les Émirats arabes unis, après que les autorités égyptiennes ont autorisé l’entrée à Gaza par le point de passage de Rafah dans le sud de la bande de Gaza, le 21 février 2021. (Abed Rahim Khatib/Flash90)

L’AP prétend qu’Israël est une puissance occupante pour les Palestiniens, et qu’il est donc responsable de leurs besoins en vaccins. Le gouvernement israélien affirme que les Palestiniens sont responsables de leurs propres besoins médicaux, y compris les vaccins, sur la base des accords d’Oslo de 1993. Il a fait part de sa volonté d’aider plus largement l’AP sur ce front une fois que la population israélienne sera entièrement vaccinée. Jusqu’à présent, environ la moitié de la population israélienne, soit quelque 4,5 millions de personnes, a reçu au moins une injection de vaccin.

Sur les 300 000 Palestiniens résidant à Jérusalem-Est – dont la plupart, contrairement aux Palestiniens de Cisjordanie, sont considérés comme des résidents israéliens et sont vaccinés par Israël – 76 000 ont reçu au moins une dose de vaccin, selon Ali Jabrini, haut responsable du fonds de santé Clalit. De ce groupe, 23 000 ont également reçu une seconde injection.

En Cisjordanie et à Gaza, les chiffres sont bien plus bas. Israël a transféré 10 000 doses du vaccin russe Spoutnik V qui ont été fournies aux Palestiniens par la Russie. Huit mille de ces doses sont allées en Cisjordanie et 2 000 dans la bande de Gaza la semaine dernière, après qu’Israël a initialement retardé la livraison.

Israël a envoyé 200 doses supplémentaires qui seraient allées à la direction de l’AP, mais Ramallah n’a pas fait de commentaires sur ces envois.

Israël s’est également engagé à envoyer 5 000 doses de vaccin aux Palestiniens de Cisjordanie, dont 2 000 ont été livrées et sont en cours de distribution. L’Autorité palestinienne attend toujours les 3 000 autres doses et aucune information n’a été donnée sur leur date d’arrivée.

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