Abdallah II se dit « très encouragé » après ses échanges avec Bennett et Gantz
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Abdallah II se dit « très encouragé » après ses échanges avec Bennett et Gantz

Le roi de Jordanie a déclaré sur CNN que les troubles judéo-arabes lors du dernier conflit avec le Hamas étaient une "guerre civile" et qu'ils devraient servir "d'avertissement"

Le roi de Jordanie Abdullah II, à droite, parle au secrétaire d'État Antony Blinken, le 20 juillet 2021, au département d'État à Washington. (Crédit : Nicholas Kamm /Pool via AP)
Le roi de Jordanie Abdullah II, à droite, parle au secrétaire d'État Antony Blinken, le 20 juillet 2021, au département d'État à Washington. (Crédit : Nicholas Kamm /Pool via AP)

Le roi de Jordanie Abdallah s’est dit « encouragé » par sa récente rencontre avec le Premier ministre Naftali Bennett, même s’il ne prévoit pas de progrès immédiat vers la paix israélo-palestinienne.

« Il était important pour moi de ne pas seulement rencontrer les dirigeants palestiniens après une guerre – ce que j’ai fait avec Abou Mazen [le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas] –, j’ai rencontré le Premier ministre, j’ai rencontré le général [le ministre de la Défense Benny] Gantz. Nous devons vraiment revenir à la table des négociations », a déclaré Abdallah lors d’une interview enregistrée vendredi et diffusée dimanche matin avec Fareed Zakaria, présentateur de CNN.

Abdallah, qui a rencontré le président américain Joe Biden à la Maison Blanche la semaine dernière, a déclaré qu’il organisait de telles réunions « dans le cadre de la question de savoir comment amener les Israéliens et les Palestiniens à discuter ».

Toutefois, a-t-il noté, « ce gouvernement n’est peut-être pas le gouvernement idéal pour, à mon avis, [faire] avancer la solution à deux États, qui est, selon moi, la seule solution ».

Bennett est un nationaliste de droite qui s’oppose à la solution à deux États. Sa fragile coalition est composée de huit partis différents, allant des pacifistes de gauche aux annexionnistes de droite.

Néanmoins, le monarque jordanien a déclaré qu’il est « sorti de ces réunions très encouragé, et je pense que nous avons vu ces deux dernières semaines, non seulement une meilleure compréhension entre Israël et la Jordanie, mais aussi des voix venant d’Israël et de la Palestine pour dire que nous devons aller de l’avant et rétablir cette relation ».

Le roi de Jordanie a également noté la nécessité de reconstruire les relations israélo-jordaniennes, « car elles n’ont pas été bonnes ».

Abdallah a rencontré Bennett au début du mois à Amman, lors d’une réunion qui était initialement secrète et qui a ensuite été divulguée dans la presse israélienne. À la suite de cette rencontre, Israël a accepté d’augmenter considérablement les quantités d’eau qu’il fournit à la Jordanie, qui souffre d’une sécheresse extrême.

Gantz n’a jamais confirmé publiquement sa rencontre avec Abdllah ; les deux hommes se seraient rencontrés en février, avant les dernières élections et avant que Bennett ne prenne ses fonctions. Les propos d’Abdallah n’ont pas permis de déterminer plus précisément quand avait eu lieu la réunion.

Le président Joe Biden, à droite, rencontre le roi de Jordanie Abdallah II, à gauche, dans le bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, le 19 juillet 2021. (Crédit : AP Photo/Susan Walsh)

Le roi a déclaré à CNN qu’il estimait que le récent conflit de 11 jours en mai entre Israël et le Hamas à Gaza « était différent ».

« Depuis 1948, c’est la première fois que j’ai l’impression qu’une guerre civile se produit en Israël », a-t-il déclaré, faisant référence aux affrontements intenses entre Israéliens juifs et musulmans pendant le conflit. « Et je pense que c’était un signal d’alarme pour le peuple d’Israël et le peuple de Palestine, que si nous n’avançons pas, si nous ne donnons pas d’espoir aux Palestiniens… la prochaine guerre sera encore plus dommageable. »

Le présentateur de CNN a demandé à Abdallah quel pays sera, selon lui, le prochain à normaliser ses relations avec Israël, après les accords d’Abraham de l’année dernière, qui ont conduit à des liens ouverts entre Israël et les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Maroc et le Soudan.

« Je ne sais pas quel pays sera le prochain, mais j’ai remarqué une tendance des pays arabes qui considèrent leurs intérêts de sécurité nationale, avec leurs préoccupations – l’ombre de l’Iran ainsi que de nombreux défis régionaux – qui voient l’option d’avoir une relation avec Israël dans leur intérêt », a déclaré Abdallah.

« Mais je pense que la guerre a été un test de réalité pour nous tous », a-t-il ajouté, « même si les accords d’Abraham peuvent s’étendre, vous ne pouvez pas le faire au détriment du dialogue israélo-palestinien et des discussions sur cet avenir. À moins que nous ne recommencions à réunir Israéliens et Palestiniens, ce sera deux pas en avant, un pas en arrière. »

La présidente de la Chambre des représentants des États-Unis, Nancy Pelosi, et le roi Abdallah II de Jordanie dans le hall du balcon du président du Capitole, le 22 juillet 2021 à Washington. (Crédit : ALEX WONG/Getty Images via AFP)

Abdallah s’est montré circonspect lorsqu’il a été interrogé sur les pourparlers en cours à Vienne visant à ramener l’Iran à se conformer à l’accord nucléaire de 2015.

« Il y a des préoccupations légitimes dans notre partie du monde sur de nombreux sujets dont les Américains vont, espérons-le, pouvoir discuter avec les Iraniens », a déclaré Abdallah.

« Le programme nucléaire affecte Israël comme il affecte le Golfe », a-t-il ajouté, notant que la technologie balistique iranienne a visé une grande partie du Moyen-Orient, y compris « Israël depuis la Syrie et le Liban dans une certaine mesure, et ce qui rate Israël atterrit parfois en Jordanie ».

Il a également évoqué des attaques de drones iraniens sur la Jordanie, ainsi qu’une « augmentation des cyberattaques sur nombre de nos pays ».

« Nous savons que les pourparlers de Vienne ont été légèrement reportés jusqu’à ce que ce nouveau gouvernement en Iran s’installe », a déclaré Abdallah. « J’ai le sentiment que la position américaine et la position iranienne sont quelque peu éloignées. »

Mais, a-t-il ajouté, « espérons que ces pourparlers nous amèneront à une meilleure position qui nous permettra de calmer la région, car nous avons tellement de défis à relever ».

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