Accusé de « contestation de crime contre l’humanité », Eric Zemmour relaxé
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Accusé de « contestation de crime contre l’humanité », Eric Zemmour relaxé

Le jugement "reconnaît le caractère négationniste des propos" et se fonde sur le contexte "alors qu'il avait confirmé, voire aggravé, ses propos durant son audience"

Le journaliste et écrivain français Eric Zemmour au tribunal de Paris, pour son procès pour incitation à la haine raciale, le 6 novembre 2015. (Crédit : BERTRAND GUAY/AFP/Getty Images)
Le journaliste et écrivain français Eric Zemmour au tribunal de Paris, pour son procès pour incitation à la haine raciale, le 6 novembre 2015. (Crédit : BERTRAND GUAY/AFP/Getty Images)

Le polémiste Eric Zemmour, jugé à Paris pour « contestation de crime contre l’humanité » après avoir soutenu que le maréchal Pétain avait « sauvé » les Juifs français, a été relaxé jeudi.

Eric Zemmour, déjà condamné pour incitation à la haine raciale fin septembre, avait tenu ces propos le 21 octobre 2019 face à Bernard-Henri Lévy sur la chaîne d’info CNews dont il est un des piliers.

La 17e chambre du tribunal de Paris a expliqué la relaxe par des propos prononcés « à brûle-pourpoint lors d’un débat sur la guerre en Syrie ».

Tout en reconnaissant toutefois qu’ils contiennent « la négation de la participation (de Pétain) à la politique d’extermination des juifs menée par le régime nazi ».

Le parquet avait requis, en décembre, 10 000 euros d’amende à l’encontre du polémiste controversé.

« C’est avec satisfaction que nous prenons acte de la décision du tribunal qui relaxe Eric Zemmour de l’ignominie de la procédure engagée à son encontre », a déclaré Olivier Pardo, qui défend le chroniqueur de CNews avec Laurence Dauxin-Nedelec.

« Que ceux qui instrumentalisent la Shoah pour des bas règlements de comptes politiques osent se regarder en face », ont-ils ajouté.

« Nous sommes extrêmement déçus par la décision du tribunal, nous considérons que le droit n’a pas été dit », a annoncé Stéphane Lilti, avocat de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF), qui a prévu de faire appel.

Ces derniers s’étaient constitués partie civile aux côtés de l’association « J’accuse », la Licra, SOS Racisme et le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap).

« Nous allons immédiatement faire appel », a également affirmé Sabrina Goldman, avocate de la Licra, qui dénonce un jugement « qui reconnaît le caractère négationniste des propos » et qui se fonde sur le contexte « alors qu’il avait confirmé, voire aggravé, ses propos durant son audience ».

« Je tiens à répéter ce que j’ai dit, les chiffres parlent d’eux-mêmes : en France, 40 % des Juifs étrangers qui ont été exterminés et 90 % des Juifs français qui ont survécu », avait soutenu le polémiste à la barre.

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